[#16] Bulgarie, Serbie, Hongrie, Autriche, Allemagne, Maison. Retour aux accents divers.

  1. Grèce

Notre retour sur le continent coïncide presque parfaitement avec notre date de retour, à un mois près. En effet, nous avons décidé de rentrer en Belgique début avril, pour diverses raisons, ce n’est ce que pour préparer un futur voyage ?

Il nous reste donc un mois pour remonter d’un des points les plus méridionaux de l’Europe jusqu’au pays des frites et des bonnes bières : déjà des arguments de choix pour vouloir rentrer rapidement n’est-ce-pas ?!

Un mois, c’est une durée décente pour la plupart des gens qui prennent des vacances, mais pour nous, comparé au rythme adopté jusque là pour nos vagabondages, ça semble rapide ! C’est tout de même 8 pays que nous devons encore traverser. Faites les maths, ça ne laisse pas tellement de temps à chaque endroit ; et l’on sait d’expérience que chaque pays recèle de secrets et de découvertes pour des mois, voire des années d’exploration.

Bref, ça c’est le programme mais début Mars, nous sommes encore en Grèce et entamons notre route au Nord. D’Athènes que nous quittons au plus vite (fuite de la grande ville) nous passons par le site antique de Delphes avant de tracer jusqu’à Thermopyles où nous profiterons des eaux sulfatées aux températures exquises.

Montée vers le Nord ensuite vers un des sites les plus magiques que nous avons rencontré, un endroit de recueillement, un lieu culte pour sûr, et un paysage où l’escalade est reine depuis des décennies : les Météores. Imaginez-vous (ou regardez les photos) sortir d’une plaine pour découvrir des tours de roches agglomérées qui s’élancent vers le ciel, pures et nues pour certaines, mais chapôtées d’un monastère pour d’autres. Solution efficace pour se protéger des menaces, recherche d’ascension au plus près du ciel et isolement certain pour ces moines-grimpeurs qui ont construits ces édifices impressionnants. Certains sont plus accessibles que d’autres, beaucoup sont tombés en ruines mais une belle série continue d’être en activité. Les plus impressionnants sont ceux qui n’avaient d’accès que via leur « ascenseur » activé à main d’homme. Les premiers à commencer les travaux devaient être des grimpeurs, c’est sûr. La légende raconte que la corde de l’élévateur était changée uniquement lorsqu’elle cédait : la vie ne tient qu’à un fil…

Lieu historique de cette pratique, les Météores ont accueilli des grimpeurs depuis longtemps et plus particulièrement dans les années 80/90 lorsque l’escalade est devenue un sport à part entière. Ça tombe bien, c’est pour ça qu’on est là. Quelques jours sur place avec une météo divine nous on permis de faire quelques belles ascensions. La grimpe n’est pas très exigeante au niveau technique, mais bien au niveau mental : on grimpe sur un conglomérat de galets de différentes tailles qui nous permettent de progresser. Leur solidité apparente n’est pas rassurante, mais en général, ça tient. L’escalade est plutôt dalleuse (comprendre en inclinaison positive, donc reposante) et peu physique mais les points des voies équipées ne sont pas en surplus. En gros, ça engage facilement 5-10 mètres entre les points, et pas grand-chose pour placer entre, on a vite laissé le rack au camion. Pour toutes ces classiques, la chute n’est pas vraiment une option. Ceci dit, cet engagement contribue à la magie de cette escalade dans une ambiance sacrée, une grimpe méditative et l’accomplissement d’un sommet en haut de chacune des tours. Un coup de chœur, vraiment. Un paradis pour les grimpeurs, mais enchanteur pour les randonneurs aussi.  

Quelques jours plus tard, nous devons continuer la route, timing oblige. Notre dernière destination hellénique sera Thessalonique. Dernière grande ville du côté de la Turquie, port de la Méditerranée, entrée vers l’Europe. C’est une ville qui accueille un grand nombre de réfugiés, par choix ou pas, c’est selon. Dans tous les cas la ville s’est vue transformée par l’arrivée de cette nouvelle population. Nous arrivons un jour de fête et profitons donc de la journée pour aller flâner sur les quais. L’exploration aurait pu être sous une meilleure aura car nous ne nous sentons pas à l’aise dans cette ville. Tout d’abord car, à peine garé, le temps de chercher un pull à l’arrière du camion, j’en ressors pour découvrir un type monté à l’avant et fouillant la cabine à la recherche de pièces. Je le fais sortir et il aura encore l’audace de me demander de l’argent ! Cet incident associé au fait que personne ou presque ne porte son sac à dos dans le dos, mais bien sous le bras nous fais ressentir un sentiment d’insécurité. C’est dommage que la recherche d’opportunité de certains nuise à la réputation de tant d’autres.

  1. Bulgarie

Il est temps de passer la frontière Nord du pays, et d’arriver en Bulgarie ! Pays européen depuis peu, un des derniers du lot, mais qui garde une réputation peu flatteuse : mafia, pot-de-vin, pauvreté et corruption. C’est le pays le plus pauvre de l’Europe semble-t-il et en effet, en zone rurale, les prix sont presque équivalents à ceux de l’Albanie : « c’est pas cher ». Les campagnes gardent cet aspect rustique d’antan, celui de ces endroits où le temps semble s’être arrêté par manque de moyens, avec une certaine beauté intrinsèque cependant.

Notre première halte aura des arômes de raisins fermentés. La région de Melnik est connue pour ses vins que nous gouterons sur place avant d’emporter quelques bouteilles.

On y visitera ensuite un très beau monastère sur la route vers la capitale. Le temps étant maussade, pluvieux et froid (Sofia est la capitale Européenne la plus haute en altitude) nous gouterons une belle spécialité à base de pâtisserie et chocolat chaud épais et visiterons un des plus grands musées de la ville. Hébergé par un serbe installé ici, nous apprenons pas mal de choses sur le pays, le gars est super sympa et nous sommes bien contents de passer les nuits au chaud ! Un fait marquant de la ville, qui a été bien plus prospère jadis au vu de ses bâtiments, est le parc automobile : le nombre de grosses BMW X6, grosse Mercedes classe E et autres bolides à 100 000€ ne colle pas avec l’économie du pays ! Il semblerait que le bulgare de base s’endette à vie pour se payer une voiture-image qui lui donne un air viril et de réussite.

Une petite randonnée dans les alentours, pieds dans la neige et nous voilà partis vers le Nord du pays qui offre quelques beaux sites d’escalade que nous voudrions découvrir. Le « Petzl Rock Trip » y est passé quelques années auparavant et leur vidéo nous donne envie. Ils avaient parcouru deux sites, nous irons voir le premier qui est impressionnant mais pas en condition à cette période : Prohodna . Une grotte, ou plutôt un tunnel souterrain, ouvert aux deux extrémités vers une cavité d’une cinquantaine de mètre de haut. Assez-magique par sa prestance, et parcouru des touristes qui viennent admirer les deux fenêtres sommitales qui apparaissent comme des yeux au plafond. Figure divine semble-t-il.

Ensuite, nous irons vers « Vratsa », qui veut dire la porte en bulgare. En effet une chaine de montagne calcaire qui se rétracte en forme de V autour d’un cours d’eau qui permet de passer d’un côté à l’autre, d’une vallée à l’autre. Niveau escalade, il y’a de tout : du sportif, du trad, de la couenne, de la grande voie, de la dalle et du dévers. Un beau panel qui en fait le site le plus réputé du pays. On y rencontrera un couple de bulgares super sympas (ce qui n’est pas un adjectif commun à tout le peuple) avec qui nous partagerons des astuces, des histoires et un bon feu de camp.

Enfin, avant de quitter le pays nous ferons halte à Bozhenitsa, site plus modeste mais carrément génial. Et pour cause, c’est du grès ! J’adore cette roche, et l’escalade (couenne) y est sportive, aérienne et sculptée : tout ce que j’aime. Un peu comme Berdorf pour les connaisseurs, mais en 5 fois plus grand !

  1. Serbie

Frontière de l’Europe à nouveau, la Serbie n’en fait pas partie, elle est sur la liste des candidates depuis de nombreuses années mais, selon nous, plus avancée économiquement et au niveau des infrastructures que la Bulgarie. Une certaine position vis-à-vis du Kosovo bloque son entrée dans l’EU. Les files de camions à la douane sont le signe d’un passage difficile entre ces pays limitrophes mais séparés par ces nouvelles frontières. Nous sommes d’avis qu’ils devraient pouvoir accéder à la Zone, historie Kosovare résolue cela-dit.
Un pays intéressant, au niveau topographique d’abord, géologique même avec notre première halte aux portes de Vratna, d’immenses ponts de roche se succédant, plafonds de grottes effondrées à nouveau comme en Bulgarie mais ici pas de tunnels, juste ces portes vers la forêt. Joli ! Pas étonnant qu’un tel site soit devenu le lieu de création d’un monastère. Content d’autant plus que nous y sommes arrivés par hasard, suivant un panneau au détour d’un virage.

Deuxième et la plus magnifique de ses prestations géographiques : le cours du Danube qui fait frontière avec la Roumanie (avec l’Europe). Ce fleuve s’écoulant de l’Allemagne à la mer morte est un des plus longs d’Europe et parcourir ses berges est un réel plaisir. En Serbie il prend des tournures exceptionnelles grâces à des gorges étroites et profondes. Magnifique paysage à découvrir à la marche, à vélo ou peut-être bien au fil de l’eau (projet futur ? en tout cas la descente de l’entièreté du fleuve doit être une belle aventure !). Anecdote amusante, nous captions le réseau Roumain (EU) depuis les berges du côté Serbe, pratique pour communiquer mais par contre le fuseau horaire n’est pas le même, plutôt décalé comme histoire !

Pour se promener dans les zones protégées autour du Danube, il faut être accompagné d’un Ranger. L’accompagnement est gratuit mais l’entrée dans le parc est payante (5€ si je me souviens bien). On tente l’expérience, malgré le fait que payer pour aller se promener est un peu contre nos principes, on prend le gars et lui demande quelle rando serait la plus belle. Il nous propose un point de vue qui serait un des plus beaux et c’est parti. Bon au final, c’est une « rando » d’1.5 km sur un sentier supra balisé… on aurait probablement pu se passer de lui mais il parait qu’il y’a des caméras qui surveillent, et puis on en a profité pour lui poser plein de questions sur son pays, intéressant tout de même. La vue valait le coup malgré tout (malheureusement, on ne peut pas laisser le Ranger dans les bois, il faut le ramener à sa base, ça nous aurait éviter un aller-retour).

Le long du Danube, de ce côté ont également été retrouvées des ruines, des restes et des fragments d’une civilisation qui serait la plus ancienne d’Europe.
Un musée, intéressant également pour son architecture, retrace ces découvertes et reconstitue le village-archéologique ou plutôt le campement qu’ils ont pu dénicher. Reconstitution car le camp original est aujourd’hui enfui sous les eaux du Danube faisant suite à la création d’un de ses barrages. L’appellation de Lepenski Vir est à retenir et vous pouvez même visiter le musée en ligne : www.lepenski-vir.rs . Plus de 9000 ans avant notre ère !

Plus haut sur les rives du Danube, là où il se calme, s’élargit et où les gorges acérées font place aux champs et prairies, nous avons rendez-vous avec notre Couchsurfer du jour à Smederevo, petite ville-arrêt avant la capitale, histoire de passer la nuit dans un endroit plus calme. La ville est sympa, le château fort impressionnant, faut dire qu’ils en ont pas mal des forts de l’époque, c’est d’ailleurs l’attraction principale de Belgrade où nous irons passer la journée suivante.

Ce château, ou plutôt cette énorme forteresse abrite le Zoo hypra-bondé (on est juste passé devant les grilles et la file) mais aussi des musées, des cafés et choses très agréables : de nombreux espaces verts ouverts au public avec ou sans vue sur le Danube (encore) et sur le reste de la ville. C’est vraiment un lieu appréciable, on a beaucoup aimé. Et encore plus grâce à la surprise découverte dans l’enceinte la plus protégée : des grimpeurs. Eh oui, même si les rochers Serbes ne font pas légion, les locaux ont trouvé de quoi s’amuser. Traversées le long des murs (un peu comme au Cinquantenaire de Bruxelles) mais également moulinettes installées depuis les remparts, plutôt sympa comme salle !

Le reste de la ville est assez beau aussi, on retrouve une architecture d’un âge d’or un peu passé, mais avec une richesse plus marquée encore aujourd’hui qu’en Bulgarie. On pressent que notre remontée vers le Nord s’articule autour d’une remontée en prospérité, les prix en témoignent. Quartiers touristiques et ville bondée, c’est joli mais ça reste une grande métropole, pas notre tasse de thé.

La fin de notre périple en Serbie ce sont des parcs nationaux où camping et feux de bois sont bien vus et la ville de Novi Sad. Le nom pourrait faire écho car c’est celle-ci qui a subie les assauts de l’OTAN en 1999. Plusieurs mois de bombardements détruisant les ponts de liaison entre les rives du Danube mais aussi une bonne partie de la ville. Bombardements incessants jusqu’au retraits des troupes Serbes du Kosovo. Un ultimatum peu convivial dont la population se souvient encore. On en a rencontré et l’incompréhension d’un tel acharnement reste bien présent dans les esprits. On visitera notamment une exposition célébrant les 20 ans de cet anniversaire.  

C’est sur cette note d’un souvenir plutôt sombre que nous passerons la frontière vers le pays suivant.

  1. Hongrie

La Hongrie, on la speed, à nouveau on est pressé par cet ultimatum qu’on s’est fixé. Et puis, on se dit que quitte à devoir avancer rapidement, autant le faire vraiment, il faudra revenir pour faire honneur à ces pays qui ont beaucoup à offrir. C’est aussi le cas de la Roumanie qui nous appelle par ses paysages attrayants. Ce sera pour un prochain voyage !

La Hongrie est un pays intéressant d’abord par sa géographie : la plus grande pleine d’Europe. En gros un énorme plateau plat entouré de montagnes qui forment ses frontières. Ensuite par sa langue qui n’a rien à voir avec ses voisines. Les seules racines communes avec le Hongrois ont été dénichées de l’autre côté de l’Astral dans un recoin de la Sibérie. Un peuple fuyant l’hostilité du grand nord il y’a plusieurs centaines d’années et s’établissant dans ces terres fertiles. Géographie encore avec le nombre de sources thermales parsemant le pays, près d’un millier. Une plaine aux souterrains volcaniques ! Et quel plaisir de se baigner dans ces eaux à température plus qu’agréable ! Ce sont d’ailleurs ces eaux thermales qui offrent la première attraction de BudaPest, capitale où l’architecture Austro-Hongroise témoigne d’une histoire prospère et riche. Une ville qui en regroupe deux : Buda et Pest, chacune d’un côté du … Danube ! Ici les prix sont à l’instar de l’Europe, on est clairement dans une ville touristique visitée par des vacanciers de tous horizons. Fini les restos pas chers et les courses à deux sous. Un petit site d’escalade aux alentours de la ville et une baignade dans un bain hypra local et nous revoilà déjà à la frontière suivante.

  1. Slovaquie

Un passage en Slovaquie, ou plutôt une incursion car nous n’avons pas le temps de visiter le pays et ses beautés. Uniquement un détour express d’un côté du Danube à l’autre. Le fait de rester en Union Européenne nous rappelle que la libre circulation est tout de même une belle avancée. Nous irons jusqu’à Bratislava pour y découvrir une toute petite capitale aux airs de ville de province malgré son architecture riche. Elle aussi accolée au Danube et surmontée d’un château, plutôt renaissance ici, et qui offre de belles perspectives sur les environs.

  1. Autriche

Qui dit retour vers son pays signifie pays déjà traversé. En effet retour en Autriche, mais bien loin cette fois-ci du Tyrol et de ses montagnes, nous sommes à l’Est ; plaines et forêts. Notre seule halte sera la capitale de Vienne dont nous avons entendu beaucoup de bien.

Première surprise fort agréable et pratique : un parking trouvé grâce à Park4Night (voir l’article sur nos applis : ICI ). Ce parking est interdit la semaine car utilisé par les « grands de ce monde », ministres et parlementaires, mais lorsqu’ils sont en weekend, il est ouvert au peuple, gratuit et toléré la nuit pour les campers ! Vous ne trouverez pas une chambre meilleure marché et aussi bien placée dans toute la ville, c’est garanti ! Bon le hic reste au niveau toilettes car les hordes de chinois se lèvent tôt et les fêtards citadins se couchent tard. Les lampadaires n’aident pas à l’intimité mais un musée aux abords sauve la partie.

La ville est agréable de nuit comme de jour, nous la visiterons des deux façons. Un centre historique ultra-dense historiquement, parsemé de parcs et de jardins où les habitants viennent pique-niquer. Une ville active le long d’un fleuve que nous commençons à connaitre…. Avec ses berges artistiques, ses rues commerçantes son mélange d’architecture renaissante et contemporaine et ses activités. On tombera sur un festival mettant à l’honneur les deux roues non-motorisés (les vélos quoi) dans toutes leurs formes : BMX, vélo de ville, électrique, sportif et plus impressionnant le vélo freestyle avec deux pistes de sauts. Décors de cathédrale pour des acrobaties aériennes. La quantité de musée est impressionnante et nous recommandons tout particulièrement le musée du Meuble, pas le plus médiatisé mais un des plus riches.

J’aurais presque pu passer le chapitre escalade car le Tyrol est clairement une région plus riche pour notre sport mais Vienne a quand même réussi une belle mise à l’honneur de ses hommes-araignées en transformant une de ces anciennes batteries anti-aérienne ( Flaktürme ) datant de la seconde guerre en mur d’escalade géant. Ces structures hypra-impressionnantes, gratte-ciels de béton aux allures de palmiers appartiennent à un patrimoine à la fois terrifiant et passionnant. L’intérieur de celle-ci a été aménagé en aquarium alors que ses murs extérieurs sont parsemés de prises.

  1. Allemagne

L’Allemagne, on y passe plus car c’est sur la route que par choix, on connait un peu et puis c’est moins exotique. Petites haltes intéressantes cependant, tout d’abord à Nuremberg pour une petite promenade printanière dans cette belle ville à l’architecture authentique.

Aux alentours de la ville, le « Zeppelin », site datant de la deuxième guerre, création du Führer envers sa fierté personnelle témoigne de cette période historique. Le site servait de rassemblement pour les discours d’Hitler et les proportions sont juste hallucinantes. L’ensemble du site n’a pas été terminé mais les traces persistantes permettent de se rendre compte des ambitions titanesques de ce despote. Big up pour le musée qui regorge d’anecdotes historiques.

Nous ferons une dernière escale à Wiesbaden, ville un peu huppée en bordure de Francfort. Nous y serons hébergé par Alberto, un ami avec qui j’ai beaucoup grimpé en Espagne quand je vivais à Madrid. Vraiment chouette de se revoir, de visiter sa petite ville ensemble, et un très bon timing car deux semaines plus tard il déménageait à Lyon ! La prochaine rencontre se fera plus au Sud. Nous avons profité de ses topos pour aller grimper un peu dans le coin, petit secteur à l’allemande, sur un gré assez exigeant mais plutôt sympa !  

  1. Hollande

Bon… la Hollande c’est pour avoir un point 8. car en réalité c’est juste l’autoroute qui passe d’Allemagne en Belgique, on a dû y rester une demi-heure sans même s’arrêter.

  1. Belgique

Retour au bercail, après 9 mois sur les routes d’Europe, un voyage qui s’est enrichi au fur et à mesure, qui était un projet personnel tout d’abord et est devenu une aventure partagée. Un voyage qui nous a permis de découvrir que l’Europe tant géographique que politique regorge de différences et de richesses (matérielles ou humaines). Un voyage plein de rencontres, plein de paysages, plein les yeux en gros.

Un voyage qui nous a donné soif, soif de plus et qui nous a ouvert les yeux sur des possibilités que beaucoup refoulent pour des raisons plutôt futiles en général. Cette soif nous la nourrirons dans les mois qui suivent avec des voyages plus courts chacun de son côté, Athé en Inde et moi en Norvège. Et puis, c’est officiel, nous avons pris nos billets et l’aventure continuera en Septembre direction l’autre bout du monde : l’Australie !

A suivre donc. Ceci n’est pas une fin mais un commencement.

[#4] Imst et Innsbruck au cœur du Tyrol autrichien

Bienvenue dans le Tyrol autrichien, notre route nous menant finalement vers l’Est à travers l’Autriche. En cherchant notre chemin, deux villes attirent mon attention sur la carte. Il s’agit d’Imst et d’Innsbruck, toutes deux accueillants une manche de la coupe du monde d’escalade ( IFSC, international federation of sport climbing) tous les deux ans. 

Le renom de ces deux cités nichées entre les hautes montagnes des alpes orientales s’explique dû à leurs impressionnantes structures artificielles offrant de superbes outils pour les compétitions internationales et des photos bluffantes au milieu des montagnes, c’est ça qui m’a fait m’en souvenir. 

Nous voilà donc en route vers Imst, où on ira voir le mur d’escalade extérieur du centre sportif mais ce sont les montagnes environnantes qui nous attireront le plus. Tout d’abord du côté d’Hocht-Imst, petite station de ski peu fréquentée en cette saison mais qui bénéficie, en plus d’un superbe panorama sur la région, d’un grand nombre de falaises. C’est le site de Reithle qui retient notre attention, de beaux petits rochers au milieu d’une forêt verdoyante. On grimpe mi-bloc mi-voie sur divers rock dispersés dans les bois, maximum 8 mètres mais bien costaud dans les niveaux ! Tout est au sud et facilement accessible, parfait pour la saison. Ceci dit en plein été, il y’a bien plus à explorer plus haut !

Petite astuce si vous voulez grimper/randonner/faire des via-ferratas/etc dans le coin, un site et une appli assez bien foutus renseignant tous les itinéraires et topos de la région (site bilingue mais appli uniquement en allemand) : https://www.climbers-paradise.com

Depuis notre site de bivouac, et depuis la route qui nous a mené vers Imst, on ne peut s’empêcher d’admirer une pointe se dessinant dans le ciel en face de nous, ce sommet nous attire et nous appelle. C’est ainsi que le soir même nous décidons de dormir au pied du Tschirgrant et de le gravir dès le lendemain ! 

Un super sommet qui culmine à 2370m d’altitude, qui peut se gravir en effectuant une boucle depuis le refuge Karröster Alm accessible en voiture. C’est un peu moins de 1000 mètres de dénivelés sur des sentiers magnifiques, surtout la fin le long de la crête sommitale. Le sommet n’est en effet pas une véritable pointe mais la fin d’une longue colonne vertébrale s’élevant depuis Motz jusqu’à Imst. Une vue sur toutes les vallées environnantes jusqu’à notre prochaine destination : Innsbruck !

Après ce beau sommet direction la capitale du Tyrol Autrichien : Innsbruck ! Une ville d’une autre ampleur que celle que nous avons quitté et après une route parsemée de petits hameaux et de prés de vaches nous arrivons à cette cité riche en patrimoine datant de l’Empire des Habsbourg. Son symbole est ce petit toit en tuiles de cuivres dorées qui fait la fierté de la ville mais qu’on a pas trouvé plus exceptionnel que les toitures surmontant les colombages des maisons de la Petite France à Strasboug. La ville cependant est sympa et on peut y trouver, parmi d’autres enseignes de tout genre, un magasin Swarovski qui fait le bonheur des touristes chinois et de ses gérants du même coup j’imagine. 

C’est bien beau le centre ville mais le bâtiment le plus exceptionnel à mes yeux réside un peu en périphérie, il s’agit bien sur du « SillSide » ou encore « Kletterzentrum Innsbruck » ; eh oui cette nouvelle « salle » ou plutôt ce nouveau complexe dédié à l’escalade sous toutes ses formes est vraiment impressionnant et inspirant ! Construit en 2016 ou 2017, et donc tout neuf, c’est la plus grande salle d’escalade construite en une fois au monde ! Plus de 5000m² de grimpe, avec 500 voies et 200 blocs ; bref c’est du lourd ! 

Ici on a des voies, du bloc et de la vitesse en intérieur, histoire
de s’abriter les soirs et en hiver, et en extérieur, pour profiter de la météo et de l’environnement montagneux. A l’intérieur on trouve aussi une salle de muscu, une zone enfant et un café avec vue sur les grimpeurs. Un super endroit pour passer une grosse journée d’escalade ! Le ticket est un peu cher (13.5€) mais valable toute la journée, avec sorties possibles du centre. Pourquoi ne pas faire une session le matin et une le soir pour profiter des différents espaces ?
De notre côté on a bien profité du bar et du wifi, puis du mur intérieur pour s’échauffer avant d’aller se dorer au soleil à l’extérieur ! Très bien ouvert avec des voies dans tous les niveaux c’est une salle qui est conçue pour être adaptée à l’aire de l’escalade 2.0. On trouve ici de tout pour les grimpeurs occasionnels jusqu’au pros, et le must, c’est cette esplanade qui offre un espace pour les spectateurs des compets hauts niveau face à un mur vraiment grandiose ! 
Bref, j’ai été conquis, ce qui explique cette entorse qui nous a fait grimper sur de la résine après trois mois de cailloux ! 
Il faut dire aussi que le site le plus proche en vrai rocher est celui de la Martinswand, non pas le Granit de celle des Vosges mais bien cette grande barre de calcaire bien poli face à l’autoroute ; c’est bien rare, mais sincèrement, la salle d’escalade nous a donné plus envie d’enfiler nos chaussons ! Et point positif et déterminant pour nous, celle-ci avait des douches chaudes… 

On a quand même fini notre séjour dans la région en faisant la via ferrata de l’empereur « Kaiser Max Klettersteig », beau panorama mais vraiment vraiment patinée, il faut tirer sur les « cables » qui sont en fait des tiges rigides pour parcourir les dernières sections bien physiques, s’élevant au-dessus de la route avec encore le bruit des camions bien présent. Sympa mais sans plus, d’autant que le retour oblige a marcher sur la route après avoir surplombé une carrière en exploitation. 

En conclusion, un très chouette passage dans une région qui offre au grimpeur et au montagnard de quoi s’amuser, autant en altitude qu’au plancher des vaches grace aux complexes impressionnants que les Autrichiens ont acquis ! Pas étonnant avec des outils pareils qu’on ait retrouvé cette année (2018) deux autrichiens sur les premières places des podiums d’escalade de difficulté des championnats du monde (Jakob Schubert chez les hommes et Jessica Pilz chez les femmes).