[#13] Le tour du Péloponnèse |1| Patras et Kalogria

Pour entrer en terre promise, un pont magistral relie Antirio à Patras, 3ème ville du pays et notre prochaine étape. Une fois n’est pas coutume, nous nous arrêterons dans une grosse métropole. Nous y chercherons, en vain, le topo d’escalade de la Grèce (par ailleurs nous remercions fortement la communauté de grimpeur par leur partage suite à cette infructueuse recherche). Info originale : l’immense presqu’île qu’est le Péloponnèse n’est reliée au reste du continent que par une petite bande de terre près de Corinthe, qui est elle même est sectionnée par le fameux canal éponyme. Revenons à notre pont, symbole de Patras, il fait la fierté des locaux, mais coûte cher et beaucoup lui préfère, comme nous, le bac qui relie les 2 villes en moins de 30 min pour 6,50 euros, qu’importe la taille du véhicule.

Nous avons rendez vous avec Konstantinos, encore un fois grâce au site de Couch surfing, qui nous permet de rencontrer les locaux, ce qu’on affectionne particulièrement. C’est que le local il connaît les bonnes adresses, son pays avec son histoire et les beaux coins à visiter, il connaît également la gastronomie incontournable, bref il est la meilleure agence de touriste de l’histoire du tourisme ! Et souvent on se marre bien. Konstantin nous donne rendez vous dans un bar « alternatif » de la ville, il nous avait donné le nom de la serveuse, qui informée nous amènera gracieusement les 1ères bières . On est blotti près du poêle lorsqu’il arrive. Très vite ses amis se joignent à nous. Nous découvrons un alcool typique : le tsipouro, une eau de vie de marc de raisin, ici il est chauffé et servi avec du miel. Ça requinque. Et les discussions vont bon-train.

La ville de Patras offre un choix de café impressionnant. Elle a un centre piétonnier foisonnant et une architecture typique avec ses arches ouvertes. Une visite intéressante à faire est le vignoble de Achia Clauss. Il produise un vin unique en son genre, le mavro dafné, sorte de porto. La propriétaire qui nous a fait visiter la cave est fort sympathique, certains barils datent de plusieurs de siècles, ils sont les plus vieux de Grèce. Nous ferons une dégustation, et prendrons une bouteille, ceci sans se sentir forcé le moins du monde.

Ragaillardis nous nous dirigeons vers Kalogria .

Sus de cette grande ville qu’est Patras, la troisième du pays en démographie mais certainement pas en terme d’intérêt. Nous fonçons cap Ouest, sur une des pointes du Péloponnèse, je nomme Kalogria.

Un endroit particulier qui jouit de son, ou plutôt ses, propres biotopes dû à un micro climat. Un petit paradis en réalité car lorsque tout ailleurs en Grèce, les températures étaient sous le minimum Celsius et la neige tombait à foison (jusqu’à 20cm à Athènes et même sur les falaises de Léonidio) nous pouvions ôter le t-shirt la journée et profiter des rayons d’un soleil frappant tel Federer à Roland Garros.

Kalogria c’est bien sûr des rochers, mais c’est surtout une succession d’environnements naturels riches et protégés. La mer d’abord, la plage ensuite. Et puis des Dunes impressionnantes en mode Zwin qui cèdent la place à une zone marécageuse dont émerge une forêt de pins parasols. Arrivent enfin les rochers et leurs coteaux s’élevant au bord d’un lac d’eau douce offrant refuge aux oiseaux migrateurs tels Flamands roses et bien d’autres espèces.

On se retrouve donc en plein cœur d’une biodiversité richissime avec plus de 150 espèces de volatils, des canards au oiseaux de proies, tout autant de poissons et autres amphibiens et bien entendu des animaux terrestres sauvages et moins comme les vaches qui se prélassent pieds dans l’eau.

Niveau rochers, le site présente une succession de secteurs le long d’une grande barre rocheuse. Des voies pour tous, depuis « l’école » jusqu’aux vrais pros. Le tout plein sud et abrité du vent. Un véritable site d’hiver qui sera vite déserté quand les températures montent. On a déjà eu presque trop chaud certains jours de janvier, c’est dire ! Des grimpeurs isolés en hiver et les touristes de masse en été, c’est un bon partage selon moi. Le rocher est très bon et les voies vraiment intéressantes.

Bon, tout n’est pas rose tout de même car le paradis diurne cède ses droits chaque soir lorsque le Soleil s’en va sous l’horizon, offrant de magnifiques couleurs par ailleurs ! Les nuits sont bien fraîches et on trouvera refuge dans le camion dès la tombée du jour. C’est sans compter les chiens errants qui, même si pas vraiment agressifs, plutôt collants disons, n’inspirent pas une extrême confiance.

On trouvera tout de même refuge dans des espaces un peu plus grands à deux reprises. D’abord dans un petit resto-bar en réalité fermé mais dont les occupants ont allumés un bon feu, pour un peu de chaleur et de bonnes grillades. Ensuite dans le camion de nos nouveaux amis allemands rencontrés sur l’île de Hvar, aperçus même plus tôt à Krk ! On ne les avait que salués à l’époque mais cette fois-ci le contact est poussé plus loin lorsqu’ils nous accueillent à bord de leur chalet roulant.

Une parenthèse sur cette famille hors-normes, inspirante d’ailleurs. Celle-ci se compose d’un couple : Olaf et Dorothea et de leurs deux filles Theresa, 9 ans et Kerstin, 7 (à la louche). Ils voyagent depuis quelques temps au fil de leurs envies. Rentrent parfois en Allemagne pour voir la famille, filent au soleil quand il fait froid, navigue d’un bord à l’autre de l’Europe ou restent sur place en fonction des courants. Education nomade lors de leurs déplacements notamment via des vidéos faites pour. Ils grimpent, voyagent, décident de partir en Crète sur un coup de tête car il y fait meilleur, et on apprendra plus tard en Egypte même quand les tempêtes frappent le Crète. Elle a beaucoup travaillé dans la médecine et mis de côté un petit pécule pour pouvoir se consacrer à sa famille. Lui est forestier, c’est à dire propriétaire d’une forêt et de ses arbres qu’il coupe et vend en fonction du marché ou des besoins. Ils n’ont donc plus besoin de travailler et peuvent se consacrer 100% à leurs voyages et aspirations.

Le plus inspirant cependant est l’aménagement de leur camion. Un veil Iveco complètement réaménagé en chalet super convivial. Lors de notre voyage, on a visité pas mal de vans et de camions aménagés et le leur décroche la palme. Un grand espace intérieur modulable pour y dormir à 4, manger à 6, prendre une douche chaude, regarder un film ou partager un bon moment. La grande spécificité est qu’il est vraiment ouvert et peu laisser place à un grand « vide » qui pourrait faire office de piste de danse. Tout est bardé bois, agréable comme un chalet suisse et le petit fond musical du 5.1 BOSE agrémente l’espace. Le top reste, surtout à cette période, le chauffage à air pulsé qui, sur le premier mode sur 28, nous offre un bon 27° à l’intérieur.

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