[#16] Bulgarie, Serbie, Hongrie, Autriche, Allemagne, Maison. Retour aux accents divers.

  1. Grèce

Notre retour sur le continent coïncide presque parfaitement avec notre date de retour, à un mois près. En effet, nous avons décidé de rentrer en Belgique début avril, pour diverses raisons, ce n’est ce que pour préparer un futur voyage ?

Il nous reste donc un mois pour remonter d’un des points les plus méridionaux de l’Europe jusqu’au pays des frites et des bonnes bières : déjà des arguments de choix pour vouloir rentrer rapidement n’est-ce-pas ?!

Un mois, c’est une durée décente pour la plupart des gens qui prennent des vacances, mais pour nous, comparé au rythme adopté jusque là pour nos vagabondages, ça semble rapide ! C’est tout de même 8 pays que nous devons encore traverser. Faites les maths, ça ne laisse pas tellement de temps à chaque endroit ; et l’on sait d’expérience que chaque pays recèle de secrets et de découvertes pour des mois, voire des années d’exploration.

Bref, ça c’est le programme mais début Mars, nous sommes encore en Grèce et entamons notre route au Nord. D’Athènes que nous quittons au plus vite (fuite de la grande ville) nous passons par le site antique de Delphes avant de tracer jusqu’à Thermopyles où nous profiterons des eaux sulfatées aux températures exquises.

Montée vers le Nord ensuite vers un des sites les plus magiques que nous avons rencontré, un endroit de recueillement, un lieu culte pour sûr, et un paysage où l’escalade est reine depuis des décennies : les Météores. Imaginez-vous (ou regardez les photos) sortir d’une plaine pour découvrir des tours de roches agglomérées qui s’élancent vers le ciel, pures et nues pour certaines, mais chapôtées d’un monastère pour d’autres. Solution efficace pour se protéger des menaces, recherche d’ascension au plus près du ciel et isolement certain pour ces moines-grimpeurs qui ont construits ces édifices impressionnants. Certains sont plus accessibles que d’autres, beaucoup sont tombés en ruines mais une belle série continue d’être en activité. Les plus impressionnants sont ceux qui n’avaient d’accès que via leur « ascenseur » activé à main d’homme. Les premiers à commencer les travaux devaient être des grimpeurs, c’est sûr. La légende raconte que la corde de l’élévateur était changée uniquement lorsqu’elle cédait : la vie ne tient qu’à un fil…

Lieu historique de cette pratique, les Météores ont accueilli des grimpeurs depuis longtemps et plus particulièrement dans les années 80/90 lorsque l’escalade est devenue un sport à part entière. Ça tombe bien, c’est pour ça qu’on est là. Quelques jours sur place avec une météo divine nous on permis de faire quelques belles ascensions. La grimpe n’est pas très exigeante au niveau technique, mais bien au niveau mental : on grimpe sur un conglomérat de galets de différentes tailles qui nous permettent de progresser. Leur solidité apparente n’est pas rassurante, mais en général, ça tient. L’escalade est plutôt dalleuse (comprendre en inclinaison positive, donc reposante) et peu physique mais les points des voies équipées ne sont pas en surplus. En gros, ça engage facilement 5-10 mètres entre les points, et pas grand-chose pour placer entre, on a vite laissé le rack au camion. Pour toutes ces classiques, la chute n’est pas vraiment une option. Ceci dit, cet engagement contribue à la magie de cette escalade dans une ambiance sacrée, une grimpe méditative et l’accomplissement d’un sommet en haut de chacune des tours. Un coup de chœur, vraiment. Un paradis pour les grimpeurs, mais enchanteur pour les randonneurs aussi.  

Quelques jours plus tard, nous devons continuer la route, timing oblige. Notre dernière destination hellénique sera Thessalonique. Dernière grande ville du côté de la Turquie, port de la Méditerranée, entrée vers l’Europe. C’est une ville qui accueille un grand nombre de réfugiés, par choix ou pas, c’est selon. Dans tous les cas la ville s’est vue transformée par l’arrivée de cette nouvelle population. Nous arrivons un jour de fête et profitons donc de la journée pour aller flâner sur les quais. L’exploration aurait pu être sous une meilleure aura car nous ne nous sentons pas à l’aise dans cette ville. Tout d’abord car, à peine garé, le temps de chercher un pull à l’arrière du camion, j’en ressors pour découvrir un type monté à l’avant et fouillant la cabine à la recherche de pièces. Je le fais sortir et il aura encore l’audace de me demander de l’argent ! Cet incident associé au fait que personne ou presque ne porte son sac à dos dans le dos, mais bien sous le bras nous fais ressentir un sentiment d’insécurité. C’est dommage que la recherche d’opportunité de certains nuise à la réputation de tant d’autres.

  1. Bulgarie

Il est temps de passer la frontière Nord du pays, et d’arriver en Bulgarie ! Pays européen depuis peu, un des derniers du lot, mais qui garde une réputation peu flatteuse : mafia, pot-de-vin, pauvreté et corruption. C’est le pays le plus pauvre de l’Europe semble-t-il et en effet, en zone rurale, les prix sont presque équivalents à ceux de l’Albanie : « c’est pas cher ». Les campagnes gardent cet aspect rustique d’antan, celui de ces endroits où le temps semble s’être arrêté par manque de moyens, avec une certaine beauté intrinsèque cependant.

Notre première halte aura des arômes de raisins fermentés. La région de Melnik est connue pour ses vins que nous gouterons sur place avant d’emporter quelques bouteilles.

On y visitera ensuite un très beau monastère sur la route vers la capitale. Le temps étant maussade, pluvieux et froid (Sofia est la capitale Européenne la plus haute en altitude) nous gouterons une belle spécialité à base de pâtisserie et chocolat chaud épais et visiterons un des plus grands musées de la ville. Hébergé par un serbe installé ici, nous apprenons pas mal de choses sur le pays, le gars est super sympa et nous sommes bien contents de passer les nuits au chaud ! Un fait marquant de la ville, qui a été bien plus prospère jadis au vu de ses bâtiments, est le parc automobile : le nombre de grosses BMW X6, grosse Mercedes classe E et autres bolides à 100 000€ ne colle pas avec l’économie du pays ! Il semblerait que le bulgare de base s’endette à vie pour se payer une voiture-image qui lui donne un air viril et de réussite.

Une petite randonnée dans les alentours, pieds dans la neige et nous voilà partis vers le Nord du pays qui offre quelques beaux sites d’escalade que nous voudrions découvrir. Le « Petzl Rock Trip » y est passé quelques années auparavant et leur vidéo nous donne envie. Ils avaient parcouru deux sites, nous irons voir le premier qui est impressionnant mais pas en condition à cette période : Prohodna . Une grotte, ou plutôt un tunnel souterrain, ouvert aux deux extrémités vers une cavité d’une cinquantaine de mètre de haut. Assez-magique par sa prestance, et parcouru des touristes qui viennent admirer les deux fenêtres sommitales qui apparaissent comme des yeux au plafond. Figure divine semble-t-il.

Ensuite, nous irons vers « Vratsa », qui veut dire la porte en bulgare. En effet une chaine de montagne calcaire qui se rétracte en forme de V autour d’un cours d’eau qui permet de passer d’un côté à l’autre, d’une vallée à l’autre. Niveau escalade, il y’a de tout : du sportif, du trad, de la couenne, de la grande voie, de la dalle et du dévers. Un beau panel qui en fait le site le plus réputé du pays. On y rencontrera un couple de bulgares super sympas (ce qui n’est pas un adjectif commun à tout le peuple) avec qui nous partagerons des astuces, des histoires et un bon feu de camp.

Enfin, avant de quitter le pays nous ferons halte à Bozhenitsa, site plus modeste mais carrément génial. Et pour cause, c’est du grès ! J’adore cette roche, et l’escalade (couenne) y est sportive, aérienne et sculptée : tout ce que j’aime. Un peu comme Berdorf pour les connaisseurs, mais en 5 fois plus grand !

  1. Serbie

Frontière de l’Europe à nouveau, la Serbie n’en fait pas partie, elle est sur la liste des candidates depuis de nombreuses années mais, selon nous, plus avancée économiquement et au niveau des infrastructures que la Bulgarie. Une certaine position vis-à-vis du Kosovo bloque son entrée dans l’EU. Les files de camions à la douane sont le signe d’un passage difficile entre ces pays limitrophes mais séparés par ces nouvelles frontières. Nous sommes d’avis qu’ils devraient pouvoir accéder à la Zone, historie Kosovare résolue cela-dit.
Un pays intéressant, au niveau topographique d’abord, géologique même avec notre première halte aux portes de Vratna, d’immenses ponts de roche se succédant, plafonds de grottes effondrées à nouveau comme en Bulgarie mais ici pas de tunnels, juste ces portes vers la forêt. Joli ! Pas étonnant qu’un tel site soit devenu le lieu de création d’un monastère. Content d’autant plus que nous y sommes arrivés par hasard, suivant un panneau au détour d’un virage.

Deuxième et la plus magnifique de ses prestations géographiques : le cours du Danube qui fait frontière avec la Roumanie (avec l’Europe). Ce fleuve s’écoulant de l’Allemagne à la mer morte est un des plus longs d’Europe et parcourir ses berges est un réel plaisir. En Serbie il prend des tournures exceptionnelles grâces à des gorges étroites et profondes. Magnifique paysage à découvrir à la marche, à vélo ou peut-être bien au fil de l’eau (projet futur ? en tout cas la descente de l’entièreté du fleuve doit être une belle aventure !). Anecdote amusante, nous captions le réseau Roumain (EU) depuis les berges du côté Serbe, pratique pour communiquer mais par contre le fuseau horaire n’est pas le même, plutôt décalé comme histoire !

Pour se promener dans les zones protégées autour du Danube, il faut être accompagné d’un Ranger. L’accompagnement est gratuit mais l’entrée dans le parc est payante (5€ si je me souviens bien). On tente l’expérience, malgré le fait que payer pour aller se promener est un peu contre nos principes, on prend le gars et lui demande quelle rando serait la plus belle. Il nous propose un point de vue qui serait un des plus beaux et c’est parti. Bon au final, c’est une « rando » d’1.5 km sur un sentier supra balisé… on aurait probablement pu se passer de lui mais il parait qu’il y’a des caméras qui surveillent, et puis on en a profité pour lui poser plein de questions sur son pays, intéressant tout de même. La vue valait le coup malgré tout (malheureusement, on ne peut pas laisser le Ranger dans les bois, il faut le ramener à sa base, ça nous aurait éviter un aller-retour).

Le long du Danube, de ce côté ont également été retrouvées des ruines, des restes et des fragments d’une civilisation qui serait la plus ancienne d’Europe.
Un musée, intéressant également pour son architecture, retrace ces découvertes et reconstitue le village-archéologique ou plutôt le campement qu’ils ont pu dénicher. Reconstitution car le camp original est aujourd’hui enfui sous les eaux du Danube faisant suite à la création d’un de ses barrages. L’appellation de Lepenski Vir est à retenir et vous pouvez même visiter le musée en ligne : www.lepenski-vir.rs . Plus de 9000 ans avant notre ère !

Plus haut sur les rives du Danube, là où il se calme, s’élargit et où les gorges acérées font place aux champs et prairies, nous avons rendez-vous avec notre Couchsurfer du jour à Smederevo, petite ville-arrêt avant la capitale, histoire de passer la nuit dans un endroit plus calme. La ville est sympa, le château fort impressionnant, faut dire qu’ils en ont pas mal des forts de l’époque, c’est d’ailleurs l’attraction principale de Belgrade où nous irons passer la journée suivante.

Ce château, ou plutôt cette énorme forteresse abrite le Zoo hypra-bondé (on est juste passé devant les grilles et la file) mais aussi des musées, des cafés et choses très agréables : de nombreux espaces verts ouverts au public avec ou sans vue sur le Danube (encore) et sur le reste de la ville. C’est vraiment un lieu appréciable, on a beaucoup aimé. Et encore plus grâce à la surprise découverte dans l’enceinte la plus protégée : des grimpeurs. Eh oui, même si les rochers Serbes ne font pas légion, les locaux ont trouvé de quoi s’amuser. Traversées le long des murs (un peu comme au Cinquantenaire de Bruxelles) mais également moulinettes installées depuis les remparts, plutôt sympa comme salle !

Le reste de la ville est assez beau aussi, on retrouve une architecture d’un âge d’or un peu passé, mais avec une richesse plus marquée encore aujourd’hui qu’en Bulgarie. On pressent que notre remontée vers le Nord s’articule autour d’une remontée en prospérité, les prix en témoignent. Quartiers touristiques et ville bondée, c’est joli mais ça reste une grande métropole, pas notre tasse de thé.

La fin de notre périple en Serbie ce sont des parcs nationaux où camping et feux de bois sont bien vus et la ville de Novi Sad. Le nom pourrait faire écho car c’est celle-ci qui a subie les assauts de l’OTAN en 1999. Plusieurs mois de bombardements détruisant les ponts de liaison entre les rives du Danube mais aussi une bonne partie de la ville. Bombardements incessants jusqu’au retraits des troupes Serbes du Kosovo. Un ultimatum peu convivial dont la population se souvient encore. On en a rencontré et l’incompréhension d’un tel acharnement reste bien présent dans les esprits. On visitera notamment une exposition célébrant les 20 ans de cet anniversaire.  

C’est sur cette note d’un souvenir plutôt sombre que nous passerons la frontière vers le pays suivant.

  1. Hongrie

La Hongrie, on la speed, à nouveau on est pressé par cet ultimatum qu’on s’est fixé. Et puis, on se dit que quitte à devoir avancer rapidement, autant le faire vraiment, il faudra revenir pour faire honneur à ces pays qui ont beaucoup à offrir. C’est aussi le cas de la Roumanie qui nous appelle par ses paysages attrayants. Ce sera pour un prochain voyage !

La Hongrie est un pays intéressant d’abord par sa géographie : la plus grande pleine d’Europe. En gros un énorme plateau plat entouré de montagnes qui forment ses frontières. Ensuite par sa langue qui n’a rien à voir avec ses voisines. Les seules racines communes avec le Hongrois ont été dénichées de l’autre côté de l’Astral dans un recoin de la Sibérie. Un peuple fuyant l’hostilité du grand nord il y’a plusieurs centaines d’années et s’établissant dans ces terres fertiles. Géographie encore avec le nombre de sources thermales parsemant le pays, près d’un millier. Une plaine aux souterrains volcaniques ! Et quel plaisir de se baigner dans ces eaux à température plus qu’agréable ! Ce sont d’ailleurs ces eaux thermales qui offrent la première attraction de BudaPest, capitale où l’architecture Austro-Hongroise témoigne d’une histoire prospère et riche. Une ville qui en regroupe deux : Buda et Pest, chacune d’un côté du … Danube ! Ici les prix sont à l’instar de l’Europe, on est clairement dans une ville touristique visitée par des vacanciers de tous horizons. Fini les restos pas chers et les courses à deux sous. Un petit site d’escalade aux alentours de la ville et une baignade dans un bain hypra local et nous revoilà déjà à la frontière suivante.

  1. Slovaquie

Un passage en Slovaquie, ou plutôt une incursion car nous n’avons pas le temps de visiter le pays et ses beautés. Uniquement un détour express d’un côté du Danube à l’autre. Le fait de rester en Union Européenne nous rappelle que la libre circulation est tout de même une belle avancée. Nous irons jusqu’à Bratislava pour y découvrir une toute petite capitale aux airs de ville de province malgré son architecture riche. Elle aussi accolée au Danube et surmontée d’un château, plutôt renaissance ici, et qui offre de belles perspectives sur les environs.

  1. Autriche

Qui dit retour vers son pays signifie pays déjà traversé. En effet retour en Autriche, mais bien loin cette fois-ci du Tyrol et de ses montagnes, nous sommes à l’Est ; plaines et forêts. Notre seule halte sera la capitale de Vienne dont nous avons entendu beaucoup de bien.

Première surprise fort agréable et pratique : un parking trouvé grâce à Park4Night (voir l’article sur nos applis : ICI ). Ce parking est interdit la semaine car utilisé par les « grands de ce monde », ministres et parlementaires, mais lorsqu’ils sont en weekend, il est ouvert au peuple, gratuit et toléré la nuit pour les campers ! Vous ne trouverez pas une chambre meilleure marché et aussi bien placée dans toute la ville, c’est garanti ! Bon le hic reste au niveau toilettes car les hordes de chinois se lèvent tôt et les fêtards citadins se couchent tard. Les lampadaires n’aident pas à l’intimité mais un musée aux abords sauve la partie.

La ville est agréable de nuit comme de jour, nous la visiterons des deux façons. Un centre historique ultra-dense historiquement, parsemé de parcs et de jardins où les habitants viennent pique-niquer. Une ville active le long d’un fleuve que nous commençons à connaitre…. Avec ses berges artistiques, ses rues commerçantes son mélange d’architecture renaissante et contemporaine et ses activités. On tombera sur un festival mettant à l’honneur les deux roues non-motorisés (les vélos quoi) dans toutes leurs formes : BMX, vélo de ville, électrique, sportif et plus impressionnant le vélo freestyle avec deux pistes de sauts. Décors de cathédrale pour des acrobaties aériennes. La quantité de musée est impressionnante et nous recommandons tout particulièrement le musée du Meuble, pas le plus médiatisé mais un des plus riches.

J’aurais presque pu passer le chapitre escalade car le Tyrol est clairement une région plus riche pour notre sport mais Vienne a quand même réussi une belle mise à l’honneur de ses hommes-araignées en transformant une de ces anciennes batteries anti-aérienne ( Flaktürme ) datant de la seconde guerre en mur d’escalade géant. Ces structures hypra-impressionnantes, gratte-ciels de béton aux allures de palmiers appartiennent à un patrimoine à la fois terrifiant et passionnant. L’intérieur de celle-ci a été aménagé en aquarium alors que ses murs extérieurs sont parsemés de prises.

  1. Allemagne

L’Allemagne, on y passe plus car c’est sur la route que par choix, on connait un peu et puis c’est moins exotique. Petites haltes intéressantes cependant, tout d’abord à Nuremberg pour une petite promenade printanière dans cette belle ville à l’architecture authentique.

Aux alentours de la ville, le « Zeppelin », site datant de la deuxième guerre, création du Führer envers sa fierté personnelle témoigne de cette période historique. Le site servait de rassemblement pour les discours d’Hitler et les proportions sont juste hallucinantes. L’ensemble du site n’a pas été terminé mais les traces persistantes permettent de se rendre compte des ambitions titanesques de ce despote. Big up pour le musée qui regorge d’anecdotes historiques.

Nous ferons une dernière escale à Wiesbaden, ville un peu huppée en bordure de Francfort. Nous y serons hébergé par Alberto, un ami avec qui j’ai beaucoup grimpé en Espagne quand je vivais à Madrid. Vraiment chouette de se revoir, de visiter sa petite ville ensemble, et un très bon timing car deux semaines plus tard il déménageait à Lyon ! La prochaine rencontre se fera plus au Sud. Nous avons profité de ses topos pour aller grimper un peu dans le coin, petit secteur à l’allemande, sur un gré assez exigeant mais plutôt sympa !  

  1. Hollande

Bon… la Hollande c’est pour avoir un point 8. car en réalité c’est juste l’autoroute qui passe d’Allemagne en Belgique, on a dû y rester une demi-heure sans même s’arrêter.

  1. Belgique

Retour au bercail, après 9 mois sur les routes d’Europe, un voyage qui s’est enrichi au fur et à mesure, qui était un projet personnel tout d’abord et est devenu une aventure partagée. Un voyage qui nous a permis de découvrir que l’Europe tant géographique que politique regorge de différences et de richesses (matérielles ou humaines). Un voyage plein de rencontres, plein de paysages, plein les yeux en gros.

Un voyage qui nous a donné soif, soif de plus et qui nous a ouvert les yeux sur des possibilités que beaucoup refoulent pour des raisons plutôt futiles en général. Cette soif nous la nourrirons dans les mois qui suivent avec des voyages plus courts chacun de son côté, Athé en Inde et moi en Norvège. Et puis, c’est officiel, nous avons pris nos billets et l’aventure continuera en Septembre direction l’autre bout du monde : l’Australie !

A suivre donc. Ceci n’est pas une fin mais un commencement.

[#15] Retraite en Crête

La Crète, doux nom qui nous plonge instantanément dans la Grèce antique, la culture Minoenne, des paysages étonnants, de l’huile d’Olive et de la cuisine diététique. La plus grande île de Grèce a su totalement nous conquérir !

Après une douce nuit sur le pont de notre « petit » bateau de traversée, pas le droit de dormir dans le camion pour des raisons de sécurité, nous arrivâmes au beau matin en douce Crète. Visite d’Héraklion et départ rapide pour Chania, retrouver nos copains Anaëlle et Rémi, pas vu depuis si longtemps ! Grâce à la fantastique Veronica, couch surfeuse au top, nous découvrons cette charmante ville et les alentours. J’ai particulièrement aimé la balade tout au nord à Moni Katholico, à la recherche de la cache des pirates. On n’a pas trouvé le trésors mais le paysage vaut de l’or !

Déjà 24h sur l’île, il était temps de grimper ! Le site de la grotte de Tersanas près de la magnifique plage de sable blanc de Balos semble tout indiqué. C’est l’une des plus belle plage du monde, la preuve en photo! La contempler se mérite : la route se dégrade d’un coup et devient une piste. Après une 1 heure à se faire secouer dans tous les sens, on se dit que la prochaine fois on prend un véhicule 4×4 ! (à suivre dans nos aventures en Australie !)

Le niveau d’escalade requis dans la grotte est exigent. Le site est grandiose, rien que la marche d’approche en vaut la peine et t’en mieux pour moi. Oli s’amusera bien dans une voie à colo…

Petite aparté, c’est le moment de vous faire une confidence, si vous croyez que je suis partie faire un tour d’Europe de grimpe avec un bon niveau en escalade, et bien vous vous trompez ! Avant le départ je n’avais jamais enchaîné de 6a en salle… mon niveau s’est bien amélioré mais je reste une cramique (=novice) ! Comme quoi pas besoin d’être un cador pour s’amuser avec des jolis cailloux.

De retour au campement nous ferons la connaissance d’une famille hors norme : les MYTAE. 2 parents et leurs 3 enfants en 4×4 qui dorment sur la tente de toit du véhicule. Plusieurs années de voyages, pas de scolarité classique pour les enfants mais une soif de leur transmettre des valeurs profondes sur la vie et la liberté… Une rencontre qui vous ouvre la porte des possibles.

Si vous voulez en savoir plus sur cette famille, ils décrivent leur façon de voir le monde sur la toile, par exemple via instagram :

https://www.instagram.com/mytae_rencontre_le_monde

Le vent froid de la tempête qui fait rage nous a soufflé vers le sud ouest de l’île. C’est partie pour la rando mémorable de Paléochora – Sougia. Ça devait être facile avec 12km le long de la côte montagneuse, enfin ça l’aurait été si notre petite équipe de rigolo’s avait eu envie de faire demi-tour mais que nenni. Faire du stop pour se faire déposer au milieu de nul part et se retrouver à marcher sur l’asphalte est bien plus aventureux. Espérer ardemment qu’une voiture passera et nous aidera à sauver nos chaussures et les membres qui sont dedans. Les 40km qui nous séparent du camion pourraient bien les faire partir en lambeau. La magie de l’aventure sera de passer par un village où les hommes crétois uniquement (ou crétins,j’ai un doute?!) sont occupés pendant leur dimanche à vider les chargeurs de leur pistolet dans une maison, c’est le Texas de la Grèce ! Nous trouverons 2 petites aides motorisées précieuses et rentrons juste à temps pour un apéro au coucher de soleil, mon préféré ! (Le vin était une production artisanale de l’île, une aventure à lui tout seul, étonnant en bouche et efficace pour élever notre niveau de bêtise, un beau cadeau ce pinard^^).

Et se fut le temps de la tempête généralisé et quelle joie de se jeter dedans tous ensemble ! Mais quelle tempête, les Crétois n’en avaient pas vécu des comme ça depuis au moins 50ans. Pour les copains qui dorment en tente ça sentait le chien mouillé, et comme j’avais bien envie de découvrir le Help X (c’est un peu comme le Woofing pour ceux qui connaissent, c’est-à-dire du volontariat contre un hébergement et de la nourriture). Nous nous retrouvons chez un couple d’Anglais dont le mec était plutot bon cuisinier, et comble du luxe notre lit était pourvu d’une couverture chauffante. Après 2 jours à terrasser leur jardin, extraire des souches (enfin une demie), ranger et nettoyer leur cuisine, peindre des panneaux, nous avions bien vite compris que ce ne serait pas l’expérimentation la plus enrichissante mais les pluies diluviennes nous font rester 1 jour de plus. Toutefois ça aura été une expérience et on apprend toujours: la prochaine fois je chercherai des lieux avec un dynamisme plus communautaire, soutenir un projet plus large que d’aider un couple d’alcooliques fainéants !

Cette première tempête aura entraînée avec elle de nombreux arbres, fait déborder le lit des rivières, inonder une partie des villes du nord de l’île et même se faire s’effondrer des ponts… Pendant la tempête, Oli voulait traverser un guet d’où un filet d’eau s’écoule. A force de persuasion et de démonstration de jet de cailloux qui se font entraîner avec la force du courant, nous sommes allés nous abriter derrière un monastère, dans un tout petit recoin bien encastré entre des murs, ainsi protégé du vent qui faisait rage, nos copains dans la chambre d’amis (l’avant du camion!). Et heureusement, le lendemain en repassant devant notre guet le filet d’eau était devenu torrent… C’était incroyable, on aurait été bloqué quelques jours de l’autre coté si on était passé. Il faut faire attention, durant la tempête, 4 jeunes sont décédés, emportés par l’eau lors d’un passage de guet.

Pour se remettre de nos émotions, notre objectif du jour était de trouver une skafian pie, célèbre tarte de Hora Skafion, composée de sucre, de sucre et de sucre ! Que de l’amour pour notre ami Rémi. Hors saison et avec ce temps de chien notre mission s’est soldé par un échec. Pas le temps de se laisser abattre, nous allons voir la belle roche de Plakias en bord de plage, les lignes sont superbes mais aujourd’hui cette dalle ruisselante ressemble plus à une cascade qu’à un mur d’escalade. Nous n’avons qu’une envie : revenir avec le soleil. On se consolera au café, à regarder passer les nuages en mangeant des gros gâteaux crétois…

Nous continuons notre route vers les grottes troglodytes des hippies de Matala. Ce site est situé sur un ancien cimetière romain converti en logement au standing du hippies des années 70. Il faut dire que le lieu à tout pour plaire, une crique à l’eau turquoise protégée par 2 belles falaises percées telles un gruyère. Après 10ans le rêve a pris fin quand la municipalité à compris qu’elle pourrait en faire de l’argent ! Ça faisait longtemps que l’on avait pas vu des cars de chinois…

Pour cette raison et celle de l’arrivée de la police (faut croire qu’on a vraiment pas le droit de sauter les grilles pour rentrer dans le site après la fermeture, ca manque de « hippiness » aujourd’hui cet endroit), nous partons un peu plus au sud en direction des gorges d’Agio Farango, gros spot d’escalade que nous sommes décidés à découvrir après en avoir entendu beaucoup de bien.

Le lieu est particulièrement reculé et avec les intempéries la « route », piste constituée de cailloux plus ou moins gros, était très chaotique jusqu’à devenir infranchissable au niveau d’un guet devenu rivière. Qu’à cela ne tienne, toujours avec les copains, nous allons contourner le problème et aller au village « d’à côté ». Ils nous faudra juste 45min de marche, une belle rando côtière de type montagne tout de même. Au vue de la pluie tombée, nous décidons d’aller inspecter les lieux sans tout le matos. Pour les non grimpeurs je vous fait une petite description de notre équipement à trimballer en falaise équipée. Attention départ : Chaussons, souvent 2 paires (chaussons techniques et pantoufles de grimpe « confortables »), baudrier, descendeur (pour assurer son équipier), un jeu d’une 20aine de dégaines, mousquetons, corde de 80m (= pèse son poids!), sangles, casques, sans oublier l’eau et un peu de miam miam ! Je dirais un peu plus de 10 de kilos à répartir entre nous.

La gorge est profonde, belle et mouillée. On repaire nos secteurs et continuons pour une belle balade de 15km en terrain vallonné. Pour moi qui aime marcher, c’est le paradis ! Vous êtes peut être blasés par nos jolies photos de paysages incroyables, nous pas ! A vivre, c’est une joie. Autant de beauté sauvage au quotidien, ça rend heureux !

Dommage pour nous, nous étions sensé être protégé de la tempête mais elle revint en force. Nous fuyons ! Dans tous les sens, les copains partent vers une ville romaine obscure qui doit avoir un château (grosse passion de Remi) et nous vers d’autres falaises!

En chemin on s’arrêta pour faire une rando à Zaros. Une source naturelle de l’île. Je visiterai l’ancien site Minoen de Phaïstos. Passionnant et incroyable de se rendre compte de l’influence d’un seul homme sur notre perception d’une civilisation qui existait il y a 4000 ans. L’archéologue Arthur John Evans s’est inspiré de recherches scientifiques bien sur mais les a mêlées à ses croyances personnelles pour développer ses théories et son histoire de cette civilisation dont il est par ailleurs l’auteur du nom qu’il leur a attribué selon le mythe du roi Minos… (qui est donc bien un mythe). J’ai préféré le palais de Phaïstos à celui, plus connu, de Knossos près d’Héraklion. Où ce malade d’Evans a décider de bétonner le site historique, de peindre à sa fantaisie les fresques du palais le déformant à tout jamais. Son empreinte sur la civilisation minoenne est énorme et pas très réglementaire…

On ira 2 jours à Kapetaniana. Le site est grand mais pas forcement en bon état. Les points sont usés et n’inspirent que peu la confiance. On fait quelques jolies lignes, les longueurs sont courtes, le cadre agréable, bien que escarpé. Un vrai sentiment de montagne très agréable tout de même.

Et nous repartons vers une autre falaise en bord de mer. Mais la encore, il faudra la mériter. Déjà il faut préciser que nous sommes dans une Crète reculée, loin de l’agitation touristique, et oui ça existe encore, les routes sont mauvaises et les dénivelés sont importants. Pour sûr je me souviendrai longtemps de cette route. Imaginez 1000m de dénivelé à descendre de manière abrupte avec notre petit Pouet Pouet, sur un chemin tantôt un peu asphalté, tantôt bétonné, tantôt gravillonné, tantôt poussiéreux. La descente passe encore petit joueur mais clairement j’ai serré les fesses à la remontée !! Très fière de mon pilote car les virages en aiguille étaient sec, très dérapant avec des inclinations pas faciles pour notre camion (tout le poids est sur l’arrière, alors que c’est les roues avant qui tractent). J’ai cru qu’on allait rester coincés. Malgré le pied au planché, le camion reculait quand même… Super technique de super pilote, redescendre les derniers lacets, et foncer !!! Heureusement qu’il était là (pour lui « ça passe » toujours ^^) c’est pas donné à tout le monde de gérer ce genre situation. Là encore on est repartis avant que la pluie ne vienne et fort heureusement sinon je ne pense pas que l’on aurait pu en sortir ! Mais dommage car nous n’avons pu profiter de ce micro village et ces cailloux que quelques jours durant. Dans ce village de 6 habitants en hiver, nous avons eu le privilège d’en rencontrer un. Avec lui les mots accueil et générosité prennent leur véritable nature. Malgré une barrière de la langue, c’est avec insistance que nous comprenons qu’il nous invite à prendre le café. Ce serait peu intéressant de conter ici tous nos échanges ou leurs tentatives, ou de compter le nombre de victuailles offertes mais cette chaleureuse rencontre restera gravée comme un moment privilégié avec une personne ouverte qui partage du mieux qu’elle peut (et la vérité j’essaierai de faire pareil quand je serai grande : donner sans rien attendre en retour!)

Pour accéder aux falaises une belle balade de 45 min longe la mer. En cadeau une épave cachée dans une crique et une église troglodyte. Le site de grimpe était beau, mais un peu vieux. Ça ne change rien au cailloux, par contre en ce qui concerne les protections c’est une histoire un peu rouillée ! Mais on a quand même profité de ce bel endroit. Je me rappelle une superbe une ligne en 6a. Bien physique mais heureusement c’est Oli qui est parti en tête. On trouve plusieurs longueurs en mutli pitch, nous en tentons une, sans trop savoir ce qui nous attend. Oli part en tête et je l’assure. Lorsque vient mon tour, je découvre des difficultés à monter, mais où sont les prises ? En premier j’accuse la roche de bord de mer, poisseuse, dans laquelle il est difficile de donner sa confiance. Pourtant Oli est en haut, c’est que ça passe. Je me retrouve seule, bloquée. Chaque voie en escalade est une aventure. De celle là je me rappellerai avoir essayé en force, puis d’avoir glissé, de m’être fait un petit bobo et me dire que l’escalade c’est pas pour moi… Mais finalement une fois en haut, j’étais juste tellement heureuse, les sentiments d’accomplissement et de fierté mélangés.
De son côté, Oli était dans son élément avec des lignes un peu physique, extrêmement sculptées mais surtout des voies d’un esthétisme rare ! Du pur bonheur en bord de mer, malgré un peu de poisse dû aux intempéries et à la faible fréquentation du site, les structures rocheuses étaient de beaux montages en trois dimensions.

On a quitté notre trou, pour aller vers l’Est. Hop un petit bisou de départ au copains qui prenaient leur bateau à Sintia. Puis balade entre un Olivier de 3500 ans, l’arbre hein, la plus grande palmeraie d’Europe et les gorges de Zakros la Crête, on se dit que la Crête est un bijou au naturel. Nous passerons 2 jours dans les « gorges de la mort », encore une fois avec la tempête. Elle nous aura amené un penseur Allemand, pas équipé pour survivre sous la pluie et qui trouvera refuge dans pouet pouet ! Dommage pour nous, il y a quelques voies au début des gorges mais leurs pieds sont inondés et la paroi ruisselle. Ça ne nous empêche pas de marcher pendant 2 jours dans ces beaux paysages variés et dynamiques. La remontée de la rivière à chercher les marques sous l’eau restera un très bon souvenir.

On profitera du beau temps qui arrive enfin pour retourner sur Agio Farango et grimper quelques jours là bas. Le site est majeur. On s’est gardé quelques jours de beaux temps avant le retour sur Héraklion. C’est avec une facilité hors norme que l’on a sympathisé avec la communauté de grimpeurs du coin. Quelle plaisir de les avoir rencontrer. Leur « salle locale » est une ancienne grotte dont le plafond c’est effondré et a créer un cirque rocheux entouré de voies grimpables toute l’année : Voulismeno Aloni. Trop cool ! On profitera aussi du beau temps pour se baigner un peu (la 1er fois de notre étape en Crête).

Après 1 mois passé sur l’île, je peux dire que j’aimerais y revenir. Malgré des conditions météo difficiles et surtout très inhabituelles aux dires des autochtones ce lieu est magique et regorge de merveilles dans ses paysages, sa culture, sa gastronomie et ses habitants. Un lieu paradoxale où les touristes de masse ont trouvés leurs plages et leurs resorts, mais il existe encore vraiment une crête sauvage et authentique à découvrir hors des sentiers battus – ou en hiver.

[#11] L’Albanie, pays de mafioso’s aux milles cadeaux.

Nous voici en Albanie. Choc culturel, ou chocs tout court car les trous dans la route (qui rappelle la Belgique… en pire tout de même) font la part belle aux amortisseurs.

Première image, premier contraste, on arrive à Shkoder, de l’autre côté du lac de Skadar, limitrophe avec le Montenégro. La ville est tout à l’opposé de la capitale de ce dernier (Podgorica). Ici les supra-centre-commerciaux sont remplacés par des petites échoppes aux dix produits disposés sur le trottoir ; les voitures garées n’importe où donnent le change aux vielles Mercedes aux 500.000 bornes et les charrettes tirées par des chevaux maigrelets offrent un spectacle d’avant-guerre.

L’Albanie, c’est un pays qui nous intriguait, sa réputation est plutôt bipolaire. Il y’a deux clans en réalité, ceux qui n’y ont jamais été et ceux que les voyages ont fait traverser ce pays aux rumeurs peu fameuses. Les premiers nous mettrons tous en garde : attention, le pays est malfamé, c’est une contrée de mafioso, de vols de voitures, de brutes sanguinaires et j’en passe. Les seconds quant à eux nous encouragent les yeux fermés à aller découvrir ce pays d’un autre temps, dont la beauté est pristine car encore peu explorée et la générosité sans égale.

Qui croire ? à qui donner raison ? on le découvrira bien assez tôt par nous-même. Et par assez tôt, je dois dire que notre premier arrêt sera à l’image de notre voyage par là-bas. Nous nous arrêtons à Shkodër donc, le regard plutôt affûté et aux aguets, ayant des doutes. Trouver une place pour le camion n’est pas toujours aisé (quoique en réalité ça ne pose pas souvent problème) mais le laisser tout seul dans une ville apparemment très pauvre et dans un pays dont la réputation n’est pas élogieuse est toujours un peu particulier.

Nous trouverons une rue plutôt calme et une place en face d’un café, c’est un peu loin du centre, mais l’agitation de celui-ci ne convenait pas à un créneau genre zig-zag rapide. Le café, c’est top, il nous permettra de choper du wifi et de regarder sur le net ce qu’on doit voir dans cette ville. On y rentre, commande tant bien que mal à la barman, qui nous apporte nos cafés et nous inculques nos premiers mots d’albanais. On y dit par exemple « falemenderit » (phonétiquement) pour dire merci … et oui au début ça surprend mais on s’y fait.
La surprise se fait lorsqu’on va prendre le large et demande l’addition… En effet, pas d’addition, la tenancière nous offre le café ! C’est bien la première fois qu’on va dans un commerce pour y acheter quelque chose et que celui-ci nous offre son gagne-pain !

Ceci-dit, la ville n’a pas grand chose à offrir d’attrayant, on visitera tout de même le musée de la photographie et les rues du centre avant de se diriger vers la capitale : Tirana ! ♪ Welcome to Tirana, tequila, sexo y marijuana

La route se fait de nuit, quelques appels de phares, on règle le notre et ça va mieux. Concernant la façon de conduire là-bas, je ne vais pas m’étendre de long et large et simplement reprendre une citation d’un autre blog de voyageurs qui a bien raisonnée dans nos oreilles à chaque trajets : « Conduire en Albanie, c’est comme jouer au poker et faire tapis à chaque virage« …

Anecdote sympa, ici le mot « voiture » à longtemps été remplacé par « Mercedes », en effet toutes ces vielles allemandes remplissent les rues du pays. C’était à l’époque les seules réputées assez solides pour résister à la rudesse des routes albanaises. Il faut dire que le service des voiries n’est pas des plus actif dans la contrée. Le réseau routier n’étant d’ailleurs qu’à moitié asphalté. Question piège : une route asphaltée pleine de trous est-elle meilleure qu’une piste peu entretenue ? On a bien une idée mais on vous laisse y répondre.

Tirana est tout le contraire de Shkoder, en tout cas l’ultra-centre car la banlieue est à l’image du reste du pays : pauvre et désordonnée. Le centre-ville de la capitale par contre, c’est le spot des expats, des quelques touristes et de ceux qui ont réussis (on sait pas trop comment). Des bars dans tous les sens, plutôt dans le genre strass et paillettes avec le prix qui va avec (ça reste bien moins cher que chez nous mais par rapport au reste du pays, ça dénote). On y rencontrera Elion, LE type qui sait de quoi il parle en terme d’escalade dans le pays vu qu’il a équipé une bonne partie des voies et ouvert la seule salle de bloc des 28 000 km² de l’Albanie. Bon ça reste pas des masses mais la volonté est là, les moyens moins car les points coûtent chers et les finances ne suivent pas. Mais la communauté s’agrandit, l’international s’intéresse aux belles parois et certains sites se développent. On visitera deux d’entre-eux, tout d’abord Bovilla, aux portes de la capitale. Bon, en km c’est pas loin, mais vu la piste, il faut tout de même une bonne heure et demie à slalomer entre flaques et bosses. Bovilla, c’est avant tout le réservoir d’eau qui alimente toute la ville. Un grand barrage qui crée donc un lac artificiel et une rivière qui s’en échappe en aval, parsemée de cuvettes qui offrent de superbes piscines en été. La saison ne s’y prête pas mais le décors est tout de même splendide, la vue sur les montagnes enneigées au loin et le miroir d’eau valent le coup rien qu’à eux-mêmes. Niveau grimpe, deux secteurs, l’un côté lac, orienté nord, plutôt facile (jusqu’à 6b). Superbe vue mais un peu froid en plein décembre. L’autre, juste de l’autre côté de l’arrête offre de superbes colos face sud vers le canyon et la rivière. Les difficultés passent un niveau et on trouve des voies dures et très esthétiques. Malheureusement, les colos n’aiment pas la pluie et les résurgences ne nous permettent pas d’y grimper non plus… il faudra revenir ! On fait tout de même une belle randonnée le long du lac, le potentiel d’escalade est énorme, et les endroits de bivouacs regorgent. Tous les foyers de feux de camp témoignent d’une activité bien différente et bien festive lors des beaux jours. En redescendant, on croisera quelques couples ou groupes d’amis style bobo, talons et bottes de cuir venus affronter la piste avec leur Merco ou leur 4×4 pour l’un ou l’autre selfie au bord du lac. Ca contraste avec l’esprit du lieu mais ça agrémente les réflexions au niveau folklo.

Le deuxième site, on en parle plus loin, car avant d’y aller, on a rejoint nos copains auto-stoppeurs rencontrés à Hvar en Croatie (ici). Ils sont à Elbasan, ville un peu plus au Sud-Est chez un hôte couchsurfeur « super sympa et qui nous propose un super plan dans une maison de village dans les montagnes« . Nous qui pensions tout d’abord tracer le pays en trois jours, commençons à penser y rester un peu plus longtemps. Nous arrivons à Elbasan et rencontrons Edoart, un albanais qui gère une petite auberge/dortoir/camping en été, et offre les lits en couchsurfing toute l’année ; plutôt sympa ! On passera un bon moment avec lui, sa copine italienne, Anaëlle et Rémy. Fun fact, Edoart, albanais, et sa copine, italienne, parlent en français ensemble (nous aussi du coup). Tout ça nous permettra d’apprendre plus sur la culture albanaise, notamment le fait que les seuls mafieux qui sont encore là sont les mauvais et le gouvernement en qui personne n’a réellement confiance ; les bons sont partis à l’étranger, là où il y a de l’argent. On apprend aussi que pour les albanais, le fait de venir dans leur pays est le plus grand des honneurs, ils « vénèrent » en quelque sorte les touristes, qui sont encore peu à passer la frontière récemment ouverte après des années d’autarcie. Un pays qui s’ouvre peu à peu, qui apprend à vivre dans la mondialisation et s’est vu catapulté dans un système capitaliste avant d’avoir pu comprendre tous les rouages du socialisme… de quoi trainer quelques fardeaux politico-organisationnels. On en profite également pour goûter certains mets locaux tel la Bugatsa, un pain beurré, cuit au beurre et au beurre. Plein de calories pour quelques leks.

Edoart possède une maison de famille, ou plutot un chalet haut perché dans les montagnes, pas loin d’un village isolé. Brochure à l’appui, il nous raconte que des français y ont séjourné un an, tombés amoureux du lieu, et qu’avant, il servait même de site de villégiature : cabanes, restaurant, jeux extérieurs etc. Tenu par un autre français et baptisé « La Vie Nomade » pendant 7 ans. Il cherche un repreneur – gratuitement – c’est sûr et même si on ne se sent pas l’âme casanière on se laisse tenter par l’expérience « into the wild » pour quelques jours. Après une longue piste en première, on arrive au lieu dit. Petit coup de nettoyage et allumage du feu de bois. Dehors, l’eau est gelée et la température bien en-dessous de zéro. S’en suit une discussion passionnée plus que passionnante concernant la condition de la femme et le role de la famille dans nos sociétés sur ces points fort différentes. Edoart nous quitte au petit matin et on découvre les environs lors d’une bonne rando. Il m’a demandé de regarder si certains rochers des environs seraient exploitables pour l’escalade, malheureusement, ça vaut vraiment pas le coup !

Générosité albanaise, on traverse le petit village, ou en tout cas un petit regroupement de maisons lorsqu’une vielle dame nous interpelle, on ne comprend pas grand chose mais elle nous offre moulte Kaki’s, ces fruits qui part chez nous se font rares et sont ici comme le blé dans les champs. On ne sait plus où en mettre, nos poches débordent ; « falemenderit« .

L’expérience nous laissera un superbe souvenir mais le voyage nous appelle. Si jamais vous cherchez un projet et un endroit loin de tout , avis aux amateurs, vous êtes les bienvenus !

Après ces quelques jours en montagne, on pensait revenir vers le chaud… mais c’était avant qu’Anaëlle et Rémy nous partagent leurs plans d’aller voir le lac Ohrid, en passant la frontière Macédonienne. On est pas si loin et ça a l’air sympa, on se laisse donc emporter. Enfin on les emporte plutot avec nous. Les nuits froides les pousserons même à utiliser notre chambre d’amis – l’avant du camion – pendant plusieurs nuits. Notre cher van fait donc couchage pour 4 !

Fun fact, en allant vers le lac Ohrid, lac de montagne, toute la route ascendante du côté Albanais est remplie de laveurs de voiture ; inside-out pour 1€50 ! Ils s’affichent clairement en pointant leur tuyau vers le ciel. L’eau vient droit du lac et est donc gratuite, ce qui permet ces jeux de fontaines offerts au voyageur – un petit Versailles couleur locale. Il faut dire que lorsque les albanais sont sortis du communisme, les trois commerces qui se sont lancés à grande échelle étaient : caféiste, pompiste ou gérant de car-wash ; faut que ça brille une Merco !

Mal nous à prit, même si le camion était bien sale, nous voulions profiter de la fin de journée pour aller voir le lac de jour. Pas de nettoyage pour nous cette fois-ci. Choix finalement regretté car le passage frontière nous a pompé tout le temps solaire restant… un vrai addict de la fouille, le mec a tout fait : caméra-cable, chien renifleur, tournevis, camion monté sur pont levant pour vérifier ses dessous,… pff le plus pénible qu’on ai eu du voyage !

Côté Macédoine, on a visité la ville d’Ohrid, parcouru le flanc Est du lac et on a même tenté l’expérience d’une rando glaciaire hivernale en mode white-out pour le sommet. En gros, on marche vers un sommet sans le voir, on pense y être, on check le gps, c’est pas là. On y arrive finalement, on fait rapidos une photo sommitale où on voit rien autour, on prend la boussole et on trace tout azimut pour redescendre sous les nuages avant de finir en glaçon. Amusant avec de la neige jusqu’aux hanches parfois, un peu mouillé mais au moins on a vécu une belle aventure !

Retour vers le plancher des vaches. On repasse déjà la frontière vers l’Albanie après un bon plein à 0.90€ le litre, il est pas si mal ce pays ! [en Albanie, bien qu’ils soient producteurs de pétrole, le prix est le plus haut des Balkans, autant vous dire qu’on y pas fait une station]. Le reste de la Macédoine se doit d’être magnifique, mais pays montagneux, il faudra également revenir dans des temps plus cléments.

On arrive sous le lac, côté albanais donc à la ville de Pogradec. Ici, fête du vin, on se fait offrir une brochette et un verre, on profite avec plaisir de la chaleur des grands brasiers allumés pour l’occasion avant de continuer notre route, c’est bientôt Noël et on a rendez-vous à Girokaster pour l’occasion.

En chemin, après quelques heures de routes bien cabossées, on s’arrête au milieu d’un champ pour la nuit. Réveil aux petites heures pour préparer de super pains-perdus quand une petite vielle vient vider sa bassine d’ordure dans la rivière ; classique par ici. Elle repart, et revient chargée de pommes et de noix en nous invitant chez elle. Je laisse à votre imaginaire le dialogue de sourds, gestes et carnets de dessin à l’appui pour comprendre tout ça. On est au centre même de la culture locale, on ne peut pas refuser. On termine tout de même notre petit déjeuné avant de se diriger dans son foyer. Sobrement aménagé, son mari et elle utilisent en hiver cette petite-pièce adjacente au garage car elle dispose du gros poêle de fonte qui offre une chaleur inespérée. Mais il ne sont pas peu fiers pour autant de nous montrer leur réelle maison, juste en face, crépis violet récent, maison 4 façades, on se croirait presque en Alsace.

L’accueil et la générosité albanaise est ici à son paroxysme, car entre albums de photos de leurs enfants dont ils ont l’air bien fiers également, surtout leur fille mariée à un italien. Ils nous offrent tout bonnement : du Limoncello (il est 10h du matin), des biscuits et friandises, des noix et noisettes, des coings, des pommes de fertilité pour les filles et une tournée de raki car j’ai le malheur de me moucher (il est toujours 10h du matin..). Toutes ces denrées matérielles pour des gens qui ne semblent avoir que peu, mais surtout une gentillesse exceptionnelle.

On prend finalement congé car il nous reste quelques heures de route, après avoir tout de même été voir le gros camion et la jeep du Monsieur qui les garde bien dans son garage (dont certaines poutres ont été entaillées pour que le camion y rentre..).

Quelques kilomètres avant Girokaster, on s’arrête tout près de la petite de ville de Permet, connue pour son gros caillou en son centre, son vieux pont mais surtout ses eaux thermales. A dix minutes de là : Lengarica, un superbe canyon aux parois raides qui s’étend sur plusieurs kilomètres. Le paradis des touristes d’été qui le parcours pieds dans l’eau pour y découvrir sa beauté avant de revenir plonger entièrement dans le bassin d’eau sulfurée à 40° aménagé près de l’entrée. On choisira cependant l’option visite panoramique en faisant une randonnée qui longe tout le canyon d’un côté puis de l’autre, mais d’en haut seulement ; l’ombre et l’eau du fond des gorges inspirent peu en décembre. Cependant, le bain de souffre lui, on n’y manquera pas histoire de relâcher nos muscles endoloris après ces longues heures d’effort et apprécier le coucher de soleil sur les montagnes enneigées.

Noël donc. On le passe à Girokaster, perdue dans les montagnes également, cette ville d’assez grande importance est le fief de la province et est surmontée d’une grande forteresse qui a vu toutes les époques se succéder. On y retrouve des vestiges du Moyen-Age, des canons de la première, des chars de la deuxième et des avions de la guerre froide. L’entrée gratuite pour Noël nous a tous fait sourire.

Le réveillon quant-à-lui fut bien festif comme il se doit. Nous étions huit personnes, 4 couples d’horizon divers à partager un repas copieux. Nous avons en effet rejoint l’appartement d’un Néo-Zélandais : Jade qui est venu s’établir là-bas pour être au côté de sa fiancée elle-même albanaise et rencontrée on-line. Se sont jointes à nous Moni et Stefi, deux allemandes qui parcourent la côte adriatique depuis l’Allemagne à vélo ! On se paire et on prépare entrée, plat végé, plat viandard et dessert pour tous avant de dévorer tout ça et de finir la soirée à jouer au Wanted.

La digestion effectuée, nous repartons vers la côte, où nous attend le soleil et des cailloux – en manque de grimpe peut-être… En chemin on s’arrête à « l’œil bleu », un phénomène naturel de rivière souterraine qui ressort en créant un tunnel de plus de 50 mètres de profondeur et qui ressemble étrangement à une pupille… selon les panneaux du moins. Le plus étrange est l’état du site qui, sur des photos antérieures retrouvées sur internet paraissait complètement aménagé, avec petites terrasses sur l’eau et tavernes pour touriste. De tout cela il reste des ruines, des débris et des morceaux de faïences. Un cahot peu compréhensible.

La dernière destination de notre périple albanais se nomme Gjipe et ce sera notre coup de cœur du pays. En effet, c’est une plage de sable fin, orientée vers l’Adriatique et située à la fin d’un canyon de roche rouge-ocre qui offre des voies d’escalade variées, longues et spectaculaires. Le cadre est magique, c’est pourquoi un petit camping de hippies s’y est installé. Peu de monde en cette saison mais le soleil est au rendez-vous, le t-shirt peut même tomber pour grimper. On accède à la plage via un sentier qui offre une vue sur toute la côte sud, la piste étant trop mauvaise pour le camion. Mais ce panorama et le bivouac super juste au-dessus valent bien la marche. On s’y sépare de nos copains qui repartent en stop pour d’autres aventures pendant qu’on profite de cette escalade entre plage et rocher.

C’est sur cette note de soleil couchant, perdus dans un monde merveilleux, l’esprit plein de la générosité et de l’accueil des albanais, qu’on quittera ce pays où 3 jours se sont transformés en 3 semaines pour se diriger vers la Grèce et y vivre le début d’une nouvelle année.

[#3] De l’Ouest vers l’Est ; de Pen-Hir au Liechtenstein en passant par Fontainebleau et le Kronthal.

On a vu la France de long en large, des Alpes aux Pyrénées ; de Biarritz à la Bretagne, il est temps de se diriger vers les Balkans qui sont quand même la destination phare du voyage !

Pour se faire, route rapide de l’extrême Ouest à l’Est. Quelques étapes tout de même sur la route, histoire de faire le plein de baguettes, de bérets et de jus de raisin. Bien entendu, pour tout grimpeur qui se respecte, les étapes intermédiaires se feront sur des sites d’escalade. Nous voilà donc à traverser la France en compagnie de divers covoitureurs. 

Petite halte d’une journée au paradis du Bloc, Fontainebleau bien sur ! Quelle surprise d’arriver ici de nuit et de trouver dans un parking choisi presque au hasard, une bonne quinzaine de vans allemands, suisses, belges ou hollandais, la haute saison à Bleau, c’est pas l’été ! 

On en profite pour grimper quelques circuits faciles, pas de crash-pad (je l’ai laissé à la maison, c’est encombrant ce truc) du coup on fait des blocs plutôt simples dans lesquels Athé apprend le fameux « claquage » du rocher et les sorties gracieuses sur plats. 

Seconde halte en Alsace, l’occasion de dire bonjour à la famille et de profiter du gré rose des Vosges au Kronthal (7a à vue wouhouu, ça faisait longtemps). 

On traverse la Suisse sans s’arrêter, trop de tentations ici mais aussi des montagnes qui commencent à refroidir sévèrement en altitude. 

Notre objectif du jour : Le Liechtenstein ! Eh oui, après l’Andorre, pourquoi ne pas aller visiter cet autre pays Européen qui reste une destination non conventionnelle et une croix à cocher dans la liste des pays. Ici, l’idée est de gravir le Vorder Grauspitz et ses 2599m. Depuis mon ascension de l’Aneto (sommet culminant des Pyrnénées) et du Comapedrusa (celui de l’Andorre), je me suis fixé l’objectif de gravir le sommet le plus haut des pays qu’on traverse. La France et l’Italie, c’est fait il y’a 5 ans déjà avec le Mont Blanc. La Suisse, c’est déjà foutu à cette saison car un 4000 sans acclimatation et dans le froid, c’est un peu rude en sortant les pieds de l’Atlantique ! C’est peut-être pour ça qu’on s’y ai pas arrêté…
Bref, grosse recherche d’infos car même si le sommet est modeste, il n’a pas de chemin tracé jusqu’à sa pointe, on ne trouve pas grand chose concernant son ascension mais finalement une route est envisageable et on passera la nuit à Malbun pour entamer notre marche dès le lendemain matin.

Réveil aux aurores pour mettre toutes les chances de notre côté, la journée s’annonce ensoleillée, c’est bien ! La première partie se déroule dans une vallée à partir de Steg jusqu’à une hutte qui fait restaurant. Ca souffle un peu et le soleil tarde à s’élever au-dessus des montagnes environnantes, on a un peu froid mais en marchant dans cet environnement champêtre on profite du moment.  

C’est après avoir gravi un bon mille mètre de dénivelé et quand l’herbe et la terre gelée craquent sous nos pieds qu’on commence à se rendre compte qu’on est en pleine face Nord et que le soleil, il est pas pour tout de suite… c’est qu’on commence à avoir froid aux doigts. La brise souffle plus fort, c’est glacial mais on en veut, plus que 300m de déniv et on y est. Et puis le col est ensoleillé là-bas, sur cette arrête qui mène à l’antécime avec un chemin, et puis au vrai sommet en plus aérien, mais selon les récits, ça passe bien. On croise deux personnes qui redescendent et nous font des gestes d’oiseaux ou d’avion on sait pas trop, en gros ils signalent que ça souffle en haut. On est presque sur l’arrête, allons voir par nous-même, il faudra bien poser les pieds mais un peu de vent c’est classique en alpi non ? 

Arrivés au col, la vue est bluffante et le soleil réchauffe… enfin ça c’est quand on s’abrite car le vent n’est pas une brise, c’est un flot continu à 80km/h avec des rafales plus rapides encore ! De quoi décrocher pas mal de sapins ou arracher la cape de Superman ! On est pas venu jusqu’ici pour s’arrêter si proche du sommet, on continue tant bien que mal passant d’un côté – à l’abri du vent mais dans l’ombre gelée – à l’autre – en plein soleil mais avec le vent qui nous empêche de choisir où poser le pied. 
10m, 20m, 50m… demi-tour. On a beau être solide sur nos gambettes, le baton est salutaire et le vent froid traverse tout. Un bon montagnard est celui qui sait renoncer (phrase qui fait toujours bien en cas de défaite non?). 

Retour au soleil par la voie directe pour se réchauffer, manger un bout et redescendre à la vallée, au van, et à Vaduz, la capitale où il fait bien meilleur. 

C’est donc le Liechtenstein, pays de 37 000 habitants, de 160km² et son sommet à 2599m qui mit fin à notre projet d’ascension des sommets culminants des pays traversés. La prochaine fois, on partira au printemps pour des défis stupides en altitude ! 

Direction la côte, le plancher des vaches et les rochers au soleil ! … enfin presque… ( suite au prochain épisode).

Eh oui ça souffle !!! En image et en son.

[#2] Escalade à Pen-Hir, des vagues et des spits.

Après notre périple sur l’Atlantique, l’envie de vagues et de mer était encore bien présente. Ceci-dit, l’envie de gratter du caillou était tout aussi forte. Nous voici donc en route vers Pen-Hir, LE rocher de Bretagne, qui allie mer et montagne – ou tout du moins, vagues et rochers (ou vagues rochers…). 

Pen-Hir, c’est une pointe à l’extrême Ouest de la France (quasi quasi), au bout de la presqu’île du Crozon, dernier bled en vue : Camaret-sur-mer. On roule vers l’Atlantique, on arrive sur un parking avec une superbe vue mais pas de falaises, elles sont toutes en dessous de nous, éh oui, ici ambiance Calanques, avec de la houle en plus ! Il faut descendre pour atteindre les voies. Parfois à pied, parfois en rappel. 

Premier jour, on arrive les mains dans les poches, sans topos (ce qui est devenu une habitude ceci-dit), c’est Marion, la big pote à Athé qui en a un et qui l’apporte seulement le lendemain. Coup de bol, alors qu’on allait partir à la découverte du site sans nos sacs, un groupe de parisiens plutôt sympas (je sais c’est étonnant…) retourne au parking pour la pause déjeuné. Ils ont le topo et nous le prête tout en nous conseillant le site d’où ils remontent. Bon conseil, on se retrouve à descendre les pieds dans l’eau au départ de la Dalle de Verre. Ici des voies de chauffe et un peu moins ( 5a, 5b, 6a,6b). C’est parti pour un retour à la grimpe pour Athé qui n’a pas bien fait ses devoirs en Belgique, et un tour de chauffe pour moi qui ai plutôt randonné que grimpé dans les Pyrénées. 
A conseiller, la 5a avec son petit passage toit Yosémitien et la 6a technique et très jolie ; la 6b si vous voulez y laisser des ongles…

Particularité de plusieurs secteurs par ici, il faut faire attention à la marée, au risque de se retrouver avec un assureur qui prend l’eau ! 

Marion arrive le soir, juste à temps pour voir la météo changer et une belle tempête qui s’annonce, le vent souffle, on s’abrite dans les camions et on passe une soirée à tanguer sur le parking. 

Le lendemain, pluie et vent, quoi de meilleur pour goûter aux fameuses crêpes Bretonnes et au cidre légendaire. Chez Mémé Germaine, on est bien au chaud, on mange bien et on a la vue sur le site en plus ! On squatte là, on en profite pour planifier la suite, bref, ordi, covoit, factures, téléphone, un jour de pluie en gros ! 

Le soir même la coloc de Marion et sa copine nous rejoignent en manque de grimpe, après avoir planté la tente plus au moins à l’abri du vent en manœuvrant les camions en formation romaine, on retourne prendre quelques bières chez la Mémé pour s’abriter et festoyer. 

C’est parti pour deux jours de grimpe plaisir au bord de l’eau, le temps est au beau-fixe et le rocher bien sec, le vent se calme et on en profite pour faire quelques grandes voies qui nous mènent vers un superbe promontoire avec des jolies longueurs bien exigeantes en léger dévers. Avec les bateaux qui passent derrière nous, ambiance garantie ! Le dernier jour, Athé me suis dans « la grotte » pour de nouvelles sensations, c’est dur mais c’est beau ! 

En gros, Pen-Hir c’est une escalade grandiose mais exigeante sur un rocher franchement bon, avec un équipement (pour les voies équipées) qui tient bien la route malgré l’environnement littoral (merci aux ouvreurs pour leur boulot !). C’est surtout une grimpe avec un panorama et une ambiance exceptionnelle ! Les Bretons n’ont pas beaucoup de rochers, mais Pen-Hir est définitivement un site « majeur » !