[#11] L’Albanie, pays de mafioso’s aux milles cadeaux.

Nous voici en Albanie. Choc culturel, ou chocs tout court car les trous dans la route (qui rappelle la Belgique… en pire tout de même) font la part belle aux amortisseurs.

Première image, premier contraste, on arrive à Shkoder, de l’autre côté du lac de Skadar, limitrophe avec le Montenégro. La ville est tout à l’opposé de la capitale de ce dernier (Podgorica). Ici les supra-centre-commerciaux sont remplacés par des petites échoppes aux dix produits disposés sur le trottoir ; les voitures garées n’importe où donnent le change aux vielles Mercedes aux 500.000 bornes et les charrettes tirées par des chevaux maigrelets offrent un spectacle d’avant-guerre.

L’Albanie, c’est un pays qui nous intriguait, sa réputation est plutôt bipolaire. Il y’a deux clans en réalité, ceux qui n’y ont jamais été et ceux que les voyages ont fait traverser ce pays aux rumeurs peu fameuses. Les premiers nous mettrons tous en garde : attention, le pays est malfamé, c’est une contrée de mafioso, de vols de voitures, de brutes sanguinaires et j’en passe. Les seconds quant à eux nous encouragent les yeux fermés à aller découvrir ce pays d’un autre temps, dont la beauté est pristine car encore peu explorée et la générosité sans égale.

Qui croire ? à qui donner raison ? on le découvrira bien assez tôt par nous-même. Et par assez tôt, je dois dire que notre premier arrêt sera à l’image de notre voyage par là-bas. Nous nous arrêtons à Shkodër donc, le regard plutôt affûté et aux aguets, ayant des doutes. Trouver une place pour le camion n’est pas toujours aisé (quoique en réalité ça ne pose pas souvent problème) mais le laisser tout seul dans une ville apparemment très pauvre et dans un pays dont la réputation n’est pas élogieuse est toujours un peu particulier.

Nous trouverons une rue plutôt calme et une place en face d’un café, c’est un peu loin du centre, mais l’agitation de celui-ci ne convenait pas à un créneau genre zig-zag rapide. Le café, c’est top, il nous permettra de choper du wifi et de regarder sur le net ce qu’on doit voir dans cette ville. On y rentre, commande tant bien que mal à la barman, qui nous apporte nos cafés et nous inculques nos premiers mots d’albanais. On y dit par exemple « falemenderit » (phonétiquement) pour dire merci … et oui au début ça surprend mais on s’y fait.
La surprise se fait lorsqu’on va prendre le large et demande l’addition… En effet, pas d’addition, la tenancière nous offre le café ! C’est bien la première fois qu’on va dans un commerce pour y acheter quelque chose et que celui-ci nous offre son gagne-pain !

Ceci-dit, la ville n’a pas grand chose à offrir d’attrayant, on visitera tout de même le musée de la photographie et les rues du centre avant de se diriger vers la capitale : Tirana ! ♪ Welcome to Tirana, tequila, sexo y marijuana

La route se fait de nuit, quelques appels de phares, on règle le notre et ça va mieux. Concernant la façon de conduire là-bas, je ne vais pas m’étendre de long et large et simplement reprendre une citation d’un autre blog de voyageurs qui a bien raisonnée dans nos oreilles à chaque trajets : « Conduire en Albanie, c’est comme jouer au poker et faire tapis à chaque virage« …

Anecdote sympa, ici le mot « voiture » à longtemps été remplacé par « Mercedes », en effet toutes ces vielles allemandes remplissent les rues du pays. C’était à l’époque les seules réputées assez solides pour résister à la rudesse des routes albanaises. Il faut dire que le service des voiries n’est pas des plus actif dans la contrée. Le réseau routier n’étant d’ailleurs qu’à moitié asphalté. Question piège : une route asphaltée pleine de trous est-elle meilleure qu’une piste peu entretenue ? On a bien une idée mais on vous laisse y répondre.

Tirana est tout le contraire de Shkoder, en tout cas l’ultra-centre car la banlieue est à l’image du reste du pays : pauvre et désordonnée. Le centre-ville de la capitale par contre, c’est le spot des expats, des quelques touristes et de ceux qui ont réussis (on sait pas trop comment). Des bars dans tous les sens, plutôt dans le genre strass et paillettes avec le prix qui va avec (ça reste bien moins cher que chez nous mais par rapport au reste du pays, ça dénote). On y rencontrera Elion, LE type qui sait de quoi il parle en terme d’escalade dans le pays vu qu’il a équipé une bonne partie des voies et ouvert la seule salle de bloc des 28 000 km² de l’Albanie. Bon ça reste pas des masses mais la volonté est là, les moyens moins car les points coûtent chers et les finances ne suivent pas. Mais la communauté s’agrandit, l’international s’intéresse aux belles parois et certains sites se développent. On visitera deux d’entre-eux, tout d’abord Bovilla, aux portes de la capitale. Bon, en km c’est pas loin, mais vu la piste, il faut tout de même une bonne heure et demie à slalomer entre flaques et bosses. Bovilla, c’est avant tout le réservoir d’eau qui alimente toute la ville. Un grand barrage qui crée donc un lac artificiel et une rivière qui s’en échappe en aval, parsemée de cuvettes qui offrent de superbes piscines en été. La saison ne s’y prête pas mais le décors est tout de même splendide, la vue sur les montagnes enneigées au loin et le miroir d’eau valent le coup rien qu’à eux-mêmes. Niveau grimpe, deux secteurs, l’un côté lac, orienté nord, plutôt facile (jusqu’à 6b). Superbe vue mais un peu froid en plein décembre. L’autre, juste de l’autre côté de l’arrête offre de superbes colos face sud vers le canyon et la rivière. Les difficultés passent un niveau et on trouve des voies dures et très esthétiques. Malheureusement, les colos n’aiment pas la pluie et les résurgences ne nous permettent pas d’y grimper non plus… il faudra revenir ! On fait tout de même une belle randonnée le long du lac, le potentiel d’escalade est énorme, et les endroits de bivouacs regorgent. Tous les foyers de feux de camp témoignent d’une activité bien différente et bien festive lors des beaux jours. En redescendant, on croisera quelques couples ou groupes d’amis style bobo, talons et bottes de cuir venus affronter la piste avec leur Merco ou leur 4×4 pour l’un ou l’autre selfie au bord du lac. Ca contraste avec l’esprit du lieu mais ça agrémente les réflexions au niveau folklo.

Le deuxième site, on en parle plus loin, car avant d’y aller, on a rejoint nos copains auto-stoppeurs rencontrés à Hvar en Croatie (ici). Ils sont à Elbasan, ville un peu plus au Sud-Est chez un hôte couchsurfeur « super sympa et qui nous propose un super plan dans une maison de village dans les montagnes« . Nous qui pensions tout d’abord tracer le pays en trois jours, commençons à penser y rester un peu plus longtemps. Nous arrivons à Elbasan et rencontrons Edoart, un albanais qui gère une petite auberge/dortoir/camping en été, et offre les lits en couchsurfing toute l’année ; plutôt sympa ! On passera un bon moment avec lui, sa copine italienne, Anaëlle et Rémy. Fun fact, Edoart, albanais, et sa copine, italienne, parlent en français ensemble (nous aussi du coup). Tout ça nous permettra d’apprendre plus sur la culture albanaise, notamment le fait que les seuls mafieux qui sont encore là sont les mauvais et le gouvernement en qui personne n’a réellement confiance ; les bons sont partis à l’étranger, là où il y a de l’argent. On apprend aussi que pour les albanais, le fait de venir dans leur pays est le plus grand des honneurs, ils « vénèrent » en quelque sorte les touristes, qui sont encore peu à passer la frontière récemment ouverte après des années d’autarcie. Un pays qui s’ouvre peu à peu, qui apprend à vivre dans la mondialisation et s’est vu catapulté dans un système capitaliste avant d’avoir pu comprendre tous les rouages du socialisme… de quoi trainer quelques fardeaux politico-organisationnels. On en profite également pour goûter certains mets locaux tel la Bugatsa, un pain beurré, cuit au beurre et au beurre. Plein de calories pour quelques leks.

Edoart possède une maison de famille, ou plutot un chalet haut perché dans les montagnes, pas loin d’un village isolé. Brochure à l’appui, il nous raconte que des français y ont séjourné un an, tombés amoureux du lieu, et qu’avant, il servait même de site de villégiature : cabanes, restaurant, jeux extérieurs etc. Tenu par un autre français et baptisé « La Vie Nomade » pendant 7 ans. Il cherche un repreneur – gratuitement – c’est sûr et même si on ne se sent pas l’âme casanière on se laisse tenter par l’expérience « into the wild » pour quelques jours. Après une longue piste en première, on arrive au lieu dit. Petit coup de nettoyage et allumage du feu de bois. Dehors, l’eau est gelée et la température bien en-dessous de zéro. S’en suit une discussion passionnée plus que passionnante concernant la condition de la femme et le role de la famille dans nos sociétés sur ces points fort différentes. Edoart nous quitte au petit matin et on découvre les environs lors d’une bonne rando. Il m’a demandé de regarder si certains rochers des environs seraient exploitables pour l’escalade, malheureusement, ça vaut vraiment pas le coup !

Générosité albanaise, on traverse le petit village, ou en tout cas un petit regroupement de maisons lorsqu’une vielle dame nous interpelle, on ne comprend pas grand chose mais elle nous offre moulte Kaki’s, ces fruits qui part chez nous se font rares et sont ici comme le blé dans les champs. On ne sait plus où en mettre, nos poches débordent ; « falemenderit« .

L’expérience nous laissera un superbe souvenir mais le voyage nous appelle. Si jamais vous cherchez un projet et un endroit loin de tout , avis aux amateurs, vous êtes les bienvenus !

Après ces quelques jours en montagne, on pensait revenir vers le chaud… mais c’était avant qu’Anaëlle et Rémy nous partagent leurs plans d’aller voir le lac Ohrid, en passant la frontière Macédonienne. On est pas si loin et ça a l’air sympa, on se laisse donc emporter. Enfin on les emporte plutot avec nous. Les nuits froides les pousserons même à utiliser notre chambre d’amis – l’avant du camion – pendant plusieurs nuits. Notre cher van fait donc couchage pour 4 !

Fun fact, en allant vers le lac Ohrid, lac de montagne, toute la route ascendante du côté Albanais est remplie de laveurs de voiture ; inside-out pour 1€50 ! Ils s’affichent clairement en pointant leur tuyau vers le ciel. L’eau vient droit du lac et est donc gratuite, ce qui permet ces jeux de fontaines offerts au voyageur – un petit Versailles couleur locale. Il faut dire que lorsque les albanais sont sortis du communisme, les trois commerces qui se sont lancés à grande échelle étaient : caféiste, pompiste ou gérant de car-wash ; faut que ça brille une Merco !

Mal nous à prit, même si le camion était bien sale, nous voulions profiter de la fin de journée pour aller voir le lac de jour. Pas de nettoyage pour nous cette fois-ci. Choix finalement regretté car le passage frontière nous a pompé tout le temps solaire restant… un vrai addict de la fouille, le mec a tout fait : caméra-cable, chien renifleur, tournevis, camion monté sur pont levant pour vérifier ses dessous,… pff le plus pénible qu’on ai eu du voyage !

Côté Macédoine, on a visité la ville d’Ohrid, parcouru le flanc Est du lac et on a même tenté l’expérience d’une rando glaciaire hivernale en mode white-out pour le sommet. En gros, on marche vers un sommet sans le voir, on pense y être, on check le gps, c’est pas là. On y arrive finalement, on fait rapidos une photo sommitale où on voit rien autour, on prend la boussole et on trace tout azimut pour redescendre sous les nuages avant de finir en glaçon. Amusant avec de la neige jusqu’aux hanches parfois, un peu mouillé mais au moins on a vécu une belle aventure !

Retour vers le plancher des vaches. On repasse déjà la frontière vers l’Albanie après un bon plein à 0.90€ le litre, il est pas si mal ce pays ! [en Albanie, bien qu’ils soient producteurs de pétrole, le prix est le plus haut des Balkans, autant vous dire qu’on y pas fait une station]. Le reste de la Macédoine se doit d’être magnifique, mais pays montagneux, il faudra également revenir dans des temps plus cléments.

On arrive sous le lac, côté albanais donc à la ville de Pogradec. Ici, fête du vin, on se fait offrir une brochette et un verre, on profite avec plaisir de la chaleur des grands brasiers allumés pour l’occasion avant de continuer notre route, c’est bientôt Noël et on a rendez-vous à Girokaster pour l’occasion.

En chemin, après quelques heures de routes bien cabossées, on s’arrête au milieu d’un champ pour la nuit. Réveil aux petites heures pour préparer de super pains-perdus quand une petite vielle vient vider sa bassine d’ordure dans la rivière ; classique par ici. Elle repart, et revient chargée de pommes et de noix en nous invitant chez elle. Je laisse à votre imaginaire le dialogue de sourds, gestes et carnets de dessin à l’appui pour comprendre tout ça. On est au centre même de la culture locale, on ne peut pas refuser. On termine tout de même notre petit déjeuné avant de se diriger dans son foyer. Sobrement aménagé, son mari et elle utilisent en hiver cette petite-pièce adjacente au garage car elle dispose du gros poêle de fonte qui offre une chaleur inespérée. Mais il ne sont pas peu fiers pour autant de nous montrer leur réelle maison, juste en face, crépis violet récent, maison 4 façades, on se croirait presque en Alsace.

L’accueil et la générosité albanaise est ici à son paroxysme, car entre albums de photos de leurs enfants dont ils ont l’air bien fiers également, surtout leur fille mariée à un italien. Ils nous offrent tout bonnement : du Limoncello (il est 10h du matin), des biscuits et friandises, des noix et noisettes, des coings, des pommes de fertilité pour les filles et une tournée de raki car j’ai le malheur de me moucher (il est toujours 10h du matin..). Toutes ces denrées matérielles pour des gens qui ne semblent avoir que peu, mais surtout une gentillesse exceptionnelle.

On prend finalement congé car il nous reste quelques heures de route, après avoir tout de même été voir le gros camion et la jeep du Monsieur qui les garde bien dans son garage (dont certaines poutres ont été entaillées pour que le camion y rentre..).

Quelques kilomètres avant Girokaster, on s’arrête tout près de la petite de ville de Permet, connue pour son gros caillou en son centre, son vieux pont mais surtout ses eaux thermales. A dix minutes de là : Lengarica, un superbe canyon aux parois raides qui s’étend sur plusieurs kilomètres. Le paradis des touristes d’été qui le parcours pieds dans l’eau pour y découvrir sa beauté avant de revenir plonger entièrement dans le bassin d’eau sulfurée à 40° aménagé près de l’entrée. On choisira cependant l’option visite panoramique en faisant une randonnée qui longe tout le canyon d’un côté puis de l’autre, mais d’en haut seulement ; l’ombre et l’eau du fond des gorges inspirent peu en décembre. Cependant, le bain de souffre lui, on n’y manquera pas histoire de relâcher nos muscles endoloris après ces longues heures d’effort et apprécier le coucher de soleil sur les montagnes enneigées.

Noël donc. On le passe à Girokaster, perdue dans les montagnes également, cette ville d’assez grande importance est le fief de la province et est surmontée d’une grande forteresse qui a vu toutes les époques se succéder. On y retrouve des vestiges du Moyen-Age, des canons de la première, des chars de la deuxième et des avions de la guerre froide. L’entrée gratuite pour Noël nous a tous fait sourire.

Le réveillon quant-à-lui fut bien festif comme il se doit. Nous étions huit personnes, 4 couples d’horizon divers à partager un repas copieux. Nous avons en effet rejoint l’appartement d’un Néo-Zélandais : Jade qui est venu s’établir là-bas pour être au côté de sa fiancée elle-même albanaise et rencontrée on-line. Se sont jointes à nous Moni et Stefi, deux allemandes qui parcourent la côte adriatique depuis l’Allemagne à vélo ! On se paire et on prépare entrée, plat végé, plat viandard et dessert pour tous avant de dévorer tout ça et de finir la soirée à jouer au Wanted.

La digestion effectuée, nous repartons vers la côte, où nous attend le soleil et des cailloux – en manque de grimpe peut-être… En chemin on s’arrête à « l’œil bleu », un phénomène naturel de rivière souterraine qui ressort en créant un tunnel de plus de 50 mètres de profondeur et qui ressemble étrangement à une pupille… selon les panneaux du moins. Le plus étrange est l’état du site qui, sur des photos antérieures retrouvées sur internet paraissait complètement aménagé, avec petites terrasses sur l’eau et tavernes pour touriste. De tout cela il reste des ruines, des débris et des morceaux de faïences. Un cahot peu compréhensible.

La dernière destination de notre périple albanais se nomme Gjipe et ce sera notre coup de cœur du pays. En effet, c’est une plage de sable fin, orientée vers l’Adriatique et située à la fin d’un canyon de roche rouge-ocre qui offre des voies d’escalade variées, longues et spectaculaires. Le cadre est magique, c’est pourquoi un petit camping de hippies s’y est installé. Peu de monde en cette saison mais le soleil est au rendez-vous, le t-shirt peut même tomber pour grimper. On accède à la plage via un sentier qui offre une vue sur toute la côte sud, la piste étant trop mauvaise pour le camion. Mais ce panorama et le bivouac super juste au-dessus valent bien la marche. On s’y sépare de nos copains qui repartent en stop pour d’autres aventures pendant qu’on profite de cette escalade entre plage et rocher.

C’est sur cette note de soleil couchant, perdus dans un monde merveilleux, l’esprit plein de la générosité et de l’accueil des albanais, qu’on quittera ce pays où 3 jours se sont transformés en 3 semaines pour se diriger vers la Grèce et y vivre le début d’une nouvelle année.

[#10] Voyage au Monténégro où littéralement le pays de la montagne noire

La route qui mène à Kotor est apparemment sublime, elle longe l’embouchure et au milieu 2 îles, dont l’une abrite un monastère bénédictin, et en arrière plan des montagnes. Dommage pour nous, la pluie tombe drue et l’on ne voit pas à 20 mètres. Chaque nouveau pays amène son lot d’excitation, nous partons à la conquête d’un distributeur de monnaie local. Nous n’avons aucune idée de la devise mais comme le Monténégro ne fait pas partie de l’Union Européenne, on se dit qu’il n’y a aucune chance pour qu’il ait l’euro. Quelle surprise de voir que l’ATM ne propose que ça. Logique imparable, la Croatie qui est membre utilise le Kuna alors que le Monténégro qui est rebuté à chaque fois de l’U.E utilise l’Euro… On avouera que c’est plus facile pour compter. On est content de voir que les prix descendent un peu par rapport à chez nous. A quoi nous servirait cet argent si ce n’est pour manger ? Première découverte culinaire, un burek (sorte de tarte feuilletée) fourré à la patate. Efficace.

Les bouches de Kotor sont très réputées et attirent de nombreux touristes. A raison, une fois le soleil revenu, c’est avec notre Ami Sasa, rencontré grâce à couch surfing, que nous partons à l’assaut de la ville. Les remparts sont immenses et courent le long de la montagne. Plaisir de l’hiver l’entrée est gratuite. Heureusement vu l’entretien du lieu on se demande se qu’ils font avec l’argent. Il ne reste que des grosses ruines, sans panneaux indicatifs, des déchets dans tous les recoins, avec des arbustes plasticus, espèce endémique des Balkans. Néanmoins le lieu est incroyable, il est assez fun de faire la boucle, en passant par la zone de droite qui clairement n’est pas très pratiquée et ressemble à une jungle.

Le site d’escalade de Kotor est un beau site en haut de la ville, dans un cirque avec 3 parties : de la dalle facile, du dévers sur colo et une belle grotte bien cotée. Le chemin d’accès est raide et fait son travail d’échauffement. Dommage c’est qu’une fois en haut, les voies sont à l’ombre et que même le bonnet et les gants ne suffisent pas à contrer ce froid.

Un peu plus haut se trouve le fort abandonné de Corazda. L’endroit est super pour y passer la nuit, la tempête sévit autour de nous. Quelle joie d’être en camion, nous avons une pensée pour les vadrouilleurs en tente qui ne peuvent pas camper dans ces conditions. Au matin, nous devenons des archéologues type Indiana Jones des temps modernes, à fouiller tous les recoins sombres de la forteresse. Ce n’est pas restauré mais au moins c’est gratuit.

La route qui suit est connue pour ses lacets bien parallèles entre eux. J’ai très envie de voir ça et nous prenons la route avant la tombé de la nuit pour aller jusqu’au Mont Lovcen, parc national. Plus l’on monte et moins il y a de degrés. Détail auquel je n’avais pas songé. La route est super, le panorama impressionnant mais les Celsius tombent. La neige fait son apparition, sur les bas coté ça va, mais lorsqu’elle se joint au gel sur la route ce n’est plus là même préhension. La nuit est arrivée et il fait déjà -1°C, la route devient, à ce qu’on nous a dit pourrie, et absolument pas déneigée. Un complexe touristique sorti de nul part nous sauve un peu la mise, il n’est que 17h et l’on n’a pas de chauffage. Ce sera une excellente découverte. On y a mangé comme des rois pour pas grand chose. La polenta Monténégrine avec son fromage frais sera à retenter à la maison. Quand au cordon bleu, une escalope fourrée au fromage typique de là bas, Oli s’en rappellera, c’était un sacré gros morceau !

Nous repartons au matin, l’état de la route est bien meilleur que ce qu’on nous avait annoncé et comme il y a des travaux elle a été dégagée. Mais pas jusqu’en haut du Mont à 1800m, où se dresse le mausolée du roi Njegos, fondateur de la patrie. C’est donc sur une couche de neige que l’on roule, sans avoir la possibilité de faire 1/2 tour. Les gardes sont forts surpris de nous voir et nous informent que le mausolée est fermé au vu des conditions exceptionnelles. Zut. On fera tout de même la balade dans la neige d’une 30aine de min jusqu’au pied de l’entrée. Et quelle vue. Le Lovcen est à la rencontre de 2 mondes, celui de la montagne et celui de la côte. Depuis le sommet, tout le pays est magique.

Nous redescendons et partons un peu plus loin pour se faire une randonnée et profiter de la nature du lieu. Plus de 1500 espèces animales et végétales se côtoient dans le parc. On s’amusera comme des enfants à essayer de deviner à quelles bestioles appartiennent les traces dans la neige.

C’est quand même avec une chaleureuse motivation que nous quittons le Lovcen pour le lac de Skardar. Il fait la frontière avec l’Albanie et nous le retrouverons aussi de l’autre coté. Ce lac marécageux habite une faune et une flore exceptionnelles, offre des paysages somptueux. Durant plusieurs jours nous nous baladerons sur et hors sentiers. C’est impressionnant de voir qu’il y a eu un passé plus glorieux à cet endroit, plusieurs hôtels standing avec vu sur le lac sont dans un état de décrépitude avancé.

Nous partons finalement vers la capitale, Podgorica, hébergé chez Ayet notre couch surfeur, d’origine Kurde Irakien. La route est étonnante, plus on se rapproche de la grosse ville de 150 000 âmes, plus la densification se fait, mais uniquement accolée à la route, derrière, des champs remplis de déchets plastiques plutôt que de cultures. La ville n’est vraiment pas très belle, il n’y a pas de centre historique, pas de trottoirs, les bâtiments se composent principalement de barres d’immeubles en piteuses états, c’est une cohue mal organisée et un peu oppressante. Nous avons du passer par la poste centrale du pays pour envoyer nos offrandes de noël, je ne critiquerai plus l’administration de chez nous. Un bordel sans nom règne dans le bureau, des personnes viennent et déposent des piles de lettre-colis directement sur les comptoirs. Personne ne parle anglais mais nous nous faisons comprendre tant bien que mal. On a senti un gros flegme dans chaque office, même privé, où nous nous rendions. Pour une fois le couch surfing chez Ayet est un peu étrange. Le 1er jour il part travailler et ne rentre que bien plus tard que ce qu’il nous avait dit, et le 2eme jour il est resté toute la soirée dans sa chambre alors que nous lui avions préparé un repas. Il s’est excusé par message de son attitude somme toute étrange. Cela nous aura quand même permis d’avoir un canapé et une douche dans cette ville de fou.

Le nord du pays semble sublime avec ses lacs et ses montagnes, l’on reviendra à une autre saison!Nous préférons partir vers le sud et l’Albanie. En chemin, nous nous arrêtons aux chutes du Niagara Monténégrines. Le lieu pourrait être très beau, mais ces déchets gâtent le paysage et irritent les yeux. De plus la présence des ferrailles qui sortent de la structure bétonnée qui donne sa forme à la cascade rend l’ensemble artificiel.

Nous avons aimé l’originalité et la beauté du Monténégro. Ce pays où 2 alphabets cohabitent : le latin et le cyrillique. Qui est paradoxalement le 1er pays à avoir inscrit la protection de l’environnement dans sa constitution en 1992, il leur reste un peu de boulot !

[#Astuces] Roatrip, vantrip ou voyage en tout genre ; les bonnes appli’s à avoir sur son smartphone !

Dans la rubrique « bons plans », voici mes conseils concernant les applications utiles pour voyager.

Petit encart techno-voyage :
Qu’on puisse vouloir être déconnecté en voyage est une volonté toute honorable mais tout de même, certaines app’s pour nos téléphones hypra intelligents sont un vrai comfort entre nos mains ! La technologie nous apporte bien du comfort, et voici un petit résumé des outils les plus utiles :

– Le GPS bien sûr, tout le monde connait, mais ça reste le must. Google en général, Waze si on veut se rappeler des limites de vitesse et savoir où sont les radars en bord de route.

Park4Night, une app au design sobre mais super utile qui regroupe un paquet d’endroits où poser le van, pour le jour avec différent parkings payants ou non, et pour la nuit avec des parkings aussi, certains campings et puis ce qu’on recherche, des spots natures représentés par un petit sapin sur la carte. On y trouve un point GPS, un petit descriptif et puis bien souvent des photos et commentaires qui permettent de se donner une idée de l’endroit. A l’époque on utilisait la carte, puis les images satellites, mais cette app permet de gagner franchement du temps et on trouve de super endroits, et vu que c’est une app communautaire, on rencontre de temps en temps d’autres voyageurs avec qui prendre l’apéro ou lier d’amitié. Partager des récits de voyage et voir du monde, un bon feu et la nuit s’annonce belle. On nous a parlé de iOverlander aussi, mais c’est beaucoup moins complet.

ClimbingAway est une app qui propose également une carte (on aime ça), qui reprend la plupart des sites d’escalade dans le monde entier. Petite description et liens utiles. C’est pas mal si on planifie ses trajets en fonctions des falaises ! Attention toute fois, les infos sont sommaires et les localisations précises parfois erronées.

What’sApp, bien connue aussi mais permet de communiquer à l’étranger sans soucis. On sait bien que le roaming est fini, donc on peut utiliser internet partout, c’est bien. Mais attention aux locaux qui eux, s’ils sont dans leur pays d’origine paient plein pot et c’est pas sympa !

CouchSurfing. Bien connu des voyageurs depuis des années, c’est un site communautaire qui met relation des locaux qui ouvrent leur porte à des voyageurs, et vice-versa. En gros, peut importe comment tu voyages, l’idée est de rencontrer la culture via des personnes vivant sur place et de partager un moment, une soirée, une nuit (ils t’hébergent, je parle pas de services spéciaux hein) ou plus ensemble. Outil essentiel pour les bag-packeurs en stop, étant autonome avec notre van on en a moins l’usage mais on l’utilisera tout de même pour rencontrer des gens, passer de chouettes moments, prendre des douches chaudes et dormir à l’abri certains jours où la météo fait des caprices.

Blablacar, une app de covoiturage qui marche très bien en Europe de l’Ouest et qui est implantée dans un bon paquet de pays maintenant. Française à l’origine (covoiturage.fr) elle permet de partager les coûts d’un voyage en voiture en prenant des passagers. C’est bon marché pour eux, ça dessert des destinations parfois insolites et permet d’amortir les frais transports ! (qui sont les plus importants du voyage en van). Le seul soucis est qu’il faut planifier un peu à l’avance et proposer des trajets intéressants pour avoir du monde. Quand on fait des sauts de puces et qu’on décide à la dernière minute de notre direction, c’est pas vraiment efficace !

Maps.me, encore une app GPS mais qui permet de télécharger des cartes off-line et montre aussi pas mal de chemins de randos. Essentielle pour des pays comme l’Albanie ou le Monténégro où le roaming est encore bien présent et le méga coute 14€ !

ViewRanger est une app développée par Lafuma et je la trouve super pour planifier ses randos. On y trouve une série de fonds de cartes gratuits qui montrent les courbes de niveaux et les chemins de randos. Elle permet de tracker sa progression pour avoir un compte rendu à la fin mais aussi de « dessiner » son parcours avant de le faire pour connaitre plus précisément le dénivelé positif total ainsi que la distance, ça permet de planifier le timing de la course ou la rando ! Pratique aussi quand on est perdu pour redescendre d’une grande voie par exemple.

GPS Status est un petit outil simple mais complet qui montre une boussole, les coordonnées gps, le nombre de lux, l’altitude et super utile pour nous : un niveau qui nous permet de mettre le van bien à plat pour une bonne nuit de sommeil et une cuisson d’œufs au plat équilibrés dans la poêle.

Wikiloc, un peu trop insistant pour proposer des services prémiums mais permet de trouver des boucles toutes faites de rando ou autre sport assez facilement.

SnapSeed, super outil de retouche photo pour smartphone ! Toute mes photos Insta sont retouchées via cette app ! Intuitif et complet.

FuelGr, pour la Grèce seulement, à voir si des app similaires existent ailleurs, donne le prix de l’essence aux pompes des environs. Pour trouver LE bon plan pour fair le plein.

Vertical-Life permet d’acheter des topos en ligne pour les sites d’escalade, c’est payant donc on l’a pas utilisé mais ça peut dépanner. On préfère se débrouiller avec les grimpeurs présents, la communauté facebook du coin ou encore grimper « à la ligne ».

C2C ou Camp2Camp est une communauté de montagnards/grimpeurs/randonneurs principalement français mais avec des infos à l’étranger aussi. Le site et l’app proposent pas mal d’infos très détaillées sur des courses de montagne, des grandes voies, des randos (à pied, à ski, en trail, …).

Tricount qui permet de prendre note de ses dépenses mais surtout de faire l’équilibre avec un groupe lorsqu’on dépense pour d’autres personnes et qu’il faut remettre le compteur à égalité à la fin sans trop s’embêter.

Yr.no c’est peut-être pas la meilleure mais elle me convient en général, donne les infos météo d’heure en heure et pour les prochains jours. Klara est pas mal aussi avec la même source de donnée mais un design plus complet.

TripAdvisor pour savoir ce qu’il faut voir dans les villes, quand on y passe.

Et voilà, comme quoi, on est quand même plein de ressource grace à la technologie, mais la plupart de ces app’s ne fonctionneraient pas sans une communauté active et généreuse ! Merci à elles !

Toutes ces apps sont gratuites !
Ps : cliquez sur les logos pour télécharger les app’s directement.

Si vous connaissez d’autres bons plans, n’hésitez pas à nous les partager en commentaire ci-dessous 😉