[#14] Le tour du Péloponnèse |2| Le long des doigts, Nauplie et Léonidio

Vous l’aurez compris… écrire des articles le long du voyage n’est pas chose facile. Arriver à garder le rythme est loin d’être aisé et nous nous sommes fait pris au piège. Nous avons donc écrit en décalé pour vous raconter en détail des histoires passées quelques mois auparavant déjà. Nous voulions accorder l’importance que méritent ces instants passés. Mais alors qu’écrire en décalé relève déjà d’un jeu d’esprit, raconter notre voyage aussi profondément en étant rentré relève d’un défi supplémentaire.

A l’heure actuelle, Athé est en Inde a découvrir des beautés pimentées tandis que je suis de retour sous la pluie Belge à préparer mes escapades suivantes en Norvège et dans les Alpes. Les pensées sont au futur et moins au passé.

Mais un tel projet, un tel voyage mérite une fin glorieuse et non pas l’oubli induit par une errance d’écrivain. Nous tacherons donc de mettre un point d’honneur à terminer ces récits avant les aventures qui suivent. Les articles seront donc un peu plus succincts mais d’autant plus intenses !

Je vous ai laissé lors de notre dernier article sur les bords de plage de Kalogria, au Nord-Ouest du Péloponnèse. Ce dernier qui offre un panel de paysages aussi variés qu’un petit pays en soi. L’hiver faisant crise, nous choisissons d’en faire le tour, de parcourir ses doigts et non sa paume hérissée de sommets enneigés. La météo n’a pas été la plus clémente pour ce périple, et c’est peu dire. C’est pourquoi nous passons la plus grande partie de nous journées à arpenter les routes côtières dans une ambiance bien particulière ; entre orage et rayons perçants. Un souvenir qui, bien que peu sportif, nous laissera des images magiques. Un orage au-dessus d’une mer déchainée reste un des plus beaux spectacles que la nature ai à offrir. Terrifiant et fascinant à la fois.

Nous avons traversé Pyrgos d’où, abrité par un ancien pilote de Jet militaire, nous irons visiter les ruines de l’ancienne Olympe (origine des J.O.), avant de nous diriger vers les sites marquants que nous avait indiqué Konstantinos lors de notre visite à Patras. On mettra en exergue la plage de Voidokilia, une des plus belles baies de Grèce, refermée sur elle-même tel un œil de tigre, on dirait un repère de pirate aux allures enchanteresses. Surmontée d’une grotte impressionnante et d’un château en ruine libre d’accès, passez-y si vous êtes dans le coin, le panorama est envoutant !

Après un réveil sous la grèle, nous irons également voir Gerolimenas et son petit village en bord de mer avant de nous diriger vers la pointe la plus au Sud de l’Europe continentale : le phare de Tenaro. Une randonnée relativement courte pour arriver à ce bâtiment qui symbolise beaucoup pour nous. Nous sommes quand même loin de chez nous ! Le retour entre les orages de tout côtés et les éclairs zébrant le ciel a quelque chose d’exceptionnel.. et d’un peu mouillé aussi.

C’est le doigt central qui se termine aussi loin dans la mer, on l’appelle Mani, et c’est celui qui nous a le plus marqué par son architecture caractéristique. Autant d’époque que moderne, les bâtiments perpétuent la tradition. Sorte de mélange entre grosse ferme et château fort avec des tours carrées terminant par un toit plat et quelques créneaux plus esthétiques que nécessaires. Des groupements d’habitations qui s’agrandissent et forment des sortes de villages-habitations où les familles vivent finalement dans une espèce de grand agglomérat de bâtiments où les limites entre les propriétés ne sont pas claires. C’est aussi probablement le plus beau des doigts à randonner mais vous l’aurez compris, dur pour nous d’entreprendre de longues marches entre les gouttes.

En passant par la fameuse épave du « Dimitrios », nous continuerons vers le troisième doigt et le site d’escalade de Zobolo, si les prédictions sont justes, on pourra y grimper !
Et c’est le cas ! Une très belle barre offrant des lignes aux couleurs pastelles, d’autant plus belles lors du coucher de soleil grâce à son orientation Ouest. Le site est spectaculaire et vraiment isolé. On aime. Et la forêt fossilisée en bord de mer reste un mystère qui offre un spectacle mystique. Un peu comme si la forêt qui bordait la mer fut la cible de la déesse Médusa sortie de la mer un jour de colère.

Nous remontrons ensuite vers l’île de Monemvasia, aujourd’hui reliée au continent par un pont elle est connue pour sa cité marchande très prospère à son époque. Après en avoir fait le tour et le sommet, on y rencontrera un autre couple d’auto-stoppeurs français qui sont en contact avec nos copains Anaëlle et Rémy et voudraient les rencontrer. Ça tombe bien on a rendez-vous avez eux deux jours plus tard. Ni une ni deux, les voilà embarqués dans le van jusqu’à Léonidio, en passant par Kyparissi, énorme secteur de grimpe en plein développement mais orienté plein Nord et trempé de toute part lors de notre passage. Un excellent site d’été, à retourner pour y toucher les colos !

Léonidio, c’est une aventure un peu spéciale car on y rejoint donc la petite tribu et nous passerons quatre jours avec tous ces frenchies. Sorte de réunion de voyageurs franco-français, je fais un peu tache mais on apprend à s’adapter en voyageant non ?

Nos premiers jours sur place sont une sorte de repérage avant de revenir ici avec des amis belges qui nous rejoindrons la semaine prochaine pour grimper ensemble. Un repérage qui vaut vraiment le coup car le site est Majeur. Plus de 1000 voies dans pas moins de 35 secteurs. Le nouveau boom de l’escalade grecque. Le village n’en perd cependant pas ses charmes originels et les gens sont chaleureux. La coop, à l’origine du projet, est un groupe de jeunes passionnés internationaux et font du bon boulot dans une ambiance cool et relax. Repère de grimpeurs du monde entier, on rencontre des gens sympas bien sur, et des falaises grandioses. La météo est au top et on en profite pour faire de belles lignes sur ce rocher variant du jaune à l’ocre et de la dalle aux colos magistrales en passant par une belle variété de style.

Je pourrais écrire des centaines de ligne sur ce site marquant mais mon intro me pousse à être succinct.

En route vers Athènes, on passera pas un campement de van français posés au bord de la plage de Nauplie pour l’hiver. Des rencontres encore mais surtout des discussions passionnantes et inspirantes avec ces voyageurs d’un mois, d’un an ou d’une décennie. Les raisons sont variables, les projets aussi. Certains seuls, d’autres en couple ou encore en famille. Les aspirations diverges parfois mais tous (et nous compris) sont réunis par l’amour du voyage et la météo clémente du sud de l’Europe.
Campement un peu surréaliste lors de cette nuit où se côtoient 14 vans/campers/camping-cars et trois tentes : les deux de nos auto-stoppeurs français et celle de nos amies allemande à vélo qui ont fait le crochet pour nous dire farewell car elles s’envolent bientôt pour la Nouvelle-Zélande (avec leurs vélos) pour y continuer leur périple dans l’autre hémisphère.

A Athènes, on ne reste pas longtemps, quelques courses, une visite du Parthénon, on embarque nos passagers et on retourne vers Nauplie d’abord car, en plus des copains en van, on y trouve quelques chouettes falaises, avant de retourner à Léonidio.

Dans le groupe cette semaine, on retrouve des habitués : Annaëlle et Rémy qui on pu louer des chaussons pour grimper avec nous, Céline et Sébastien, qui nous avait déjà rejoint en Croatie et un nouveau : Hugo, mon frangin qui vient s’initier à l’escalade en falaise. On est donc un groupe de 7 aux niveaux variables mais ce qui est bien, c’est qu’il y’en a pour tous par ici. On passera les apéros tellement gros qu’on finira par ne manger que ça un soir, les parties de rigolades et les bons moments passés ensemble pour résumer une superbe semaine avec une météo qui a finement été au rendez-vous et a permis à chacun de se surpasser et de profiter de ce terrain de jeu gigantesque.

Niveau grimpe, deux points forts, pour moi d’abord ces superbes lignes de la partie supérieure de Panagia Cave. Imaginez vous grimper une ligne majeure, sur des colos parfaites suspendues en léger dévers à plus de 40m du sol mais surtout plus de 200m de la mer là-bas au loin. Une grimpe en 3D mais surtout une ambiance DINGUE, une des plus belles voies que j’ai grimpé, une des plus impressionnantes en tout cas avec un gaz comme je l’aime et un panorama parfait. Big Up pour Athé qui a essayé et gouté au vol suspendu. Le deuxième, il est pour tous, c’est notre grande voie de clôture du séjour, une première pour Annaëlle, Rémy et Hugo et une première réussite pour Séb et Céline. Un grand jour ! Chapeau à tous !

Une semaine qui passe encore plus vite que les autres, nous voilà déjà de retour à Athènes, à l’aéroport où nous déposons nos convives et accueillons à son tour ma mère qui vient profiter de notre présence sur place. Avec elle nous visiterons l’Ile d’Evia, ses plages, ses villes, ses maisons de dragons et une de ses plus belles gorges.

Quelques jours plus tard, c’est à son tour de s’en aller en avion, mais à nous également de repartir mais en reprenant un ferry… direction la Crète ! Le billet acheté, on veut le rentabiliser : retour seulement dans un mois !

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