L’étape Indienne : Prendre la pose du lotus!

Triund

Depuis longtemps ce pays mystique m’attirait, tellement d’images, de récits de voyages, d’avis bien tranchés :« j’adooooooore l’Inde » mais aussi des « plus jamais! ». L’heure est venue pour moi de faire ce que je souhaite faire, ne plus avoir peur, je suis une grande de 30ans après tout. Et comme le yoga a pris place dans ma vie, ce sera un voyage à thème : découvrir la pratique du Yoga en Inde, pays fondateur de cet enseignement millénaire. Je donne quelques conseils sur les différents endroits où pratiquer le yoga dans le Nord de L’inde (voir ci-dessous).

Bienvenue à New Delhi. Il y a des arrivées dont on se souvient toute sa vie. Le premier avion avait pris du retard dû à la douce météo Bruxelloise, de ce fait j’ai vu le 2ème avion partir sous mes yeux après une course folle dans l’aéroport d’Istanbul, comme dans un film. Après quelques heures de patience, je reprends mon envol. Quelques heures plus tard, j’arrive bien à Delhi … mais pas mon sac ! C’est un bon test pour savoir ce qui est vraiment important ! C’est donc légère que je vis la sortie du métro, la découverte de la « vrai » Inde, bouillante, avec ses odeurs épicées dans l’air mais aussi celles d’égouts, de la foule innombrable, et des klaxons, beaucoup de klaxons…

New Delhi est une ville titanesque avec une vie débordante, très vite étouffante. Dans l’espoir que la compagnie aérienne retrouve mon sac, j’en profite pour visiter, on est début mai 2019 et il fait déjà plus de 40°. Old Delhi avec le Red fort, Chandi Chowk et son marché, le spices market… Qutard Minar : le plus grand minaret au monde et la tombe de l’empereur Humayun : premier grand mausolée de la dynastie Moghol qui a donné naissance à une architecture propre. Bref il y a du beau !

Pour ce voyage, je me suis servie de la plateforme de la bourse au coéquipier du Routard. Mon annonce a su donner envie à Coco de se joindre à moi pour son premier voyage. Ensuite Juliette s’est également jointe à nous. On restera 2 semaines ensemble avant que nos chemins ne se séparent (elles ne faisaient pas de yoga). C’est la liberté de partir avec des gens qu’on ne connait pas ! C’est donc à 3 que nous partons vers Rishikesh, capitale mondiale du yoga.

Rishikesh est un lieu de pèlerinage et de spiritualité pour de nombreux Hindous. Situé au pied du Gange, ce qui apporte un peu de fraîcheur et beaucoup de touristes Indiens et « Westerns » (occidentaux). Énormément de choix en terme de yoga, heureusement ma professeure de yoga à Bruxelles, Anne, une sexagénaire hors du commun, m’avait prodigué quelques conseils. Le plus important était de ne pas faire mon Teaching Training en Inde ! Une formation intensive d’un mois donne le sésame pour devenir professeure de yoga. Les TTC de 200 heures se trouvent partout, variant de 500 à 2000 euros. Peu de chose ne justifient un tel écart de prix et la qualité de l’enseignement est plus ou moins bonne. Je vais attendre d’être en Europe pour faire un enseignement complet d’un an. Néanmoins il y a beaucoup à apprendre du yoga en Inde et faire différentes classes est une bonne technique d’apprentissage.

A Rishikesh, je peux recommander :

  • Usha Devi, à Iyengarygo. Iyengar un peu dure pour les débutants. 500Roupies/ classe
  • Ashish, au green hotel, très bon cours. 200Roupies/classe
  • Surinder Swati
  • Omkarananda
  • et beaucoup d’autres encore… (mais en Mai il faisait déjà très chaud et je ne me suis pas attardée).

Il existe un ashram d’Osho proche de Rishikesh. C’est un endroit intéressant, bien se renseigner sur Osho avant. Tout un personnage à la parole « brillante » qui a su enrôler nombres jeunes à sa cause . Dortoirs sales à 800Roupies la nuit (cher).

Rishikesh est aussi un haut lieu de rafting. Un moment inoubliable que d’être dans le même bateau que des Indiens, autant dire que l’eau n’est pas leur milieu naturel. Nous avons clairement de la chance d’avoir appris à nager.

On continue l’aventure dans la Parvati valley, un ami Indien, Cherry nous a rejoint pour le trek de Kheer Ganga. 12Km, un peu de dénivelé. Je recommande à 10/10. Il se termine par un campement typiquement Indien, c’est dire pleins de tentes en pagaille toutes tenues par différents gérants. En haut : des sources d’eau chaude, bien chaude. Un endroit magique entouré par les montagnes au plus près des étoiles.

Passage par Manali dans l’envie de se rendre à Leh, dans le Ladakh. Malheureusement la route la plus haute du monde est encore sous 6m de neige, les 2jours de traversée avec 5 cols à plus de 5000m seront pour une prochaine fois. Vashisht est un petit village à 4km de là. On y trouve aussi des cours de yoga :

  • Shri Hari Gogashram : Guru très impressionnant. Que des Indiens. Cours très poussé dans une bonne ambiance. 300Roupies/classe
  • Sanyasi Yoga Ashram : beau lieu mais beaucoup de blabla inutile. Fumait pendant qu’il donnait cours. 300Roupies/classe
  • D’autres cours à Manali même mais je ne suis pas restée. J’ai profité des montagnes environnantes pour trekker. Le lac gelé à 4200m restera un moment fort du voyage.

J’attendrais encore un peu pour le Laddakh, dommage mais pas grave. L’Inde du Nord regorge de beaux endroits. Je pars pour Dharamsala. En chemin l’un des plus beaux spots de parapente au monde, ça vaut la peine de s’y jeter !

Dharamasala est la ville, un peu plus haut sur la montagne se trouve McLeod Gang qui est la ville d’accueil du Dalaïlama, que j’aurai la chance de rencontrer, ainsi que d’une forte communauté Tibétaine. On y trouve des Momos (sorte de dumpling) à profusion !!! Et au dessus nous trouvons Dharamkot et Bhagsu deux petits villages de montagnes trop pentues pour les bruyantes voitures Indiennes ! Paradis du Yoga et de la rando.

des momos!

A Dharamkot/ Bhagsu, je peux recommander :

  • Himalaya Iyengar Center avec Sharat Arora. Dispense des cours sur 5jours, 3h30/jours (5500Roupies). Très intéressantes techniques mais aussi très spécifiques. Il faut être prêt à passer 4h concentré sur ses pieds !
  • Mahi à Bhasgu, une valeur sûre. 300Roupies/classe
  • Alpesh, bon Iyengar mais le mec est très business. 300Roupies/classe
  • Shivamanda, avec Satya, cours sur le toit. 200Roupies/classe
  • Lotus Yoga, suit l’enseignement de Shivananda, un peu plus punchy que la classe de Satya. 200Roupies/classe
  • Shiva Center, j’ai essayé le yoga Nidra, intéressant. 300Roupies/classe

A Dharmakot/ Bhasgu, je déconseille :

  • Yoga with Raj, où comment se blesser. 300Roupies/classe
  • Shivam, le plus vieux cours de yoga de Bhagsu mais clairement pas le meilleur. « méditation » + hatha cours : 400Roupies

Pour la rando, il y a le Triund trek. Très beau et pas très dur. Et toute la région se marche avec joie. Les petits villages alentours valent le détour pour leur authenticité et leur artisanat abordable.

J’ai énormément aimé mon voyage en Inde, il m’aura changée en profondeur, tant suite au yoga qu’au rencontres (je n’ai pas parlé des copains mais quelle joie que leurs routes aient croisées la mienne!), des nouvelles expériences ou encore la découverte de la médecine Ayurvédique. Et encore je n’ai pas parlé de la nourriture! J’ai appris à méditer seule et a être un peu plus autonome dans ma pratique yogique. J’ai dépassé ma peur d’un voyage seule en Inde sans aucun encombre (ça se voit vite quand ils ont l’œil lubrique, il faut juste partir immédiatement). Ça m’a ouvert sur un nouveau monde possible, celui où je suis actrice de ma vie et suis pleinement consciente de mes choix. Je peux décider de ma vie et ce n’est pas le cas de bon nombre de personnes.

Incredible India !

[#16] Bulgarie, Serbie, Hongrie, Autriche, Allemagne, Maison. Retour aux accents divers.

  1. Grèce

Notre retour sur le continent coïncide presque parfaitement avec notre date de retour, à un mois près. En effet, nous avons décidé de rentrer en Belgique début avril, pour diverses raisons, ce n’est ce que pour préparer un futur voyage ?

Il nous reste donc un mois pour remonter d’un des points les plus méridionaux de l’Europe jusqu’au pays des frites et des bonnes bières : déjà des arguments de choix pour vouloir rentrer rapidement n’est-ce-pas ?!

Un mois, c’est une durée décente pour la plupart des gens qui prennent des vacances, mais pour nous, comparé au rythme adopté jusque là pour nos vagabondages, ça semble rapide ! C’est tout de même 8 pays que nous devons encore traverser. Faites les maths, ça ne laisse pas tellement de temps à chaque endroit ; et l’on sait d’expérience que chaque pays recèle de secrets et de découvertes pour des mois, voire des années d’exploration.

Bref, ça c’est le programme mais début Mars, nous sommes encore en Grèce et entamons notre route au Nord. D’Athènes que nous quittons au plus vite (fuite de la grande ville) nous passons par le site antique de Delphes avant de tracer jusqu’à Thermopyles où nous profiterons des eaux sulfatées aux températures exquises.

Montée vers le Nord ensuite vers un des sites les plus magiques que nous avons rencontré, un endroit de recueillement, un lieu culte pour sûr, et un paysage où l’escalade est reine depuis des décennies : les Météores. Imaginez-vous (ou regardez les photos) sortir d’une plaine pour découvrir des tours de roches agglomérées qui s’élancent vers le ciel, pures et nues pour certaines, mais chapôtées d’un monastère pour d’autres. Solution efficace pour se protéger des menaces, recherche d’ascension au plus près du ciel et isolement certain pour ces moines-grimpeurs qui ont construits ces édifices impressionnants. Certains sont plus accessibles que d’autres, beaucoup sont tombés en ruines mais une belle série continue d’être en activité. Les plus impressionnants sont ceux qui n’avaient d’accès que via leur « ascenseur » activé à main d’homme. Les premiers à commencer les travaux devaient être des grimpeurs, c’est sûr. La légende raconte que la corde de l’élévateur était changée uniquement lorsqu’elle cédait : la vie ne tient qu’à un fil…

Lieu historique de cette pratique, les Météores ont accueilli des grimpeurs depuis longtemps et plus particulièrement dans les années 80/90 lorsque l’escalade est devenue un sport à part entière. Ça tombe bien, c’est pour ça qu’on est là. Quelques jours sur place avec une météo divine nous on permis de faire quelques belles ascensions. La grimpe n’est pas très exigeante au niveau technique, mais bien au niveau mental : on grimpe sur un conglomérat de galets de différentes tailles qui nous permettent de progresser. Leur solidité apparente n’est pas rassurante, mais en général, ça tient. L’escalade est plutôt dalleuse (comprendre en inclinaison positive, donc reposante) et peu physique mais les points des voies équipées ne sont pas en surplus. En gros, ça engage facilement 5-10 mètres entre les points, et pas grand-chose pour placer entre, on a vite laissé le rack au camion. Pour toutes ces classiques, la chute n’est pas vraiment une option. Ceci dit, cet engagement contribue à la magie de cette escalade dans une ambiance sacrée, une grimpe méditative et l’accomplissement d’un sommet en haut de chacune des tours. Un coup de chœur, vraiment. Un paradis pour les grimpeurs, mais enchanteur pour les randonneurs aussi.  

Quelques jours plus tard, nous devons continuer la route, timing oblige. Notre dernière destination hellénique sera Thessalonique. Dernière grande ville du côté de la Turquie, port de la Méditerranée, entrée vers l’Europe. C’est une ville qui accueille un grand nombre de réfugiés, par choix ou pas, c’est selon. Dans tous les cas la ville s’est vue transformée par l’arrivée de cette nouvelle population. Nous arrivons un jour de fête et profitons donc de la journée pour aller flâner sur les quais. L’exploration aurait pu être sous une meilleure aura car nous ne nous sentons pas à l’aise dans cette ville. Tout d’abord car, à peine garé, le temps de chercher un pull à l’arrière du camion, j’en ressors pour découvrir un type monté à l’avant et fouillant la cabine à la recherche de pièces. Je le fais sortir et il aura encore l’audace de me demander de l’argent ! Cet incident associé au fait que personne ou presque ne porte son sac à dos dans le dos, mais bien sous le bras nous fais ressentir un sentiment d’insécurité. C’est dommage que la recherche d’opportunité de certains nuise à la réputation de tant d’autres.

  1. Bulgarie

Il est temps de passer la frontière Nord du pays, et d’arriver en Bulgarie ! Pays européen depuis peu, un des derniers du lot, mais qui garde une réputation peu flatteuse : mafia, pot-de-vin, pauvreté et corruption. C’est le pays le plus pauvre de l’Europe semble-t-il et en effet, en zone rurale, les prix sont presque équivalents à ceux de l’Albanie : « c’est pas cher ». Les campagnes gardent cet aspect rustique d’antan, celui de ces endroits où le temps semble s’être arrêté par manque de moyens, avec une certaine beauté intrinsèque cependant.

Notre première halte aura des arômes de raisins fermentés. La région de Melnik est connue pour ses vins que nous gouterons sur place avant d’emporter quelques bouteilles.

On y visitera ensuite un très beau monastère sur la route vers la capitale. Le temps étant maussade, pluvieux et froid (Sofia est la capitale Européenne la plus haute en altitude) nous gouterons une belle spécialité à base de pâtisserie et chocolat chaud épais et visiterons un des plus grands musées de la ville. Hébergé par un serbe installé ici, nous apprenons pas mal de choses sur le pays, le gars est super sympa et nous sommes bien contents de passer les nuits au chaud ! Un fait marquant de la ville, qui a été bien plus prospère jadis au vu de ses bâtiments, est le parc automobile : le nombre de grosses BMW X6, grosse Mercedes classe E et autres bolides à 100 000€ ne colle pas avec l’économie du pays ! Il semblerait que le bulgare de base s’endette à vie pour se payer une voiture-image qui lui donne un air viril et de réussite.

Une petite randonnée dans les alentours, pieds dans la neige et nous voilà partis vers le Nord du pays qui offre quelques beaux sites d’escalade que nous voudrions découvrir. Le « Petzl Rock Trip » y est passé quelques années auparavant et leur vidéo nous donne envie. Ils avaient parcouru deux sites, nous irons voir le premier qui est impressionnant mais pas en condition à cette période : Prohodna . Une grotte, ou plutôt un tunnel souterrain, ouvert aux deux extrémités vers une cavité d’une cinquantaine de mètre de haut. Assez-magique par sa prestance, et parcouru des touristes qui viennent admirer les deux fenêtres sommitales qui apparaissent comme des yeux au plafond. Figure divine semble-t-il.

Ensuite, nous irons vers « Vratsa », qui veut dire la porte en bulgare. En effet une chaine de montagne calcaire qui se rétracte en forme de V autour d’un cours d’eau qui permet de passer d’un côté à l’autre, d’une vallée à l’autre. Niveau escalade, il y’a de tout : du sportif, du trad, de la couenne, de la grande voie, de la dalle et du dévers. Un beau panel qui en fait le site le plus réputé du pays. On y rencontrera un couple de bulgares super sympas (ce qui n’est pas un adjectif commun à tout le peuple) avec qui nous partagerons des astuces, des histoires et un bon feu de camp.

Enfin, avant de quitter le pays nous ferons halte à Bozhenitsa, site plus modeste mais carrément génial. Et pour cause, c’est du grès ! J’adore cette roche, et l’escalade (couenne) y est sportive, aérienne et sculptée : tout ce que j’aime. Un peu comme Berdorf pour les connaisseurs, mais en 5 fois plus grand !

  1. Serbie

Frontière de l’Europe à nouveau, la Serbie n’en fait pas partie, elle est sur la liste des candidates depuis de nombreuses années mais, selon nous, plus avancée économiquement et au niveau des infrastructures que la Bulgarie. Une certaine position vis-à-vis du Kosovo bloque son entrée dans l’EU. Les files de camions à la douane sont le signe d’un passage difficile entre ces pays limitrophes mais séparés par ces nouvelles frontières. Nous sommes d’avis qu’ils devraient pouvoir accéder à la Zone, historie Kosovare résolue cela-dit.
Un pays intéressant, au niveau topographique d’abord, géologique même avec notre première halte aux portes de Vratna, d’immenses ponts de roche se succédant, plafonds de grottes effondrées à nouveau comme en Bulgarie mais ici pas de tunnels, juste ces portes vers la forêt. Joli ! Pas étonnant qu’un tel site soit devenu le lieu de création d’un monastère. Content d’autant plus que nous y sommes arrivés par hasard, suivant un panneau au détour d’un virage.

Deuxième et la plus magnifique de ses prestations géographiques : le cours du Danube qui fait frontière avec la Roumanie (avec l’Europe). Ce fleuve s’écoulant de l’Allemagne à la mer morte est un des plus longs d’Europe et parcourir ses berges est un réel plaisir. En Serbie il prend des tournures exceptionnelles grâces à des gorges étroites et profondes. Magnifique paysage à découvrir à la marche, à vélo ou peut-être bien au fil de l’eau (projet futur ? en tout cas la descente de l’entièreté du fleuve doit être une belle aventure !). Anecdote amusante, nous captions le réseau Roumain (EU) depuis les berges du côté Serbe, pratique pour communiquer mais par contre le fuseau horaire n’est pas le même, plutôt décalé comme histoire !

Pour se promener dans les zones protégées autour du Danube, il faut être accompagné d’un Ranger. L’accompagnement est gratuit mais l’entrée dans le parc est payante (5€ si je me souviens bien). On tente l’expérience, malgré le fait que payer pour aller se promener est un peu contre nos principes, on prend le gars et lui demande quelle rando serait la plus belle. Il nous propose un point de vue qui serait un des plus beaux et c’est parti. Bon au final, c’est une « rando » d’1.5 km sur un sentier supra balisé… on aurait probablement pu se passer de lui mais il parait qu’il y’a des caméras qui surveillent, et puis on en a profité pour lui poser plein de questions sur son pays, intéressant tout de même. La vue valait le coup malgré tout (malheureusement, on ne peut pas laisser le Ranger dans les bois, il faut le ramener à sa base, ça nous aurait éviter un aller-retour).

Le long du Danube, de ce côté ont également été retrouvées des ruines, des restes et des fragments d’une civilisation qui serait la plus ancienne d’Europe.
Un musée, intéressant également pour son architecture, retrace ces découvertes et reconstitue le village-archéologique ou plutôt le campement qu’ils ont pu dénicher. Reconstitution car le camp original est aujourd’hui enfui sous les eaux du Danube faisant suite à la création d’un de ses barrages. L’appellation de Lepenski Vir est à retenir et vous pouvez même visiter le musée en ligne : www.lepenski-vir.rs . Plus de 9000 ans avant notre ère !

Plus haut sur les rives du Danube, là où il se calme, s’élargit et où les gorges acérées font place aux champs et prairies, nous avons rendez-vous avec notre Couchsurfer du jour à Smederevo, petite ville-arrêt avant la capitale, histoire de passer la nuit dans un endroit plus calme. La ville est sympa, le château fort impressionnant, faut dire qu’ils en ont pas mal des forts de l’époque, c’est d’ailleurs l’attraction principale de Belgrade où nous irons passer la journée suivante.

Ce château, ou plutôt cette énorme forteresse abrite le Zoo hypra-bondé (on est juste passé devant les grilles et la file) mais aussi des musées, des cafés et choses très agréables : de nombreux espaces verts ouverts au public avec ou sans vue sur le Danube (encore) et sur le reste de la ville. C’est vraiment un lieu appréciable, on a beaucoup aimé. Et encore plus grâce à la surprise découverte dans l’enceinte la plus protégée : des grimpeurs. Eh oui, même si les rochers Serbes ne font pas légion, les locaux ont trouvé de quoi s’amuser. Traversées le long des murs (un peu comme au Cinquantenaire de Bruxelles) mais également moulinettes installées depuis les remparts, plutôt sympa comme salle !

Le reste de la ville est assez beau aussi, on retrouve une architecture d’un âge d’or un peu passé, mais avec une richesse plus marquée encore aujourd’hui qu’en Bulgarie. On pressent que notre remontée vers le Nord s’articule autour d’une remontée en prospérité, les prix en témoignent. Quartiers touristiques et ville bondée, c’est joli mais ça reste une grande métropole, pas notre tasse de thé.

La fin de notre périple en Serbie ce sont des parcs nationaux où camping et feux de bois sont bien vus et la ville de Novi Sad. Le nom pourrait faire écho car c’est celle-ci qui a subie les assauts de l’OTAN en 1999. Plusieurs mois de bombardements détruisant les ponts de liaison entre les rives du Danube mais aussi une bonne partie de la ville. Bombardements incessants jusqu’au retraits des troupes Serbes du Kosovo. Un ultimatum peu convivial dont la population se souvient encore. On en a rencontré et l’incompréhension d’un tel acharnement reste bien présent dans les esprits. On visitera notamment une exposition célébrant les 20 ans de cet anniversaire.  

C’est sur cette note d’un souvenir plutôt sombre que nous passerons la frontière vers le pays suivant.

  1. Hongrie

La Hongrie, on la speed, à nouveau on est pressé par cet ultimatum qu’on s’est fixé. Et puis, on se dit que quitte à devoir avancer rapidement, autant le faire vraiment, il faudra revenir pour faire honneur à ces pays qui ont beaucoup à offrir. C’est aussi le cas de la Roumanie qui nous appelle par ses paysages attrayants. Ce sera pour un prochain voyage !

La Hongrie est un pays intéressant d’abord par sa géographie : la plus grande pleine d’Europe. En gros un énorme plateau plat entouré de montagnes qui forment ses frontières. Ensuite par sa langue qui n’a rien à voir avec ses voisines. Les seules racines communes avec le Hongrois ont été dénichées de l’autre côté de l’Astral dans un recoin de la Sibérie. Un peuple fuyant l’hostilité du grand nord il y’a plusieurs centaines d’années et s’établissant dans ces terres fertiles. Géographie encore avec le nombre de sources thermales parsemant le pays, près d’un millier. Une plaine aux souterrains volcaniques ! Et quel plaisir de se baigner dans ces eaux à température plus qu’agréable ! Ce sont d’ailleurs ces eaux thermales qui offrent la première attraction de BudaPest, capitale où l’architecture Austro-Hongroise témoigne d’une histoire prospère et riche. Une ville qui en regroupe deux : Buda et Pest, chacune d’un côté du … Danube ! Ici les prix sont à l’instar de l’Europe, on est clairement dans une ville touristique visitée par des vacanciers de tous horizons. Fini les restos pas chers et les courses à deux sous. Un petit site d’escalade aux alentours de la ville et une baignade dans un bain hypra local et nous revoilà déjà à la frontière suivante.

  1. Slovaquie

Un passage en Slovaquie, ou plutôt une incursion car nous n’avons pas le temps de visiter le pays et ses beautés. Uniquement un détour express d’un côté du Danube à l’autre. Le fait de rester en Union Européenne nous rappelle que la libre circulation est tout de même une belle avancée. Nous irons jusqu’à Bratislava pour y découvrir une toute petite capitale aux airs de ville de province malgré son architecture riche. Elle aussi accolée au Danube et surmontée d’un château, plutôt renaissance ici, et qui offre de belles perspectives sur les environs.

  1. Autriche

Qui dit retour vers son pays signifie pays déjà traversé. En effet retour en Autriche, mais bien loin cette fois-ci du Tyrol et de ses montagnes, nous sommes à l’Est ; plaines et forêts. Notre seule halte sera la capitale de Vienne dont nous avons entendu beaucoup de bien.

Première surprise fort agréable et pratique : un parking trouvé grâce à Park4Night (voir l’article sur nos applis : ICI ). Ce parking est interdit la semaine car utilisé par les « grands de ce monde », ministres et parlementaires, mais lorsqu’ils sont en weekend, il est ouvert au peuple, gratuit et toléré la nuit pour les campers ! Vous ne trouverez pas une chambre meilleure marché et aussi bien placée dans toute la ville, c’est garanti ! Bon le hic reste au niveau toilettes car les hordes de chinois se lèvent tôt et les fêtards citadins se couchent tard. Les lampadaires n’aident pas à l’intimité mais un musée aux abords sauve la partie.

La ville est agréable de nuit comme de jour, nous la visiterons des deux façons. Un centre historique ultra-dense historiquement, parsemé de parcs et de jardins où les habitants viennent pique-niquer. Une ville active le long d’un fleuve que nous commençons à connaitre…. Avec ses berges artistiques, ses rues commerçantes son mélange d’architecture renaissante et contemporaine et ses activités. On tombera sur un festival mettant à l’honneur les deux roues non-motorisés (les vélos quoi) dans toutes leurs formes : BMX, vélo de ville, électrique, sportif et plus impressionnant le vélo freestyle avec deux pistes de sauts. Décors de cathédrale pour des acrobaties aériennes. La quantité de musée est impressionnante et nous recommandons tout particulièrement le musée du Meuble, pas le plus médiatisé mais un des plus riches.

J’aurais presque pu passer le chapitre escalade car le Tyrol est clairement une région plus riche pour notre sport mais Vienne a quand même réussi une belle mise à l’honneur de ses hommes-araignées en transformant une de ces anciennes batteries anti-aérienne ( Flaktürme ) datant de la seconde guerre en mur d’escalade géant. Ces structures hypra-impressionnantes, gratte-ciels de béton aux allures de palmiers appartiennent à un patrimoine à la fois terrifiant et passionnant. L’intérieur de celle-ci a été aménagé en aquarium alors que ses murs extérieurs sont parsemés de prises.

  1. Allemagne

L’Allemagne, on y passe plus car c’est sur la route que par choix, on connait un peu et puis c’est moins exotique. Petites haltes intéressantes cependant, tout d’abord à Nuremberg pour une petite promenade printanière dans cette belle ville à l’architecture authentique.

Aux alentours de la ville, le « Zeppelin », site datant de la deuxième guerre, création du Führer envers sa fierté personnelle témoigne de cette période historique. Le site servait de rassemblement pour les discours d’Hitler et les proportions sont juste hallucinantes. L’ensemble du site n’a pas été terminé mais les traces persistantes permettent de se rendre compte des ambitions titanesques de ce despote. Big up pour le musée qui regorge d’anecdotes historiques.

Nous ferons une dernière escale à Wiesbaden, ville un peu huppée en bordure de Francfort. Nous y serons hébergé par Alberto, un ami avec qui j’ai beaucoup grimpé en Espagne quand je vivais à Madrid. Vraiment chouette de se revoir, de visiter sa petite ville ensemble, et un très bon timing car deux semaines plus tard il déménageait à Lyon ! La prochaine rencontre se fera plus au Sud. Nous avons profité de ses topos pour aller grimper un peu dans le coin, petit secteur à l’allemande, sur un gré assez exigeant mais plutôt sympa !  

  1. Hollande

Bon… la Hollande c’est pour avoir un point 8. car en réalité c’est juste l’autoroute qui passe d’Allemagne en Belgique, on a dû y rester une demi-heure sans même s’arrêter.

  1. Belgique

Retour au bercail, après 9 mois sur les routes d’Europe, un voyage qui s’est enrichi au fur et à mesure, qui était un projet personnel tout d’abord et est devenu une aventure partagée. Un voyage qui nous a permis de découvrir que l’Europe tant géographique que politique regorge de différences et de richesses (matérielles ou humaines). Un voyage plein de rencontres, plein de paysages, plein les yeux en gros.

Un voyage qui nous a donné soif, soif de plus et qui nous a ouvert les yeux sur des possibilités que beaucoup refoulent pour des raisons plutôt futiles en général. Cette soif nous la nourrirons dans les mois qui suivent avec des voyages plus courts chacun de son côté, Athé en Inde et moi en Norvège. Et puis, c’est officiel, nous avons pris nos billets et l’aventure continuera en Septembre direction l’autre bout du monde : l’Australie !

A suivre donc. Ceci n’est pas une fin mais un commencement.

[#15] Retraite en Crête

La Crète, doux nom qui nous plonge instantanément dans la Grèce antique, la culture Minoenne, des paysages étonnants, de l’huile d’Olive et de la cuisine diététique. La plus grande île de Grèce a su totalement nous conquérir !

Après une douce nuit sur le pont de notre « petit » bateau de traversée, pas le droit de dormir dans le camion pour des raisons de sécurité, nous arrivâmes au beau matin en douce Crète. Visite d’Héraklion et départ rapide pour Chania, retrouver nos copains Anaëlle et Rémi, pas vu depuis si longtemps ! Grâce à la fantastique Veronica, couch surfeuse au top, nous découvrons cette charmante ville et les alentours. J’ai particulièrement aimé la balade tout au nord à Moni Katholico, à la recherche de la cache des pirates. On n’a pas trouvé le trésors mais le paysage vaut de l’or !

Déjà 24h sur l’île, il était temps de grimper ! Le site de la grotte de Tersanas près de la magnifique plage de sable blanc de Balos semble tout indiqué. C’est l’une des plus belle plage du monde, la preuve en photo! La contempler se mérite : la route se dégrade d’un coup et devient une piste. Après une 1 heure à se faire secouer dans tous les sens, on se dit que la prochaine fois on prend un véhicule 4×4 ! (à suivre dans nos aventures en Australie !)

Le niveau d’escalade requis dans la grotte est exigent. Le site est grandiose, rien que la marche d’approche en vaut la peine et t’en mieux pour moi. Oli s’amusera bien dans une voie à colo…

Petite aparté, c’est le moment de vous faire une confidence, si vous croyez que je suis partie faire un tour d’Europe de grimpe avec un bon niveau en escalade, et bien vous vous trompez ! Avant le départ je n’avais jamais enchaîné de 6a en salle… mon niveau s’est bien amélioré mais je reste une cramique (=novice) ! Comme quoi pas besoin d’être un cador pour s’amuser avec des jolis cailloux.

De retour au campement nous ferons la connaissance d’une famille hors norme : les MYTAE. 2 parents et leurs 3 enfants en 4×4 qui dorment sur la tente de toit du véhicule. Plusieurs années de voyages, pas de scolarité classique pour les enfants mais une soif de leur transmettre des valeurs profondes sur la vie et la liberté… Une rencontre qui vous ouvre la porte des possibles.

Si vous voulez en savoir plus sur cette famille, ils décrivent leur façon de voir le monde sur la toile, par exemple via instagram :

https://www.instagram.com/mytae_rencontre_le_monde

Le vent froid de la tempête qui fait rage nous a soufflé vers le sud ouest de l’île. C’est partie pour la rando mémorable de Paléochora – Sougia. Ça devait être facile avec 12km le long de la côte montagneuse, enfin ça l’aurait été si notre petite équipe de rigolo’s avait eu envie de faire demi-tour mais que nenni. Faire du stop pour se faire déposer au milieu de nul part et se retrouver à marcher sur l’asphalte est bien plus aventureux. Espérer ardemment qu’une voiture passera et nous aidera à sauver nos chaussures et les membres qui sont dedans. Les 40km qui nous séparent du camion pourraient bien les faire partir en lambeau. La magie de l’aventure sera de passer par un village où les hommes crétois uniquement (ou crétins,j’ai un doute?!) sont occupés pendant leur dimanche à vider les chargeurs de leur pistolet dans une maison, c’est le Texas de la Grèce ! Nous trouverons 2 petites aides motorisées précieuses et rentrons juste à temps pour un apéro au coucher de soleil, mon préféré ! (Le vin était une production artisanale de l’île, une aventure à lui tout seul, étonnant en bouche et efficace pour élever notre niveau de bêtise, un beau cadeau ce pinard^^).

Et se fut le temps de la tempête généralisé et quelle joie de se jeter dedans tous ensemble ! Mais quelle tempête, les Crétois n’en avaient pas vécu des comme ça depuis au moins 50ans. Pour les copains qui dorment en tente ça sentait le chien mouillé, et comme j’avais bien envie de découvrir le Help X (c’est un peu comme le Woofing pour ceux qui connaissent, c’est-à-dire du volontariat contre un hébergement et de la nourriture). Nous nous retrouvons chez un couple d’Anglais dont le mec était plutot bon cuisinier, et comble du luxe notre lit était pourvu d’une couverture chauffante. Après 2 jours à terrasser leur jardin, extraire des souches (enfin une demie), ranger et nettoyer leur cuisine, peindre des panneaux, nous avions bien vite compris que ce ne serait pas l’expérimentation la plus enrichissante mais les pluies diluviennes nous font rester 1 jour de plus. Toutefois ça aura été une expérience et on apprend toujours: la prochaine fois je chercherai des lieux avec un dynamisme plus communautaire, soutenir un projet plus large que d’aider un couple d’alcooliques fainéants !

Cette première tempête aura entraînée avec elle de nombreux arbres, fait déborder le lit des rivières, inonder une partie des villes du nord de l’île et même se faire s’effondrer des ponts… Pendant la tempête, Oli voulait traverser un guet d’où un filet d’eau s’écoule. A force de persuasion et de démonstration de jet de cailloux qui se font entraîner avec la force du courant, nous sommes allés nous abriter derrière un monastère, dans un tout petit recoin bien encastré entre des murs, ainsi protégé du vent qui faisait rage, nos copains dans la chambre d’amis (l’avant du camion!). Et heureusement, le lendemain en repassant devant notre guet le filet d’eau était devenu torrent… C’était incroyable, on aurait été bloqué quelques jours de l’autre coté si on était passé. Il faut faire attention, durant la tempête, 4 jeunes sont décédés, emportés par l’eau lors d’un passage de guet.

Pour se remettre de nos émotions, notre objectif du jour était de trouver une skafian pie, célèbre tarte de Hora Skafion, composée de sucre, de sucre et de sucre ! Que de l’amour pour notre ami Rémi. Hors saison et avec ce temps de chien notre mission s’est soldé par un échec. Pas le temps de se laisser abattre, nous allons voir la belle roche de Plakias en bord de plage, les lignes sont superbes mais aujourd’hui cette dalle ruisselante ressemble plus à une cascade qu’à un mur d’escalade. Nous n’avons qu’une envie : revenir avec le soleil. On se consolera au café, à regarder passer les nuages en mangeant des gros gâteaux crétois…

Nous continuons notre route vers les grottes troglodytes des hippies de Matala. Ce site est situé sur un ancien cimetière romain converti en logement au standing du hippies des années 70. Il faut dire que le lieu à tout pour plaire, une crique à l’eau turquoise protégée par 2 belles falaises percées telles un gruyère. Après 10ans le rêve a pris fin quand la municipalité à compris qu’elle pourrait en faire de l’argent ! Ça faisait longtemps que l’on avait pas vu des cars de chinois…

Pour cette raison et celle de l’arrivée de la police (faut croire qu’on a vraiment pas le droit de sauter les grilles pour rentrer dans le site après la fermeture, ca manque de « hippiness » aujourd’hui cet endroit), nous partons un peu plus au sud en direction des gorges d’Agio Farango, gros spot d’escalade que nous sommes décidés à découvrir après en avoir entendu beaucoup de bien.

Le lieu est particulièrement reculé et avec les intempéries la « route », piste constituée de cailloux plus ou moins gros, était très chaotique jusqu’à devenir infranchissable au niveau d’un guet devenu rivière. Qu’à cela ne tienne, toujours avec les copains, nous allons contourner le problème et aller au village « d’à côté ». Ils nous faudra juste 45min de marche, une belle rando côtière de type montagne tout de même. Au vue de la pluie tombée, nous décidons d’aller inspecter les lieux sans tout le matos. Pour les non grimpeurs je vous fait une petite description de notre équipement à trimballer en falaise équipée. Attention départ : Chaussons, souvent 2 paires (chaussons techniques et pantoufles de grimpe « confortables »), baudrier, descendeur (pour assurer son équipier), un jeu d’une 20aine de dégaines, mousquetons, corde de 80m (= pèse son poids!), sangles, casques, sans oublier l’eau et un peu de miam miam ! Je dirais un peu plus de 10 de kilos à répartir entre nous.

La gorge est profonde, belle et mouillée. On repaire nos secteurs et continuons pour une belle balade de 15km en terrain vallonné. Pour moi qui aime marcher, c’est le paradis ! Vous êtes peut être blasés par nos jolies photos de paysages incroyables, nous pas ! A vivre, c’est une joie. Autant de beauté sauvage au quotidien, ça rend heureux !

Dommage pour nous, nous étions sensé être protégé de la tempête mais elle revint en force. Nous fuyons ! Dans tous les sens, les copains partent vers une ville romaine obscure qui doit avoir un château (grosse passion de Remi) et nous vers d’autres falaises!

En chemin on s’arrêta pour faire une rando à Zaros. Une source naturelle de l’île. Je visiterai l’ancien site Minoen de Phaïstos. Passionnant et incroyable de se rendre compte de l’influence d’un seul homme sur notre perception d’une civilisation qui existait il y a 4000 ans. L’archéologue Arthur John Evans s’est inspiré de recherches scientifiques bien sur mais les a mêlées à ses croyances personnelles pour développer ses théories et son histoire de cette civilisation dont il est par ailleurs l’auteur du nom qu’il leur a attribué selon le mythe du roi Minos… (qui est donc bien un mythe). J’ai préféré le palais de Phaïstos à celui, plus connu, de Knossos près d’Héraklion. Où ce malade d’Evans a décider de bétonner le site historique, de peindre à sa fantaisie les fresques du palais le déformant à tout jamais. Son empreinte sur la civilisation minoenne est énorme et pas très réglementaire…

On ira 2 jours à Kapetaniana. Le site est grand mais pas forcement en bon état. Les points sont usés et n’inspirent que peu la confiance. On fait quelques jolies lignes, les longueurs sont courtes, le cadre agréable, bien que escarpé. Un vrai sentiment de montagne très agréable tout de même.

Et nous repartons vers une autre falaise en bord de mer. Mais la encore, il faudra la mériter. Déjà il faut préciser que nous sommes dans une Crète reculée, loin de l’agitation touristique, et oui ça existe encore, les routes sont mauvaises et les dénivelés sont importants. Pour sûr je me souviendrai longtemps de cette route. Imaginez 1000m de dénivelé à descendre de manière abrupte avec notre petit Pouet Pouet, sur un chemin tantôt un peu asphalté, tantôt bétonné, tantôt gravillonné, tantôt poussiéreux. La descente passe encore petit joueur mais clairement j’ai serré les fesses à la remontée !! Très fière de mon pilote car les virages en aiguille étaient sec, très dérapant avec des inclinations pas faciles pour notre camion (tout le poids est sur l’arrière, alors que c’est les roues avant qui tractent). J’ai cru qu’on allait rester coincés. Malgré le pied au planché, le camion reculait quand même… Super technique de super pilote, redescendre les derniers lacets, et foncer !!! Heureusement qu’il était là (pour lui « ça passe » toujours ^^) c’est pas donné à tout le monde de gérer ce genre situation. Là encore on est repartis avant que la pluie ne vienne et fort heureusement sinon je ne pense pas que l’on aurait pu en sortir ! Mais dommage car nous n’avons pu profiter de ce micro village et ces cailloux que quelques jours durant. Dans ce village de 6 habitants en hiver, nous avons eu le privilège d’en rencontrer un. Avec lui les mots accueil et générosité prennent leur véritable nature. Malgré une barrière de la langue, c’est avec insistance que nous comprenons qu’il nous invite à prendre le café. Ce serait peu intéressant de conter ici tous nos échanges ou leurs tentatives, ou de compter le nombre de victuailles offertes mais cette chaleureuse rencontre restera gravée comme un moment privilégié avec une personne ouverte qui partage du mieux qu’elle peut (et la vérité j’essaierai de faire pareil quand je serai grande : donner sans rien attendre en retour!)

Pour accéder aux falaises une belle balade de 45 min longe la mer. En cadeau une épave cachée dans une crique et une église troglodyte. Le site de grimpe était beau, mais un peu vieux. Ça ne change rien au cailloux, par contre en ce qui concerne les protections c’est une histoire un peu rouillée ! Mais on a quand même profité de ce bel endroit. Je me rappelle une superbe une ligne en 6a. Bien physique mais heureusement c’est Oli qui est parti en tête. On trouve plusieurs longueurs en mutli pitch, nous en tentons une, sans trop savoir ce qui nous attend. Oli part en tête et je l’assure. Lorsque vient mon tour, je découvre des difficultés à monter, mais où sont les prises ? En premier j’accuse la roche de bord de mer, poisseuse, dans laquelle il est difficile de donner sa confiance. Pourtant Oli est en haut, c’est que ça passe. Je me retrouve seule, bloquée. Chaque voie en escalade est une aventure. De celle là je me rappellerai avoir essayé en force, puis d’avoir glissé, de m’être fait un petit bobo et me dire que l’escalade c’est pas pour moi… Mais finalement une fois en haut, j’étais juste tellement heureuse, les sentiments d’accomplissement et de fierté mélangés.
De son côté, Oli était dans son élément avec des lignes un peu physique, extrêmement sculptées mais surtout des voies d’un esthétisme rare ! Du pur bonheur en bord de mer, malgré un peu de poisse dû aux intempéries et à la faible fréquentation du site, les structures rocheuses étaient de beaux montages en trois dimensions.

On a quitté notre trou, pour aller vers l’Est. Hop un petit bisou de départ au copains qui prenaient leur bateau à Sintia. Puis balade entre un Olivier de 3500 ans, l’arbre hein, la plus grande palmeraie d’Europe et les gorges de Zakros la Crête, on se dit que la Crête est un bijou au naturel. Nous passerons 2 jours dans les « gorges de la mort », encore une fois avec la tempête. Elle nous aura amené un penseur Allemand, pas équipé pour survivre sous la pluie et qui trouvera refuge dans pouet pouet ! Dommage pour nous, il y a quelques voies au début des gorges mais leurs pieds sont inondés et la paroi ruisselle. Ça ne nous empêche pas de marcher pendant 2 jours dans ces beaux paysages variés et dynamiques. La remontée de la rivière à chercher les marques sous l’eau restera un très bon souvenir.

On profitera du beau temps qui arrive enfin pour retourner sur Agio Farango et grimper quelques jours là bas. Le site est majeur. On s’est gardé quelques jours de beaux temps avant le retour sur Héraklion. C’est avec une facilité hors norme que l’on a sympathisé avec la communauté de grimpeurs du coin. Quelle plaisir de les avoir rencontrer. Leur « salle locale » est une ancienne grotte dont le plafond c’est effondré et a créer un cirque rocheux entouré de voies grimpables toute l’année : Voulismeno Aloni. Trop cool ! On profitera aussi du beau temps pour se baigner un peu (la 1er fois de notre étape en Crête).

Après 1 mois passé sur l’île, je peux dire que j’aimerais y revenir. Malgré des conditions météo difficiles et surtout très inhabituelles aux dires des autochtones ce lieu est magique et regorge de merveilles dans ses paysages, sa culture, sa gastronomie et ses habitants. Un lieu paradoxale où les touristes de masse ont trouvés leurs plages et leurs resorts, mais il existe encore vraiment une crête sauvage et authentique à découvrir hors des sentiers battus – ou en hiver.

[#14] Le tour du Péloponnèse |2| Le long des doigts, Nauplie et Léonidio

Vous l’aurez compris… écrire des articles le long du voyage n’est pas chose facile. Arriver à garder le rythme est loin d’être aisé et nous nous sommes fait pris au piège. Nous avons donc écrit en décalé pour vous raconter en détail des histoires passées quelques mois auparavant déjà. Nous voulions accorder l’importance que méritent ces instants passés. Mais alors qu’écrire en décalé relève déjà d’un jeu d’esprit, raconter notre voyage aussi profondément en étant rentré relève d’un défi supplémentaire.

A l’heure actuelle, Athé est en Inde a découvrir des beautés pimentées tandis que je suis de retour sous la pluie Belge à préparer mes escapades suivantes en Norvège et dans les Alpes. Les pensées sont au futur et moins au passé.

Mais un tel projet, un tel voyage mérite une fin glorieuse et non pas l’oubli induit par une errance d’écrivain. Nous tacherons donc de mettre un point d’honneur à terminer ces récits avant les aventures qui suivent. Les articles seront donc un peu plus succincts mais d’autant plus intenses !

Je vous ai laissé lors de notre dernier article sur les bords de plage de Kalogria, au Nord-Ouest du Péloponnèse. Ce dernier qui offre un panel de paysages aussi variés qu’un petit pays en soi. L’hiver faisant crise, nous choisissons d’en faire le tour, de parcourir ses doigts et non sa paume hérissée de sommets enneigés. La météo n’a pas été la plus clémente pour ce périple, et c’est peu dire. C’est pourquoi nous passons la plus grande partie de nous journées à arpenter les routes côtières dans une ambiance bien particulière ; entre orage et rayons perçants. Un souvenir qui, bien que peu sportif, nous laissera des images magiques. Un orage au-dessus d’une mer déchainée reste un des plus beaux spectacles que la nature ai à offrir. Terrifiant et fascinant à la fois.

Nous avons traversé Pyrgos d’où, abrité par un ancien pilote de Jet militaire, nous irons visiter les ruines de l’ancienne Olympe (origine des J.O.), avant de nous diriger vers les sites marquants que nous avait indiqué Konstantinos lors de notre visite à Patras. On mettra en exergue la plage de Voidokilia, une des plus belles baies de Grèce, refermée sur elle-même tel un œil de tigre, on dirait un repère de pirate aux allures enchanteresses. Surmontée d’une grotte impressionnante et d’un château en ruine libre d’accès, passez-y si vous êtes dans le coin, le panorama est envoutant !

Après un réveil sous la grèle, nous irons également voir Gerolimenas et son petit village en bord de mer avant de nous diriger vers la pointe la plus au Sud de l’Europe continentale : le phare de Tenaro. Une randonnée relativement courte pour arriver à ce bâtiment qui symbolise beaucoup pour nous. Nous sommes quand même loin de chez nous ! Le retour entre les orages de tout côtés et les éclairs zébrant le ciel a quelque chose d’exceptionnel.. et d’un peu mouillé aussi.

C’est le doigt central qui se termine aussi loin dans la mer, on l’appelle Mani, et c’est celui qui nous a le plus marqué par son architecture caractéristique. Autant d’époque que moderne, les bâtiments perpétuent la tradition. Sorte de mélange entre grosse ferme et château fort avec des tours carrées terminant par un toit plat et quelques créneaux plus esthétiques que nécessaires. Des groupements d’habitations qui s’agrandissent et forment des sortes de villages-habitations où les familles vivent finalement dans une espèce de grand agglomérat de bâtiments où les limites entre les propriétés ne sont pas claires. C’est aussi probablement le plus beau des doigts à randonner mais vous l’aurez compris, dur pour nous d’entreprendre de longues marches entre les gouttes.

En passant par la fameuse épave du « Dimitrios », nous continuerons vers le troisième doigt et le site d’escalade de Zobolo, si les prédictions sont justes, on pourra y grimper !
Et c’est le cas ! Une très belle barre offrant des lignes aux couleurs pastelles, d’autant plus belles lors du coucher de soleil grâce à son orientation Ouest. Le site est spectaculaire et vraiment isolé. On aime. Et la forêt fossilisée en bord de mer reste un mystère qui offre un spectacle mystique. Un peu comme si la forêt qui bordait la mer fut la cible de la déesse Médusa sortie de la mer un jour de colère.

Nous remontrons ensuite vers l’île de Monemvasia, aujourd’hui reliée au continent par un pont elle est connue pour sa cité marchande très prospère à son époque. Après en avoir fait le tour et le sommet, on y rencontrera un autre couple d’auto-stoppeurs français qui sont en contact avec nos copains Anaëlle et Rémy et voudraient les rencontrer. Ça tombe bien on a rendez-vous avez eux deux jours plus tard. Ni une ni deux, les voilà embarqués dans le van jusqu’à Léonidio, en passant par Kyparissi, énorme secteur de grimpe en plein développement mais orienté plein Nord et trempé de toute part lors de notre passage. Un excellent site d’été, à retourner pour y toucher les colos !

Léonidio, c’est une aventure un peu spéciale car on y rejoint donc la petite tribu et nous passerons quatre jours avec tous ces frenchies. Sorte de réunion de voyageurs franco-français, je fais un peu tache mais on apprend à s’adapter en voyageant non ?

Nos premiers jours sur place sont une sorte de repérage avant de revenir ici avec des amis belges qui nous rejoindrons la semaine prochaine pour grimper ensemble. Un repérage qui vaut vraiment le coup car le site est Majeur. Plus de 1000 voies dans pas moins de 35 secteurs. Le nouveau boom de l’escalade grecque. Le village n’en perd cependant pas ses charmes originels et les gens sont chaleureux. La coop, à l’origine du projet, est un groupe de jeunes passionnés internationaux et font du bon boulot dans une ambiance cool et relax. Repère de grimpeurs du monde entier, on rencontre des gens sympas bien sur, et des falaises grandioses. La météo est au top et on en profite pour faire de belles lignes sur ce rocher variant du jaune à l’ocre et de la dalle aux colos magistrales en passant par une belle variété de style.

Je pourrais écrire des centaines de ligne sur ce site marquant mais mon intro me pousse à être succinct.

En route vers Athènes, on passera pas un campement de van français posés au bord de la plage de Nauplie pour l’hiver. Des rencontres encore mais surtout des discussions passionnantes et inspirantes avec ces voyageurs d’un mois, d’un an ou d’une décennie. Les raisons sont variables, les projets aussi. Certains seuls, d’autres en couple ou encore en famille. Les aspirations diverges parfois mais tous (et nous compris) sont réunis par l’amour du voyage et la météo clémente du sud de l’Europe.
Campement un peu surréaliste lors de cette nuit où se côtoient 14 vans/campers/camping-cars et trois tentes : les deux de nos auto-stoppeurs français et celle de nos amies allemande à vélo qui ont fait le crochet pour nous dire farewell car elles s’envolent bientôt pour la Nouvelle-Zélande (avec leurs vélos) pour y continuer leur périple dans l’autre hémisphère.

A Athènes, on ne reste pas longtemps, quelques courses, une visite du Parthénon, on embarque nos passagers et on retourne vers Nauplie d’abord car, en plus des copains en van, on y trouve quelques chouettes falaises, avant de retourner à Léonidio.

Dans le groupe cette semaine, on retrouve des habitués : Annaëlle et Rémy qui on pu louer des chaussons pour grimper avec nous, Céline et Sébastien, qui nous avait déjà rejoint en Croatie et un nouveau : Hugo, mon frangin qui vient s’initier à l’escalade en falaise. On est donc un groupe de 7 aux niveaux variables mais ce qui est bien, c’est qu’il y’en a pour tous par ici. On passera les apéros tellement gros qu’on finira par ne manger que ça un soir, les parties de rigolades et les bons moments passés ensemble pour résumer une superbe semaine avec une météo qui a finement été au rendez-vous et a permis à chacun de se surpasser et de profiter de ce terrain de jeu gigantesque.

Niveau grimpe, deux points forts, pour moi d’abord ces superbes lignes de la partie supérieure de Panagia Cave. Imaginez vous grimper une ligne majeure, sur des colos parfaites suspendues en léger dévers à plus de 40m du sol mais surtout plus de 200m de la mer là-bas au loin. Une grimpe en 3D mais surtout une ambiance DINGUE, une des plus belles voies que j’ai grimpé, une des plus impressionnantes en tout cas avec un gaz comme je l’aime et un panorama parfait. Big Up pour Athé qui a essayé et gouté au vol suspendu. Le deuxième, il est pour tous, c’est notre grande voie de clôture du séjour, une première pour Annaëlle, Rémy et Hugo et une première réussite pour Séb et Céline. Un grand jour ! Chapeau à tous !

Une semaine qui passe encore plus vite que les autres, nous voilà déjà de retour à Athènes, à l’aéroport où nous déposons nos convives et accueillons à son tour ma mère qui vient profiter de notre présence sur place. Avec elle nous visiterons l’Ile d’Evia, ses plages, ses villes, ses maisons de dragons et une de ses plus belles gorges.

Quelques jours plus tard, c’est à son tour de s’en aller en avion, mais à nous également de repartir mais en reprenant un ferry… direction la Crète ! Le billet acheté, on veut le rentabiliser : retour seulement dans un mois !

[#13] Le tour du Péloponnèse |1| Patras et Kalogria

Pour entrer en terre promise, un pont magistral relie Antirio à Patras, 3ème ville du pays et notre prochaine étape. Une fois n’est pas coutume, nous nous arrêterons dans une grosse métropole. Nous y chercherons, en vain, le topo d’escalade de la Grèce (par ailleurs nous remercions fortement la communauté de grimpeur par leur partage suite à cette infructueuse recherche). Info originale : l’immense presqu’île qu’est le Péloponnèse n’est reliée au reste du continent que par une petite bande de terre près de Corinthe, qui est elle même est sectionnée par le fameux canal éponyme. Revenons à notre pont, symbole de Patras, il fait la fierté des locaux, mais coûte cher et beaucoup lui préfère, comme nous, le bac qui relie les 2 villes en moins de 30 min pour 6,50 euros, qu’importe la taille du véhicule.

Nous avons rendez vous avec Konstantinos, encore un fois grâce au site de Couch surfing, qui nous permet de rencontrer les locaux, ce qu’on affectionne particulièrement. C’est que le local il connaît les bonnes adresses, son pays avec son histoire et les beaux coins à visiter, il connaît également la gastronomie incontournable, bref il est la meilleure agence de touriste de l’histoire du tourisme ! Et souvent on se marre bien. Konstantin nous donne rendez vous dans un bar « alternatif » de la ville, il nous avait donné le nom de la serveuse, qui informée nous amènera gracieusement les 1ères bières . On est blotti près du poêle lorsqu’il arrive. Très vite ses amis se joignent à nous. Nous découvrons un alcool typique : le tsipouro, une eau de vie de marc de raisin, ici il est chauffé et servi avec du miel. Ça requinque. Et les discussions vont bon-train.

La ville de Patras offre un choix de café impressionnant. Elle a un centre piétonnier foisonnant et une architecture typique avec ses arches ouvertes. Une visite intéressante à faire est le vignoble de Achia Clauss. Il produise un vin unique en son genre, le mavro dafné, sorte de porto. La propriétaire qui nous a fait visiter la cave est fort sympathique, certains barils datent de plusieurs de siècles, ils sont les plus vieux de Grèce. Nous ferons une dégustation, et prendrons une bouteille, ceci sans se sentir forcé le moins du monde.

Ragaillardis nous nous dirigeons vers Kalogria .

Sus de cette grande ville qu’est Patras, la troisième du pays en démographie mais certainement pas en terme d’intérêt. Nous fonçons cap Ouest, sur une des pointes du Péloponnèse, je nomme Kalogria.

Un endroit particulier qui jouit de son, ou plutôt ses, propres biotopes dû à un micro climat. Un petit paradis en réalité car lorsque tout ailleurs en Grèce, les températures étaient sous le minimum Celsius et la neige tombait à foison (jusqu’à 20cm à Athènes et même sur les falaises de Léonidio) nous pouvions ôter le t-shirt la journée et profiter des rayons d’un soleil frappant tel Federer à Roland Garros.

Kalogria c’est bien sûr des rochers, mais c’est surtout une succession d’environnements naturels riches et protégés. La mer d’abord, la plage ensuite. Et puis des Dunes impressionnantes en mode Zwin qui cèdent la place à une zone marécageuse dont émerge une forêt de pins parasols. Arrivent enfin les rochers et leurs coteaux s’élevant au bord d’un lac d’eau douce offrant refuge aux oiseaux migrateurs tels Flamands roses et bien d’autres espèces.

On se retrouve donc en plein cœur d’une biodiversité richissime avec plus de 150 espèces de volatils, des canards au oiseaux de proies, tout autant de poissons et autres amphibiens et bien entendu des animaux terrestres sauvages et moins comme les vaches qui se prélassent pieds dans l’eau.

Niveau rochers, le site présente une succession de secteurs le long d’une grande barre rocheuse. Des voies pour tous, depuis « l’école » jusqu’aux vrais pros. Le tout plein sud et abrité du vent. Un véritable site d’hiver qui sera vite déserté quand les températures montent. On a déjà eu presque trop chaud certains jours de janvier, c’est dire ! Des grimpeurs isolés en hiver et les touristes de masse en été, c’est un bon partage selon moi. Le rocher est très bon et les voies vraiment intéressantes.

Bon, tout n’est pas rose tout de même car le paradis diurne cède ses droits chaque soir lorsque le Soleil s’en va sous l’horizon, offrant de magnifiques couleurs par ailleurs ! Les nuits sont bien fraîches et on trouvera refuge dans le camion dès la tombée du jour. C’est sans compter les chiens errants qui, même si pas vraiment agressifs, plutôt collants disons, n’inspirent pas une extrême confiance.

On trouvera tout de même refuge dans des espaces un peu plus grands à deux reprises. D’abord dans un petit resto-bar en réalité fermé mais dont les occupants ont allumés un bon feu, pour un peu de chaleur et de bonnes grillades. Ensuite dans le camion de nos nouveaux amis allemands rencontrés sur l’île de Hvar, aperçus même plus tôt à Krk ! On ne les avait que salués à l’époque mais cette fois-ci le contact est poussé plus loin lorsqu’ils nous accueillent à bord de leur chalet roulant.

Une parenthèse sur cette famille hors-normes, inspirante d’ailleurs. Celle-ci se compose d’un couple : Olaf et Dorothea et de leurs deux filles Theresa, 9 ans et Kerstin, 7 (à la louche). Ils voyagent depuis quelques temps au fil de leurs envies. Rentrent parfois en Allemagne pour voir la famille, filent au soleil quand il fait froid, navigue d’un bord à l’autre de l’Europe ou restent sur place en fonction des courants. Education nomade lors de leurs déplacements notamment via des vidéos faites pour. Ils grimpent, voyagent, décident de partir en Crète sur un coup de tête car il y fait meilleur, et on apprendra plus tard en Egypte même quand les tempêtes frappent le Crète. Elle a beaucoup travaillé dans la médecine et mis de côté un petit pécule pour pouvoir se consacrer à sa famille. Lui est forestier, c’est à dire propriétaire d’une forêt et de ses arbres qu’il coupe et vend en fonction du marché ou des besoins. Ils n’ont donc plus besoin de travailler et peuvent se consacrer 100% à leurs voyages et aspirations.

Le plus inspirant cependant est l’aménagement de leur camion. Un veil Iveco complètement réaménagé en chalet super convivial. Lors de notre voyage, on a visité pas mal de vans et de camions aménagés et le leur décroche la palme. Un grand espace intérieur modulable pour y dormir à 4, manger à 6, prendre une douche chaude, regarder un film ou partager un bon moment. La grande spécificité est qu’il est vraiment ouvert et peu laisser place à un grand « vide » qui pourrait faire office de piste de danse. Tout est bardé bois, agréable comme un chalet suisse et le petit fond musical du 5.1 BOSE agrémente l’espace. Le top reste, surtout à cette période, le chauffage à air pulsé qui, sur le premier mode sur 28, nous offre un bon 27° à l’intérieur.

[#12] Introduction à la Grèce : Du Nord-Ouest au Péloponnèse.

C’est sans encombre que nous traversâmes la frontière nous ramenant à L’Union Européen. C’est pourtant des décors très similaires qui nous accueillirent sur les premières centaines de km : des montagnes, la mer, des troupeaux de chèvres et de moutons traversant à l’improviste et ces déchets qui jonchent le bas coté. Petite nouveauté dans le tableau, des châteaux-forts en ruine. Ils sont dans un état de conservation plus ou moins critique ; il faut beaucoup d’imagination pour reconstituer la vie qu’ils ont accueillis. Néanmoins, ils sont en libre accès et donne libre cours à notre fantaisie. Nous nous arrêterons dans un premier château puis à celui de Parga. Nous nous sentons l’âme de conquérants et nous amusons bien !

Nous passerons par « l’espace » d’escalade de Lichnos. Il y subsiste quelques points rouillés, l’oxydation va si vite en bord de mer, et un bon coin pour faire du bloc (dans le jargon cela signifie que tu ne vas pas très haut, généralement tu te protèges avec un « crash-pad », un matelas au sol, que nous n’avons pas emmené). Même si nous n’avons pas grimpé dans cette belle plage, elle nous aura permise de faire la connaissance de Saphia en VanCances (Van-Vacances) avec sa fille.

Et c’est avec joie qu’elle se joindra à nous pour le nouvel an. Au programme, retrouvailles avec les copains de « t’es où loulou », rencontré une première fois en Slovénie, puis en Croatie. Nous passerons la Saint Sylvestre avec d’autres Vanlifers, pour reprendre leur expression bien instagrammé : Ludivine et Sylvain, rencontrés dans les sources de Langarica, près de Permët, en Albanie. L’univers des van-totters d’hiver est bien petit, comme nous avons pu le constater avec plaisir. C’est que la Grèce est une destination prisée, bien au sud mais toujours en Europe.

C’est sur une belle plage que nous nous rejoignons. La fête à failli finir en noyade au vu de la mousson qui nous inondait. Forte heureusement Dionysos était de la partie et a sauvé la fête. Vers 21h, les copains Anaëlle et Rémy (et oui encore eux!) qui tentent de nous rejoindre sont bloqués à 30km de nous, seuls dans un petit village, sans le sou et sans distributeur dans les alentours. Avec notre seule bière au compteur, nous partons les chercher (secourir?). C’est qu’on les aime fort bien tout de même ! En chemin, on prendra en stop 5 kurdes Irakiens, heureux d’être pris en stop pour la première fois (à 5 en même temps, il faut déjà avoir un bon véhicule…). Ils cherchaient à rejoindre l’Allemagne, étonnamment, ils n’avaient aucun bagage, par contre leur téléphone semblaient performants. On ne voyage pas tous pour les mêmes raisons.

La soirée se déroule fort joyeusement, Nous sommes 5 vans, 8 adultes, 2 enfants. Quelle joie de commencer l’année en voyageant, dans un cadre idyllique et entouré de chouettes personnes.

La nouvelle année 2019 commence aussi par de l’escalade. Nous partons le jour même pour Varasova, l’un des stops mythiques de Grèce. Ce fut l’un des premiers à voir le jour, il est maintenant équipé de centaines de voies dont beaucoup en grande voie. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait, nous avons récupéré un vieux topo de 1997, et sommes partis pour une voie en V+. Ça fait du bien de faire de l’escalade plaisir ^^.

Le temps devenant hostile nous ne sommes restés que peu, alors que le lieu invite à séjourner plus longuement. C’est vers Patras et le Péloponnèse que la suite de nos aventures continues.

[#11] L’Albanie, pays de mafioso’s aux milles cadeaux.

Nous voici en Albanie. Choc culturel, ou chocs tout court car les trous dans la route (qui rappelle la Belgique… en pire tout de même) font la part belle aux amortisseurs.

Première image, premier contraste, on arrive à Shkoder, de l’autre côté du lac de Skadar, limitrophe avec le Montenégro. La ville est tout à l’opposé de la capitale de ce dernier (Podgorica). Ici les supra-centre-commerciaux sont remplacés par des petites échoppes aux dix produits disposés sur le trottoir ; les voitures garées n’importe où donnent le change aux vielles Mercedes aux 500.000 bornes et les charrettes tirées par des chevaux maigrelets offrent un spectacle d’avant-guerre.

L’Albanie, c’est un pays qui nous intriguait, sa réputation est plutôt bipolaire. Il y’a deux clans en réalité, ceux qui n’y ont jamais été et ceux que les voyages ont fait traverser ce pays aux rumeurs peu fameuses. Les premiers nous mettrons tous en garde : attention, le pays est malfamé, c’est une contrée de mafioso, de vols de voitures, de brutes sanguinaires et j’en passe. Les seconds quant à eux nous encouragent les yeux fermés à aller découvrir ce pays d’un autre temps, dont la beauté est pristine car encore peu explorée et la générosité sans égale.

Qui croire ? à qui donner raison ? on le découvrira bien assez tôt par nous-même. Et par assez tôt, je dois dire que notre premier arrêt sera à l’image de notre voyage par là-bas. Nous nous arrêtons à Shkodër donc, le regard plutôt affûté et aux aguets, ayant des doutes. Trouver une place pour le camion n’est pas toujours aisé (quoique en réalité ça ne pose pas souvent problème) mais le laisser tout seul dans une ville apparemment très pauvre et dans un pays dont la réputation n’est pas élogieuse est toujours un peu particulier.

Nous trouverons une rue plutôt calme et une place en face d’un café, c’est un peu loin du centre, mais l’agitation de celui-ci ne convenait pas à un créneau genre zig-zag rapide. Le café, c’est top, il nous permettra de choper du wifi et de regarder sur le net ce qu’on doit voir dans cette ville. On y rentre, commande tant bien que mal à la barman, qui nous apporte nos cafés et nous inculques nos premiers mots d’albanais. On y dit par exemple « falemenderit » (phonétiquement) pour dire merci … et oui au début ça surprend mais on s’y fait.
La surprise se fait lorsqu’on va prendre le large et demande l’addition… En effet, pas d’addition, la tenancière nous offre le café ! C’est bien la première fois qu’on va dans un commerce pour y acheter quelque chose et que celui-ci nous offre son gagne-pain !

Ceci-dit, la ville n’a pas grand chose à offrir d’attrayant, on visitera tout de même le musée de la photographie et les rues du centre avant de se diriger vers la capitale : Tirana ! ♪ Welcome to Tirana, tequila, sexo y marijuana

La route se fait de nuit, quelques appels de phares, on règle le notre et ça va mieux. Concernant la façon de conduire là-bas, je ne vais pas m’étendre de long et large et simplement reprendre une citation d’un autre blog de voyageurs qui a bien raisonnée dans nos oreilles à chaque trajets : « Conduire en Albanie, c’est comme jouer au poker et faire tapis à chaque virage« …

Anecdote sympa, ici le mot « voiture » à longtemps été remplacé par « Mercedes », en effet toutes ces vielles allemandes remplissent les rues du pays. C’était à l’époque les seules réputées assez solides pour résister à la rudesse des routes albanaises. Il faut dire que le service des voiries n’est pas des plus actif dans la contrée. Le réseau routier n’étant d’ailleurs qu’à moitié asphalté. Question piège : une route asphaltée pleine de trous est-elle meilleure qu’une piste peu entretenue ? On a bien une idée mais on vous laisse y répondre.

Tirana est tout le contraire de Shkoder, en tout cas l’ultra-centre car la banlieue est à l’image du reste du pays : pauvre et désordonnée. Le centre-ville de la capitale par contre, c’est le spot des expats, des quelques touristes et de ceux qui ont réussis (on sait pas trop comment). Des bars dans tous les sens, plutôt dans le genre strass et paillettes avec le prix qui va avec (ça reste bien moins cher que chez nous mais par rapport au reste du pays, ça dénote). On y rencontrera Elion, LE type qui sait de quoi il parle en terme d’escalade dans le pays vu qu’il a équipé une bonne partie des voies et ouvert la seule salle de bloc des 28 000 km² de l’Albanie. Bon ça reste pas des masses mais la volonté est là, les moyens moins car les points coûtent chers et les finances ne suivent pas. Mais la communauté s’agrandit, l’international s’intéresse aux belles parois et certains sites se développent. On visitera deux d’entre-eux, tout d’abord Bovilla, aux portes de la capitale. Bon, en km c’est pas loin, mais vu la piste, il faut tout de même une bonne heure et demie à slalomer entre flaques et bosses. Bovilla, c’est avant tout le réservoir d’eau qui alimente toute la ville. Un grand barrage qui crée donc un lac artificiel et une rivière qui s’en échappe en aval, parsemée de cuvettes qui offrent de superbes piscines en été. La saison ne s’y prête pas mais le décors est tout de même splendide, la vue sur les montagnes enneigées au loin et le miroir d’eau valent le coup rien qu’à eux-mêmes. Niveau grimpe, deux secteurs, l’un côté lac, orienté nord, plutôt facile (jusqu’à 6b). Superbe vue mais un peu froid en plein décembre. L’autre, juste de l’autre côté de l’arrête offre de superbes colos face sud vers le canyon et la rivière. Les difficultés passent un niveau et on trouve des voies dures et très esthétiques. Malheureusement, les colos n’aiment pas la pluie et les résurgences ne nous permettent pas d’y grimper non plus… il faudra revenir ! On fait tout de même une belle randonnée le long du lac, le potentiel d’escalade est énorme, et les endroits de bivouacs regorgent. Tous les foyers de feux de camp témoignent d’une activité bien différente et bien festive lors des beaux jours. En redescendant, on croisera quelques couples ou groupes d’amis style bobo, talons et bottes de cuir venus affronter la piste avec leur Merco ou leur 4×4 pour l’un ou l’autre selfie au bord du lac. Ca contraste avec l’esprit du lieu mais ça agrémente les réflexions au niveau folklo.

Le deuxième site, on en parle plus loin, car avant d’y aller, on a rejoint nos copains auto-stoppeurs rencontrés à Hvar en Croatie (ici). Ils sont à Elbasan, ville un peu plus au Sud-Est chez un hôte couchsurfeur « super sympa et qui nous propose un super plan dans une maison de village dans les montagnes« . Nous qui pensions tout d’abord tracer le pays en trois jours, commençons à penser y rester un peu plus longtemps. Nous arrivons à Elbasan et rencontrons Edoart, un albanais qui gère une petite auberge/dortoir/camping en été, et offre les lits en couchsurfing toute l’année ; plutôt sympa ! On passera un bon moment avec lui, sa copine italienne, Anaëlle et Rémy. Fun fact, Edoart, albanais, et sa copine, italienne, parlent en français ensemble (nous aussi du coup). Tout ça nous permettra d’apprendre plus sur la culture albanaise, notamment le fait que les seuls mafieux qui sont encore là sont les mauvais et le gouvernement en qui personne n’a réellement confiance ; les bons sont partis à l’étranger, là où il y a de l’argent. On apprend aussi que pour les albanais, le fait de venir dans leur pays est le plus grand des honneurs, ils « vénèrent » en quelque sorte les touristes, qui sont encore peu à passer la frontière récemment ouverte après des années d’autarcie. Un pays qui s’ouvre peu à peu, qui apprend à vivre dans la mondialisation et s’est vu catapulté dans un système capitaliste avant d’avoir pu comprendre tous les rouages du socialisme… de quoi trainer quelques fardeaux politico-organisationnels. On en profite également pour goûter certains mets locaux tel la Bugatsa, un pain beurré, cuit au beurre et au beurre. Plein de calories pour quelques leks.

Edoart possède une maison de famille, ou plutot un chalet haut perché dans les montagnes, pas loin d’un village isolé. Brochure à l’appui, il nous raconte que des français y ont séjourné un an, tombés amoureux du lieu, et qu’avant, il servait même de site de villégiature : cabanes, restaurant, jeux extérieurs etc. Tenu par un autre français et baptisé « La Vie Nomade » pendant 7 ans. Il cherche un repreneur – gratuitement – c’est sûr et même si on ne se sent pas l’âme casanière on se laisse tenter par l’expérience « into the wild » pour quelques jours. Après une longue piste en première, on arrive au lieu dit. Petit coup de nettoyage et allumage du feu de bois. Dehors, l’eau est gelée et la température bien en-dessous de zéro. S’en suit une discussion passionnée plus que passionnante concernant la condition de la femme et le role de la famille dans nos sociétés sur ces points fort différentes. Edoart nous quitte au petit matin et on découvre les environs lors d’une bonne rando. Il m’a demandé de regarder si certains rochers des environs seraient exploitables pour l’escalade, malheureusement, ça vaut vraiment pas le coup !

Générosité albanaise, on traverse le petit village, ou en tout cas un petit regroupement de maisons lorsqu’une vielle dame nous interpelle, on ne comprend pas grand chose mais elle nous offre moulte Kaki’s, ces fruits qui part chez nous se font rares et sont ici comme le blé dans les champs. On ne sait plus où en mettre, nos poches débordent ; « falemenderit« .

L’expérience nous laissera un superbe souvenir mais le voyage nous appelle. Si jamais vous cherchez un projet et un endroit loin de tout , avis aux amateurs, vous êtes les bienvenus !

Après ces quelques jours en montagne, on pensait revenir vers le chaud… mais c’était avant qu’Anaëlle et Rémy nous partagent leurs plans d’aller voir le lac Ohrid, en passant la frontière Macédonienne. On est pas si loin et ça a l’air sympa, on se laisse donc emporter. Enfin on les emporte plutot avec nous. Les nuits froides les pousserons même à utiliser notre chambre d’amis – l’avant du camion – pendant plusieurs nuits. Notre cher van fait donc couchage pour 4 !

Fun fact, en allant vers le lac Ohrid, lac de montagne, toute la route ascendante du côté Albanais est remplie de laveurs de voiture ; inside-out pour 1€50 ! Ils s’affichent clairement en pointant leur tuyau vers le ciel. L’eau vient droit du lac et est donc gratuite, ce qui permet ces jeux de fontaines offerts au voyageur – un petit Versailles couleur locale. Il faut dire que lorsque les albanais sont sortis du communisme, les trois commerces qui se sont lancés à grande échelle étaient : caféiste, pompiste ou gérant de car-wash ; faut que ça brille une Merco !

Mal nous à prit, même si le camion était bien sale, nous voulions profiter de la fin de journée pour aller voir le lac de jour. Pas de nettoyage pour nous cette fois-ci. Choix finalement regretté car le passage frontière nous a pompé tout le temps solaire restant… un vrai addict de la fouille, le mec a tout fait : caméra-cable, chien renifleur, tournevis, camion monté sur pont levant pour vérifier ses dessous,… pff le plus pénible qu’on ai eu du voyage !

Côté Macédoine, on a visité la ville d’Ohrid, parcouru le flanc Est du lac et on a même tenté l’expérience d’une rando glaciaire hivernale en mode white-out pour le sommet. En gros, on marche vers un sommet sans le voir, on pense y être, on check le gps, c’est pas là. On y arrive finalement, on fait rapidos une photo sommitale où on voit rien autour, on prend la boussole et on trace tout azimut pour redescendre sous les nuages avant de finir en glaçon. Amusant avec de la neige jusqu’aux hanches parfois, un peu mouillé mais au moins on a vécu une belle aventure !

Retour vers le plancher des vaches. On repasse déjà la frontière vers l’Albanie après un bon plein à 0.90€ le litre, il est pas si mal ce pays ! [en Albanie, bien qu’ils soient producteurs de pétrole, le prix est le plus haut des Balkans, autant vous dire qu’on y pas fait une station]. Le reste de la Macédoine se doit d’être magnifique, mais pays montagneux, il faudra également revenir dans des temps plus cléments.

On arrive sous le lac, côté albanais donc à la ville de Pogradec. Ici, fête du vin, on se fait offrir une brochette et un verre, on profite avec plaisir de la chaleur des grands brasiers allumés pour l’occasion avant de continuer notre route, c’est bientôt Noël et on a rendez-vous à Girokaster pour l’occasion.

En chemin, après quelques heures de routes bien cabossées, on s’arrête au milieu d’un champ pour la nuit. Réveil aux petites heures pour préparer de super pains-perdus quand une petite vielle vient vider sa bassine d’ordure dans la rivière ; classique par ici. Elle repart, et revient chargée de pommes et de noix en nous invitant chez elle. Je laisse à votre imaginaire le dialogue de sourds, gestes et carnets de dessin à l’appui pour comprendre tout ça. On est au centre même de la culture locale, on ne peut pas refuser. On termine tout de même notre petit déjeuné avant de se diriger dans son foyer. Sobrement aménagé, son mari et elle utilisent en hiver cette petite-pièce adjacente au garage car elle dispose du gros poêle de fonte qui offre une chaleur inespérée. Mais il ne sont pas peu fiers pour autant de nous montrer leur réelle maison, juste en face, crépis violet récent, maison 4 façades, on se croirait presque en Alsace.

L’accueil et la générosité albanaise est ici à son paroxysme, car entre albums de photos de leurs enfants dont ils ont l’air bien fiers également, surtout leur fille mariée à un italien. Ils nous offrent tout bonnement : du Limoncello (il est 10h du matin), des biscuits et friandises, des noix et noisettes, des coings, des pommes de fertilité pour les filles et une tournée de raki car j’ai le malheur de me moucher (il est toujours 10h du matin..). Toutes ces denrées matérielles pour des gens qui ne semblent avoir que peu, mais surtout une gentillesse exceptionnelle.

On prend finalement congé car il nous reste quelques heures de route, après avoir tout de même été voir le gros camion et la jeep du Monsieur qui les garde bien dans son garage (dont certaines poutres ont été entaillées pour que le camion y rentre..).

Quelques kilomètres avant Girokaster, on s’arrête tout près de la petite de ville de Permet, connue pour son gros caillou en son centre, son vieux pont mais surtout ses eaux thermales. A dix minutes de là : Lengarica, un superbe canyon aux parois raides qui s’étend sur plusieurs kilomètres. Le paradis des touristes d’été qui le parcours pieds dans l’eau pour y découvrir sa beauté avant de revenir plonger entièrement dans le bassin d’eau sulfurée à 40° aménagé près de l’entrée. On choisira cependant l’option visite panoramique en faisant une randonnée qui longe tout le canyon d’un côté puis de l’autre, mais d’en haut seulement ; l’ombre et l’eau du fond des gorges inspirent peu en décembre. Cependant, le bain de souffre lui, on n’y manquera pas histoire de relâcher nos muscles endoloris après ces longues heures d’effort et apprécier le coucher de soleil sur les montagnes enneigées.

Noël donc. On le passe à Girokaster, perdue dans les montagnes également, cette ville d’assez grande importance est le fief de la province et est surmontée d’une grande forteresse qui a vu toutes les époques se succéder. On y retrouve des vestiges du Moyen-Age, des canons de la première, des chars de la deuxième et des avions de la guerre froide. L’entrée gratuite pour Noël nous a tous fait sourire.

Le réveillon quant-à-lui fut bien festif comme il se doit. Nous étions huit personnes, 4 couples d’horizon divers à partager un repas copieux. Nous avons en effet rejoint l’appartement d’un Néo-Zélandais : Jade qui est venu s’établir là-bas pour être au côté de sa fiancée elle-même albanaise et rencontrée on-line. Se sont jointes à nous Moni et Stefi, deux allemandes qui parcourent la côte adriatique depuis l’Allemagne à vélo ! On se paire et on prépare entrée, plat végé, plat viandard et dessert pour tous avant de dévorer tout ça et de finir la soirée à jouer au Wanted.

La digestion effectuée, nous repartons vers la côte, où nous attend le soleil et des cailloux – en manque de grimpe peut-être… En chemin on s’arrête à « l’œil bleu », un phénomène naturel de rivière souterraine qui ressort en créant un tunnel de plus de 50 mètres de profondeur et qui ressemble étrangement à une pupille… selon les panneaux du moins. Le plus étrange est l’état du site qui, sur des photos antérieures retrouvées sur internet paraissait complètement aménagé, avec petites terrasses sur l’eau et tavernes pour touriste. De tout cela il reste des ruines, des débris et des morceaux de faïences. Un cahot peu compréhensible.

La dernière destination de notre périple albanais se nomme Gjipe et ce sera notre coup de cœur du pays. En effet, c’est une plage de sable fin, orientée vers l’Adriatique et située à la fin d’un canyon de roche rouge-ocre qui offre des voies d’escalade variées, longues et spectaculaires. Le cadre est magique, c’est pourquoi un petit camping de hippies s’y est installé. Peu de monde en cette saison mais le soleil est au rendez-vous, le t-shirt peut même tomber pour grimper. On accède à la plage via un sentier qui offre une vue sur toute la côte sud, la piste étant trop mauvaise pour le camion. Mais ce panorama et le bivouac super juste au-dessus valent bien la marche. On s’y sépare de nos copains qui repartent en stop pour d’autres aventures pendant qu’on profite de cette escalade entre plage et rocher.

C’est sur cette note de soleil couchant, perdus dans un monde merveilleux, l’esprit plein de la générosité et de l’accueil des albanais, qu’on quittera ce pays où 3 jours se sont transformés en 3 semaines pour se diriger vers la Grèce et y vivre le début d’une nouvelle année.

[#10] Voyage au Monténégro où littéralement le pays de la montagne noire

La route qui mène à Kotor est apparemment sublime, elle longe l’embouchure et au milieu 2 îles, dont l’une abrite un monastère bénédictin, et en arrière plan des montagnes. Dommage pour nous, la pluie tombe drue et l’on ne voit pas à 20 mètres. Chaque nouveau pays amène son lot d’excitation, nous partons à la conquête d’un distributeur de monnaie local. Nous n’avons aucune idée de la devise mais comme le Monténégro ne fait pas partie de l’Union Européenne, on se dit qu’il n’y a aucune chance pour qu’il ait l’euro. Quelle surprise de voir que l’ATM ne propose que ça. Logique imparable, la Croatie qui est membre utilise le Kuna alors que le Monténégro qui est rebuté à chaque fois de l’U.E utilise l’Euro… On avouera que c’est plus facile pour compter. On est content de voir que les prix descendent un peu par rapport à chez nous. A quoi nous servirait cet argent si ce n’est pour manger ? Première découverte culinaire, un burek (sorte de tarte feuilletée) fourré à la patate. Efficace.

Les bouches de Kotor sont très réputées et attirent de nombreux touristes. A raison, une fois le soleil revenu, c’est avec notre Ami Sasa, rencontré grâce à couch surfing, que nous partons à l’assaut de la ville. Les remparts sont immenses et courent le long de la montagne. Plaisir de l’hiver l’entrée est gratuite. Heureusement vu l’entretien du lieu on se demande se qu’ils font avec l’argent. Il ne reste que des grosses ruines, sans panneaux indicatifs, des déchets dans tous les recoins, avec des arbustes plasticus, espèce endémique des Balkans. Néanmoins le lieu est incroyable, il est assez fun de faire la boucle, en passant par la zone de droite qui clairement n’est pas très pratiquée et ressemble à une jungle.

Le site d’escalade de Kotor est un beau site en haut de la ville, dans un cirque avec 3 parties : de la dalle facile, du dévers sur colo et une belle grotte bien cotée. Le chemin d’accès est raide et fait son travail d’échauffement. Dommage c’est qu’une fois en haut, les voies sont à l’ombre et que même le bonnet et les gants ne suffisent pas à contrer ce froid.

Un peu plus haut se trouve le fort abandonné de Corazda. L’endroit est super pour y passer la nuit, la tempête sévit autour de nous. Quelle joie d’être en camion, nous avons une pensée pour les vadrouilleurs en tente qui ne peuvent pas camper dans ces conditions. Au matin, nous devenons des archéologues type Indiana Jones des temps modernes, à fouiller tous les recoins sombres de la forteresse. Ce n’est pas restauré mais au moins c’est gratuit.

La route qui suit est connue pour ses lacets bien parallèles entre eux. J’ai très envie de voir ça et nous prenons la route avant la tombé de la nuit pour aller jusqu’au Mont Lovcen, parc national. Plus l’on monte et moins il y a de degrés. Détail auquel je n’avais pas songé. La route est super, le panorama impressionnant mais les Celsius tombent. La neige fait son apparition, sur les bas coté ça va, mais lorsqu’elle se joint au gel sur la route ce n’est plus là même préhension. La nuit est arrivée et il fait déjà -1°C, la route devient, à ce qu’on nous a dit pourrie, et absolument pas déneigée. Un complexe touristique sorti de nul part nous sauve un peu la mise, il n’est que 17h et l’on n’a pas de chauffage. Ce sera une excellente découverte. On y a mangé comme des rois pour pas grand chose. La polenta Monténégrine avec son fromage frais sera à retenter à la maison. Quand au cordon bleu, une escalope fourrée au fromage typique de là bas, Oli s’en rappellera, c’était un sacré gros morceau !

Nous repartons au matin, l’état de la route est bien meilleur que ce qu’on nous avait annoncé et comme il y a des travaux elle a été dégagée. Mais pas jusqu’en haut du Mont à 1800m, où se dresse le mausolée du roi Njegos, fondateur de la patrie. C’est donc sur une couche de neige que l’on roule, sans avoir la possibilité de faire 1/2 tour. Les gardes sont forts surpris de nous voir et nous informent que le mausolée est fermé au vu des conditions exceptionnelles. Zut. On fera tout de même la balade dans la neige d’une 30aine de min jusqu’au pied de l’entrée. Et quelle vue. Le Lovcen est à la rencontre de 2 mondes, celui de la montagne et celui de la côte. Depuis le sommet, tout le pays est magique.

Nous redescendons et partons un peu plus loin pour se faire une randonnée et profiter de la nature du lieu. Plus de 1500 espèces animales et végétales se côtoient dans le parc. On s’amusera comme des enfants à essayer de deviner à quelles bestioles appartiennent les traces dans la neige.

C’est quand même avec une chaleureuse motivation que nous quittons le Lovcen pour le lac de Skardar. Il fait la frontière avec l’Albanie et nous le retrouverons aussi de l’autre coté. Ce lac marécageux habite une faune et une flore exceptionnelles, offre des paysages somptueux. Durant plusieurs jours nous nous baladerons sur et hors sentiers. C’est impressionnant de voir qu’il y a eu un passé plus glorieux à cet endroit, plusieurs hôtels standing avec vu sur le lac sont dans un état de décrépitude avancé.

Nous partons finalement vers la capitale, Podgorica, hébergé chez Ayet notre couch surfeur, d’origine Kurde Irakien. La route est étonnante, plus on se rapproche de la grosse ville de 150 000 âmes, plus la densification se fait, mais uniquement accolée à la route, derrière, des champs remplis de déchets plastiques plutôt que de cultures. La ville n’est vraiment pas très belle, il n’y a pas de centre historique, pas de trottoirs, les bâtiments se composent principalement de barres d’immeubles en piteuses états, c’est une cohue mal organisée et un peu oppressante. Nous avons du passer par la poste centrale du pays pour envoyer nos offrandes de noël, je ne critiquerai plus l’administration de chez nous. Un bordel sans nom règne dans le bureau, des personnes viennent et déposent des piles de lettre-colis directement sur les comptoirs. Personne ne parle anglais mais nous nous faisons comprendre tant bien que mal. On a senti un gros flegme dans chaque office, même privé, où nous nous rendions. Pour une fois le couch surfing chez Ayet est un peu étrange. Le 1er jour il part travailler et ne rentre que bien plus tard que ce qu’il nous avait dit, et le 2eme jour il est resté toute la soirée dans sa chambre alors que nous lui avions préparé un repas. Il s’est excusé par message de son attitude somme toute étrange. Cela nous aura quand même permis d’avoir un canapé et une douche dans cette ville de fou.

Le nord du pays semble sublime avec ses lacs et ses montagnes, l’on reviendra à une autre saison!Nous préférons partir vers le sud et l’Albanie. En chemin, nous nous arrêtons aux chutes du Niagara Monténégrines. Le lieu pourrait être très beau, mais ces déchets gâtent le paysage et irritent les yeux. De plus la présence des ferrailles qui sortent de la structure bétonnée qui donne sa forme à la cascade rend l’ensemble artificiel.

Nous avons aimé l’originalité et la beauté du Monténégro. Ce pays où 2 alphabets cohabitent : le latin et le cyrillique. Qui est paradoxalement le 1er pays à avoir inscrit la protection de l’environnement dans sa constitution en 1992, il leur reste un peu de boulot !

[#Astuces] Roatrip, vantrip ou voyage en tout genre ; les bonnes appli’s à avoir sur son smartphone !

Dans la rubrique « bons plans », voici mes conseils concernant les applications utiles pour voyager.

Petit encart techno-voyage :
Qu’on puisse vouloir être déconnecté en voyage est une volonté toute honorable mais tout de même, certaines app’s pour nos téléphones hypra intelligents sont un vrai comfort entre nos mains ! La technologie nous apporte bien du comfort, et voici un petit résumé des outils les plus utiles :

– Le GPS bien sûr, tout le monde connait, mais ça reste le must. Google en général, Waze si on veut se rappeler des limites de vitesse et savoir où sont les radars en bord de route.

Park4Night, une app au design sobre mais super utile qui regroupe un paquet d’endroits où poser le van, pour le jour avec différent parkings payants ou non, et pour la nuit avec des parkings aussi, certains campings et puis ce qu’on recherche, des spots natures représentés par un petit sapin sur la carte. On y trouve un point GPS, un petit descriptif et puis bien souvent des photos et commentaires qui permettent de se donner une idée de l’endroit. A l’époque on utilisait la carte, puis les images satellites, mais cette app permet de gagner franchement du temps et on trouve de super endroits, et vu que c’est une app communautaire, on rencontre de temps en temps d’autres voyageurs avec qui prendre l’apéro ou lier d’amitié. Partager des récits de voyage et voir du monde, un bon feu et la nuit s’annonce belle. On nous a parlé de iOverlander aussi, mais c’est beaucoup moins complet.

ClimbingAway est une app qui propose également une carte (on aime ça), qui reprend la plupart des sites d’escalade dans le monde entier. Petite description et liens utiles. C’est pas mal si on planifie ses trajets en fonctions des falaises ! Attention toute fois, les infos sont sommaires et les localisations précises parfois erronées.

What’sApp, bien connue aussi mais permet de communiquer à l’étranger sans soucis. On sait bien que le roaming est fini, donc on peut utiliser internet partout, c’est bien. Mais attention aux locaux qui eux, s’ils sont dans leur pays d’origine paient plein pot et c’est pas sympa !

CouchSurfing. Bien connu des voyageurs depuis des années, c’est un site communautaire qui met relation des locaux qui ouvrent leur porte à des voyageurs, et vice-versa. En gros, peut importe comment tu voyages, l’idée est de rencontrer la culture via des personnes vivant sur place et de partager un moment, une soirée, une nuit (ils t’hébergent, je parle pas de services spéciaux hein) ou plus ensemble. Outil essentiel pour les bag-packeurs en stop, étant autonome avec notre van on en a moins l’usage mais on l’utilisera tout de même pour rencontrer des gens, passer de chouettes moments, prendre des douches chaudes et dormir à l’abri certains jours où la météo fait des caprices.

Blablacar, une app de covoiturage qui marche très bien en Europe de l’Ouest et qui est implantée dans un bon paquet de pays maintenant. Française à l’origine (covoiturage.fr) elle permet de partager les coûts d’un voyage en voiture en prenant des passagers. C’est bon marché pour eux, ça dessert des destinations parfois insolites et permet d’amortir les frais transports ! (qui sont les plus importants du voyage en van). Le seul soucis est qu’il faut planifier un peu à l’avance et proposer des trajets intéressants pour avoir du monde. Quand on fait des sauts de puces et qu’on décide à la dernière minute de notre direction, c’est pas vraiment efficace !

Maps.me, encore une app GPS mais qui permet de télécharger des cartes off-line et montre aussi pas mal de chemins de randos. Essentielle pour des pays comme l’Albanie ou le Monténégro où le roaming est encore bien présent et le méga coute 14€ !

ViewRanger est une app développée par Lafuma et je la trouve super pour planifier ses randos. On y trouve une série de fonds de cartes gratuits qui montrent les courbes de niveaux et les chemins de randos. Elle permet de tracker sa progression pour avoir un compte rendu à la fin mais aussi de « dessiner » son parcours avant de le faire pour connaitre plus précisément le dénivelé positif total ainsi que la distance, ça permet de planifier le timing de la course ou la rando ! Pratique aussi quand on est perdu pour redescendre d’une grande voie par exemple.

GPS Status est un petit outil simple mais complet qui montre une boussole, les coordonnées gps, le nombre de lux, l’altitude et super utile pour nous : un niveau qui nous permet de mettre le van bien à plat pour une bonne nuit de sommeil et une cuisson d’œufs au plat équilibrés dans la poêle.

Wikiloc, un peu trop insistant pour proposer des services prémiums mais permet de trouver des boucles toutes faites de rando ou autre sport assez facilement.

SnapSeed, super outil de retouche photo pour smartphone ! Toute mes photos Insta sont retouchées via cette app ! Intuitif et complet.

FuelGr, pour la Grèce seulement, à voir si des app similaires existent ailleurs, donne le prix de l’essence aux pompes des environs. Pour trouver LE bon plan pour fair le plein.

Vertical-Life permet d’acheter des topos en ligne pour les sites d’escalade, c’est payant donc on l’a pas utilisé mais ça peut dépanner. On préfère se débrouiller avec les grimpeurs présents, la communauté facebook du coin ou encore grimper « à la ligne ».

C2C ou Camp2Camp est une communauté de montagnards/grimpeurs/randonneurs principalement français mais avec des infos à l’étranger aussi. Le site et l’app proposent pas mal d’infos très détaillées sur des courses de montagne, des grandes voies, des randos (à pied, à ski, en trail, …).

Tricount qui permet de prendre note de ses dépenses mais surtout de faire l’équilibre avec un groupe lorsqu’on dépense pour d’autres personnes et qu’il faut remettre le compteur à égalité à la fin sans trop s’embêter.

Yr.no c’est peut-être pas la meilleure mais elle me convient en général, donne les infos météo d’heure en heure et pour les prochains jours. Klara est pas mal aussi avec la même source de donnée mais un design plus complet.

TripAdvisor pour savoir ce qu’il faut voir dans les villes, quand on y passe.

Et voilà, comme quoi, on est quand même plein de ressource grace à la technologie, mais la plupart de ces app’s ne fonctionneraient pas sans une communauté active et généreuse ! Merci à elles !

Toutes ces apps sont gratuites !
Ps : cliquez sur les logos pour télécharger les app’s directement.

Si vous connaissez d’autres bons plans, n’hésitez pas à nous les partager en commentaire ci-dessous 😉

[#9] La Croatie, de Zadar à Dubrovnik

Bye bye Paklénica, son environnement sauvage et préservé et bonjour Zadar! Ce qui nous amène dans la 3eme ville du pays est un garage Fiat, le temps est venu de changer la courroie de distribution. Nous dormons à côté du garage pour déposer Pouet Pouet à 7h30. Au doux matin, nous roulons devant une cimenterie aux portes du garage, salopant tout sur et dans Pouet Pouet! Il faut imaginer une bouillie beige bien collante. Pas le temps de nettoyer, nous laissons notre bolide et partons en stop jusqu’à Zadar City, 11km plus loin. Les premières tentatives furent des plus comiques, car les automobilistes ne comprenaient pas forcement ce que signifiait notre pouce en l’air (on a vu des autochtones reproduire notre signe au volant de leur véhicule: Super!). Finalement, on a trouvé une personne à la station essence en se faisant comprendre tant bien que mal car on ne parle pas Croate et il ne parlait que ça…

La vieille ville de Zadar est intéressante. On a beaucoup aimé les vieux chapiteaux romains sculptés qui servaient de soubassement pour la cathédrale… L’Orgue Marine a su totalement nous séduire. Une création génialissime : les vagues chantent. Voici un lien pour plus de détail https://positivr.fr/zadar-orgue-mer-croatie/. Et dommage, on n’a pas vu le miroir coloré en fonctionnement car après seulement 2 ans de service il est déjà en réparation…

Nous retrouvons vers 14h notre cher camion et filons en direction Sibénic. Cette ville n’a de jolie que sa vieille ville au volets verts avec sa grande cathédrale. Malgré leur singularité les villes se ressemblent, nous préférons la diversité de la nature Croate et partons pour le parc National de Krka surtout connu pour ses cascades et ses belles falaises. Elles vont attendre encore un peu, un drôle de bruit est survenu, le moteur a un problème. Au dessus de 50km/h, il n’a plus aucune puissance, déjà qu’en temps normal c’est pas la folie! Après quelques coups de téléphone, on fait 1/2 tour pour Zadar qui est à 2h daller-retour. Le problème est réparé le lendemain en 15min, un tuyaux n’était pas branché (caché derrière la boue ou vengeance?). Ouf ce n’était qu’une petite erreur. Et on retourne à Krka mais par les terres cette fois. Il y a un monde entre la jolie côte Croate et l’intérieur du pays encore ravagé par la guerre. De très nombreuses habitations sont abandonnées et l’on voit encore les impacts de balles dans les murs.

Nous traversons le parc et arrivons sur le site, qui propose aussi une tyrolienne en libre accès. 1150m en 2 longueurs. Oli a justement une poulie pour ce genre de «jeu». Il se lance bravement pendant que je me fais le tour des gorges, le point de retrouvaille est aux voies d’escalade. Ma balade est super. Arrivé au pied des voies, je vois Mister Oli au loin qui boite. Il y avait un obstacle à la fin de la tyrolienne… Pas d’escalade pour nous aujourd’hui. Heureusement il a très vite récupéré le gaillard (et appris une petite leçon).

Le lendemain à l’aéroport de Split, nous récupérons Luc. Un belge Flamand, qui a vu l’annonce de regroupement d’escalade, et qui a eu envie de tenter l’aventure pour 10 jours avec nous. Nous avions donc à cet effet créer une chambre d’ami dans le van (avis aux amateurs!). Après un café, nous filons direct du coté de Brela pour pratiquer des voies «faciles» en tête. Là-haut, nous trouvons une cabane avec table, chaise et un âtre pour le feu. Parfait pour y passer la soirée réchauffés (et enfumés) par notre brasier à discuter et à jouer.

Le 2ème jour, c’est un peu plus loin à Vrulja que nous partons sur un site de petites grandes voies (4 longueurs max) avec notre 1er 6a en tête avec Luc.

Pendant que nous grimpons à la colline de Marjan à Split, Akira, Anoko et Onoka (leur petite de 2ans), les amis Japonais d’Oli avec qui nous avions passé le w.e près de Trieste en Italie, nous ont rejoins. Au programme: de l’escalade, des visites et malheureusement de la pluie!

Le site qui nous aura le plus marqué est celui de Perun, perché en haut de Split, la marche d’approche est en elle seule mémorable. 40min de marches, mais sans escalier, avec un beau dénivelé! Nous sommes aussi retourné dans le parc de Marjan avec une vue imprenable sur la mer. Je n’avais jamais vu autant de merveilleux couchés de soleil avant… Surtout l’après quand l’orange-rouge qui s’étire en bleue métal va se perdre derrière les îles devenues noires alors que la mer est bleue argentée.

Heureusement Split est une très chouette cité avec sa vieille ville, son marché, sa pizzeria underground car la météo a été bien humide par la suite. Mais c’est avec bonne humeur que tout le monde a pris ce déluge. Nous étions tellement habitué à voir des bâtiments vides que lorsque nous sommes retourné dormir près des berges, nous avons été fort surpris de voir que la boite de nuit accueillait des jeunes; eh oui on était vendredi soir.

Nous déposons tout ce beau monde à l’aéroport après des supers moments passés ensemble. Effet super positif du passage de Luc: à partir de maintenant je monte en tête (les voies faciles hein!!).

Attention voici la rubrique des Petites astuces de Radin-Malin : aller là où une île est la plus proche du continent. Nous descendons donc à Marksaka pour gagner quelques Kunas du ferry. Nous abordons sur l’île d’Hvar où pullulent des falaises. Nous allons chez Annie, notre couch surfeuse, même si l’on ne dormira ni se lavera chez elle. Annie vit comme «à l’ancienne», cette américaine de 68ans un peu hors norme, fan de yoga pour mon plus grand plaisir, vit sur son île depuis 15ans, mais depuis peu elle doit quitter le territoire tous les 3 mois. Nous ferons chez elle, dans cette auberge de Couch surfeur, une rencontre qui bouleversera la suite de notre voyage: je nomme Rémy «El Gros» et «La belle» Anaëlle (surtout depuis sa nouvelle coupe de cheveux). Partis depuis plusieurs mois en direction de la Chine, leur moyen de transport est le stop (sauf quand Rémy est trop fatigué ou qu’ils nous rencontrent :). Vous pouvez suivent leur périple sur https://www.tracesmondeetmerveilles.com/

Une belle falaise nommée Suplja Stina est privée, avec entrée payante. On s’est dit que c’était pour l’ouverture de nouvelles voies, donc ok on participe. Pas sure qu’on est bien fait! C’était voies sur voies, genre tous les 80cm mais pas équipé «sérénité» dans les longueurs (j’ai tellement eu peur en tête que je suis redescendue). Heureusement le lieu était magnifique, avec les pieds dans l’eau et encore un p’ti couché de soleil. Pour les autres sites, il y a Milna avec un rocher très abrasif et Vela Stiniva, près d’un mini village portuaire, et sa belle grotte.

Bien dommage pour nous, la météo s’annonce déchaînée pour les prochains jours. Nous fuyons un peu plus vers le sud en embarquant nos 2 alcooliques à bord. Nous les déposerons à Neum en Bosnie avant d’aller en Croatie. Vous avez bien lu. La Bosnie coupe sur une 10aine de km la Croatie. La tempête fait rage plus au nord, La neige nous gèle l’envie d’aller à Sarajevo… On va rester longer notre chaleureuse côte. Prochaine étape: La belle Dubrovnik, ou devrait on l’appeler la ville de Game of thrones? C’est 25 balles le tour les remparts!(A votre avis, on a fait le tour??! Cadeau surprise à la personne qui donne la donne réponse!). Ça faisait longtemps que l’on n’avait pas vu autant de Chinois. La ville forteresse est vraiment très impressionnante mais après avoir fait des zig-zag dans les ruelles et achetés nos légumes au marché, on repart pour des falaises.

Les 2 dernières de Croatie: Zarkovica, où Oli a enchainé un 7a à vue en criant un peu quand même, et Konavle. Alors que j’étais en train d’imaginer ce que l’on pourrait faire ce soir, alors que nous étions en train de nous garer près du dernier site, un énergumène sort de chez lui et l’on entend «Belgium, Belgium I love Belgium! Come at my place, drink a coffee» Il y avait déjà 2 allemands et leurs 2 enfants (3,5 ans et 6 mois). Nous passons un apéro des plus folklo. Notre hôte, un père de famille, marié qui travail, est un croate très accueillant qui aime rencontrer de nouvelles personnes. Tout simplement. Nous les laissons manger en famille après ce super moment complètement inattendu et retrouvons les allemands qui eux aussi sont en van, un Volkswagen T4 (c’est moins grand que le notre), avec la cuisine qui sort à l’extérieur, un grand lit pour 4. Comme quoi tout est possible…

Avant de nous rendre sur le site, on fait une petite balade en empruntant l’ancien tunnel du train reconvertit en itinéraire cycliste, 400m de noir où le gros berger Allemand de notre hôte de la veille a peur et se met a pleurer si on ne l’attend pas. Les chauves souris tapissent le plafond. S’en suit une marche d’approche très paumatoire et nous arrivons au site d’escalade qui est très sympa, avec une belle vue sur l’aéroport. (On voit que ce n’est pas Oli qui parle des sites d’escalades par lesquels nous passons^^).

Nous avons beaucoup apprécié la Croatie. Pèle mêle : On a adoré que lorsqu’on demandait aux Croates s’ils parlaient anglais, la majorité répondait «yes of course» alors que la suite de la conversation prouvait le contraire. Dommage qu’architecturalement parlant ils bétonnent leur côte et abandonnent complètement l’intérieur du pays. On remercie la loi qui interdit de fumer dans les bars chez nous, car qu’est ce que ça pue ici. La sauce rouge «ajvar» est un vrai délice. Et les couchés de soleil n’en parlons plus! Le pays est très faiblement densifié, et sa nature y est fort présente avec son caractère pour notre plus grand plaisir.

Prochain stop au Monténégro…