[#3] De l’Ouest vers l’Est ; de Pen-Hir au Liechtenstein en passant par Fontainebleau et le Kronthal.

On a vu la France de long en large, des Alpes aux Pyrénées ; de Biarritz à la Bretagne, il est temps de se diriger vers les Balkans qui sont quand même la destination phare du voyage !

Pour se faire, route rapide de l’extrême Ouest à l’Est. Quelques étapes tout de même sur la route, histoire de faire le plein de baguettes, de bérets et de jus de raisin. Bien entendu, pour tout grimpeur qui se respecte, les étapes intermédiaires se feront sur des sites d’escalade. Nous voilà donc à traverser la France en compagnie de divers covoitureurs. 

Petite halte d’une journée au paradis du Bloc, Fontainebleau bien sur ! Quelle surprise d’arriver ici de nuit et de trouver dans un parking choisi presque au hasard, une bonne quinzaine de vans allemands, suisses, belges ou hollandais, la haute saison à Bleau, c’est pas l’été ! 

On en profite pour grimper quelques circuits faciles, pas de crash-pad (je l’ai laissé à la maison, c’est encombrant ce truc) du coup on fait des blocs plutôt simples dans lesquels Athé apprend le fameux « claquage » du rocher et les sorties gracieuses sur plats. 

Seconde halte en Alsace, l’occasion de dire bonjour à la famille et de profiter du gré rose des Vosges au Kronthal (7a à vue wouhouu, ça faisait longtemps). 

On traverse la Suisse sans s’arrêter, trop de tentations ici mais aussi des montagnes qui commencent à refroidir sévèrement en altitude. 

Notre objectif du jour : Le Liechtenstein ! Eh oui, après l’Andorre, pourquoi ne pas aller visiter cet autre pays Européen qui reste une destination non conventionnelle et une croix à cocher dans la liste des pays. Ici, l’idée est de gravir le Vorder Grauspitz et ses 2599m. Depuis mon ascension de l’Aneto (sommet culminant des Pyrnénées) et du Comapedrusa (celui de l’Andorre), je me suis fixé l’objectif de gravir le sommet le plus haut des pays qu’on traverse. La France et l’Italie, c’est fait il y’a 5 ans déjà avec le Mont Blanc. La Suisse, c’est déjà foutu à cette saison car un 4000 sans acclimatation et dans le froid, c’est un peu rude en sortant les pieds de l’Atlantique ! C’est peut-être pour ça qu’on s’y ai pas arrêté…
Bref, grosse recherche d’infos car même si le sommet est modeste, il n’a pas de chemin tracé jusqu’à sa pointe, on ne trouve pas grand chose concernant son ascension mais finalement une route est envisageable et on passera la nuit à Malbun pour entamer notre marche dès le lendemain matin.

Réveil aux aurores pour mettre toutes les chances de notre côté, la journée s’annonce ensoleillée, c’est bien ! La première partie se déroule dans une vallée à partir de Steg jusqu’à une hutte qui fait restaurant. Ca souffle un peu et le soleil tarde à s’élever au-dessus des montagnes environnantes, on a un peu froid mais en marchant dans cet environnement champêtre on profite du moment.  

C’est après avoir gravi un bon mille mètre de dénivelé et quand l’herbe et la terre gelée craquent sous nos pieds qu’on commence à se rendre compte qu’on est en pleine face Nord et que le soleil, il est pas pour tout de suite… c’est qu’on commence à avoir froid aux doigts. La brise souffle plus fort, c’est glacial mais on en veut, plus que 300m de déniv et on y est. Et puis le col est ensoleillé là-bas, sur cette arrête qui mène à l’antécime avec un chemin, et puis au vrai sommet en plus aérien, mais selon les récits, ça passe bien. On croise deux personnes qui redescendent et nous font des gestes d’oiseaux ou d’avion on sait pas trop, en gros ils signalent que ça souffle en haut. On est presque sur l’arrête, allons voir par nous-même, il faudra bien poser les pieds mais un peu de vent c’est classique en alpi non ? 

Arrivés au col, la vue est bluffante et le soleil réchauffe… enfin ça c’est quand on s’abrite car le vent n’est pas une brise, c’est un flot continu à 80km/h avec des rafales plus rapides encore ! De quoi décrocher pas mal de sapins ou arracher la cape de Superman ! On est pas venu jusqu’ici pour s’arrêter si proche du sommet, on continue tant bien que mal passant d’un côté – à l’abri du vent mais dans l’ombre gelée – à l’autre – en plein soleil mais avec le vent qui nous empêche de choisir où poser le pied. 
10m, 20m, 50m… demi-tour. On a beau être solide sur nos gambettes, le baton est salutaire et le vent froid traverse tout. Un bon montagnard est celui qui sait renoncer (phrase qui fait toujours bien en cas de défaite non?). 

Retour au soleil par la voie directe pour se réchauffer, manger un bout et redescendre à la vallée, au van, et à Vaduz, la capitale où il fait bien meilleur. 

C’est donc le Liechtenstein, pays de 37 000 habitants, de 160km² et son sommet à 2599m qui mit fin à notre projet d’ascension des sommets culminants des pays traversés. La prochaine fois, on partira au printemps pour des défis stupides en altitude ! 

Direction la côte, le plancher des vaches et les rochers au soleil ! … enfin presque… ( suite au prochain épisode).

Eh oui ça souffle !!! En image et en son.