[#16] Bulgarie, Serbie, Hongrie, Autriche, Allemagne, Maison. Retour aux accents divers.

  1. Grèce

Notre retour sur le continent coïncide presque parfaitement avec notre date de retour, à un mois près. En effet, nous avons décidé de rentrer en Belgique début avril, pour diverses raisons, ce n’est ce que pour préparer un futur voyage ?

Il nous reste donc un mois pour remonter d’un des points les plus méridionaux de l’Europe jusqu’au pays des frites et des bonnes bières : déjà des arguments de choix pour vouloir rentrer rapidement n’est-ce-pas ?!

Un mois, c’est une durée décente pour la plupart des gens qui prennent des vacances, mais pour nous, comparé au rythme adopté jusque là pour nos vagabondages, ça semble rapide ! C’est tout de même 8 pays que nous devons encore traverser. Faites les maths, ça ne laisse pas tellement de temps à chaque endroit ; et l’on sait d’expérience que chaque pays recèle de secrets et de découvertes pour des mois, voire des années d’exploration.

Bref, ça c’est le programme mais début Mars, nous sommes encore en Grèce et entamons notre route au Nord. D’Athènes que nous quittons au plus vite (fuite de la grande ville) nous passons par le site antique de Delphes avant de tracer jusqu’à Thermopyles où nous profiterons des eaux sulfatées aux températures exquises.

Montée vers le Nord ensuite vers un des sites les plus magiques que nous avons rencontré, un endroit de recueillement, un lieu culte pour sûr, et un paysage où l’escalade est reine depuis des décennies : les Météores. Imaginez-vous (ou regardez les photos) sortir d’une plaine pour découvrir des tours de roches agglomérées qui s’élancent vers le ciel, pures et nues pour certaines, mais chapôtées d’un monastère pour d’autres. Solution efficace pour se protéger des menaces, recherche d’ascension au plus près du ciel et isolement certain pour ces moines-grimpeurs qui ont construits ces édifices impressionnants. Certains sont plus accessibles que d’autres, beaucoup sont tombés en ruines mais une belle série continue d’être en activité. Les plus impressionnants sont ceux qui n’avaient d’accès que via leur « ascenseur » activé à main d’homme. Les premiers à commencer les travaux devaient être des grimpeurs, c’est sûr. La légende raconte que la corde de l’élévateur était changée uniquement lorsqu’elle cédait : la vie ne tient qu’à un fil…

Lieu historique de cette pratique, les Météores ont accueilli des grimpeurs depuis longtemps et plus particulièrement dans les années 80/90 lorsque l’escalade est devenue un sport à part entière. Ça tombe bien, c’est pour ça qu’on est là. Quelques jours sur place avec une météo divine nous on permis de faire quelques belles ascensions. La grimpe n’est pas très exigeante au niveau technique, mais bien au niveau mental : on grimpe sur un conglomérat de galets de différentes tailles qui nous permettent de progresser. Leur solidité apparente n’est pas rassurante, mais en général, ça tient. L’escalade est plutôt dalleuse (comprendre en inclinaison positive, donc reposante) et peu physique mais les points des voies équipées ne sont pas en surplus. En gros, ça engage facilement 5-10 mètres entre les points, et pas grand-chose pour placer entre, on a vite laissé le rack au camion. Pour toutes ces classiques, la chute n’est pas vraiment une option. Ceci dit, cet engagement contribue à la magie de cette escalade dans une ambiance sacrée, une grimpe méditative et l’accomplissement d’un sommet en haut de chacune des tours. Un coup de chœur, vraiment. Un paradis pour les grimpeurs, mais enchanteur pour les randonneurs aussi.  

Quelques jours plus tard, nous devons continuer la route, timing oblige. Notre dernière destination hellénique sera Thessalonique. Dernière grande ville du côté de la Turquie, port de la Méditerranée, entrée vers l’Europe. C’est une ville qui accueille un grand nombre de réfugiés, par choix ou pas, c’est selon. Dans tous les cas la ville s’est vue transformée par l’arrivée de cette nouvelle population. Nous arrivons un jour de fête et profitons donc de la journée pour aller flâner sur les quais. L’exploration aurait pu être sous une meilleure aura car nous ne nous sentons pas à l’aise dans cette ville. Tout d’abord car, à peine garé, le temps de chercher un pull à l’arrière du camion, j’en ressors pour découvrir un type monté à l’avant et fouillant la cabine à la recherche de pièces. Je le fais sortir et il aura encore l’audace de me demander de l’argent ! Cet incident associé au fait que personne ou presque ne porte son sac à dos dans le dos, mais bien sous le bras nous fais ressentir un sentiment d’insécurité. C’est dommage que la recherche d’opportunité de certains nuise à la réputation de tant d’autres.

  1. Bulgarie

Il est temps de passer la frontière Nord du pays, et d’arriver en Bulgarie ! Pays européen depuis peu, un des derniers du lot, mais qui garde une réputation peu flatteuse : mafia, pot-de-vin, pauvreté et corruption. C’est le pays le plus pauvre de l’Europe semble-t-il et en effet, en zone rurale, les prix sont presque équivalents à ceux de l’Albanie : « c’est pas cher ». Les campagnes gardent cet aspect rustique d’antan, celui de ces endroits où le temps semble s’être arrêté par manque de moyens, avec une certaine beauté intrinsèque cependant.

Notre première halte aura des arômes de raisins fermentés. La région de Melnik est connue pour ses vins que nous gouterons sur place avant d’emporter quelques bouteilles.

On y visitera ensuite un très beau monastère sur la route vers la capitale. Le temps étant maussade, pluvieux et froid (Sofia est la capitale Européenne la plus haute en altitude) nous gouterons une belle spécialité à base de pâtisserie et chocolat chaud épais et visiterons un des plus grands musées de la ville. Hébergé par un serbe installé ici, nous apprenons pas mal de choses sur le pays, le gars est super sympa et nous sommes bien contents de passer les nuits au chaud ! Un fait marquant de la ville, qui a été bien plus prospère jadis au vu de ses bâtiments, est le parc automobile : le nombre de grosses BMW X6, grosse Mercedes classe E et autres bolides à 100 000€ ne colle pas avec l’économie du pays ! Il semblerait que le bulgare de base s’endette à vie pour se payer une voiture-image qui lui donne un air viril et de réussite.

Une petite randonnée dans les alentours, pieds dans la neige et nous voilà partis vers le Nord du pays qui offre quelques beaux sites d’escalade que nous voudrions découvrir. Le « Petzl Rock Trip » y est passé quelques années auparavant et leur vidéo nous donne envie. Ils avaient parcouru deux sites, nous irons voir le premier qui est impressionnant mais pas en condition à cette période : Prohodna . Une grotte, ou plutôt un tunnel souterrain, ouvert aux deux extrémités vers une cavité d’une cinquantaine de mètre de haut. Assez-magique par sa prestance, et parcouru des touristes qui viennent admirer les deux fenêtres sommitales qui apparaissent comme des yeux au plafond. Figure divine semble-t-il.

Ensuite, nous irons vers « Vratsa », qui veut dire la porte en bulgare. En effet une chaine de montagne calcaire qui se rétracte en forme de V autour d’un cours d’eau qui permet de passer d’un côté à l’autre, d’une vallée à l’autre. Niveau escalade, il y’a de tout : du sportif, du trad, de la couenne, de la grande voie, de la dalle et du dévers. Un beau panel qui en fait le site le plus réputé du pays. On y rencontrera un couple de bulgares super sympas (ce qui n’est pas un adjectif commun à tout le peuple) avec qui nous partagerons des astuces, des histoires et un bon feu de camp.

Enfin, avant de quitter le pays nous ferons halte à Bozhenitsa, site plus modeste mais carrément génial. Et pour cause, c’est du grès ! J’adore cette roche, et l’escalade (couenne) y est sportive, aérienne et sculptée : tout ce que j’aime. Un peu comme Berdorf pour les connaisseurs, mais en 5 fois plus grand !

  1. Serbie

Frontière de l’Europe à nouveau, la Serbie n’en fait pas partie, elle est sur la liste des candidates depuis de nombreuses années mais, selon nous, plus avancée économiquement et au niveau des infrastructures que la Bulgarie. Une certaine position vis-à-vis du Kosovo bloque son entrée dans l’EU. Les files de camions à la douane sont le signe d’un passage difficile entre ces pays limitrophes mais séparés par ces nouvelles frontières. Nous sommes d’avis qu’ils devraient pouvoir accéder à la Zone, historie Kosovare résolue cela-dit.
Un pays intéressant, au niveau topographique d’abord, géologique même avec notre première halte aux portes de Vratna, d’immenses ponts de roche se succédant, plafonds de grottes effondrées à nouveau comme en Bulgarie mais ici pas de tunnels, juste ces portes vers la forêt. Joli ! Pas étonnant qu’un tel site soit devenu le lieu de création d’un monastère. Content d’autant plus que nous y sommes arrivés par hasard, suivant un panneau au détour d’un virage.

Deuxième et la plus magnifique de ses prestations géographiques : le cours du Danube qui fait frontière avec la Roumanie (avec l’Europe). Ce fleuve s’écoulant de l’Allemagne à la mer morte est un des plus longs d’Europe et parcourir ses berges est un réel plaisir. En Serbie il prend des tournures exceptionnelles grâces à des gorges étroites et profondes. Magnifique paysage à découvrir à la marche, à vélo ou peut-être bien au fil de l’eau (projet futur ? en tout cas la descente de l’entièreté du fleuve doit être une belle aventure !). Anecdote amusante, nous captions le réseau Roumain (EU) depuis les berges du côté Serbe, pratique pour communiquer mais par contre le fuseau horaire n’est pas le même, plutôt décalé comme histoire !

Pour se promener dans les zones protégées autour du Danube, il faut être accompagné d’un Ranger. L’accompagnement est gratuit mais l’entrée dans le parc est payante (5€ si je me souviens bien). On tente l’expérience, malgré le fait que payer pour aller se promener est un peu contre nos principes, on prend le gars et lui demande quelle rando serait la plus belle. Il nous propose un point de vue qui serait un des plus beaux et c’est parti. Bon au final, c’est une « rando » d’1.5 km sur un sentier supra balisé… on aurait probablement pu se passer de lui mais il parait qu’il y’a des caméras qui surveillent, et puis on en a profité pour lui poser plein de questions sur son pays, intéressant tout de même. La vue valait le coup malgré tout (malheureusement, on ne peut pas laisser le Ranger dans les bois, il faut le ramener à sa base, ça nous aurait éviter un aller-retour).

Le long du Danube, de ce côté ont également été retrouvées des ruines, des restes et des fragments d’une civilisation qui serait la plus ancienne d’Europe.
Un musée, intéressant également pour son architecture, retrace ces découvertes et reconstitue le village-archéologique ou plutôt le campement qu’ils ont pu dénicher. Reconstitution car le camp original est aujourd’hui enfui sous les eaux du Danube faisant suite à la création d’un de ses barrages. L’appellation de Lepenski Vir est à retenir et vous pouvez même visiter le musée en ligne : www.lepenski-vir.rs . Plus de 9000 ans avant notre ère !

Plus haut sur les rives du Danube, là où il se calme, s’élargit et où les gorges acérées font place aux champs et prairies, nous avons rendez-vous avec notre Couchsurfer du jour à Smederevo, petite ville-arrêt avant la capitale, histoire de passer la nuit dans un endroit plus calme. La ville est sympa, le château fort impressionnant, faut dire qu’ils en ont pas mal des forts de l’époque, c’est d’ailleurs l’attraction principale de Belgrade où nous irons passer la journée suivante.

Ce château, ou plutôt cette énorme forteresse abrite le Zoo hypra-bondé (on est juste passé devant les grilles et la file) mais aussi des musées, des cafés et choses très agréables : de nombreux espaces verts ouverts au public avec ou sans vue sur le Danube (encore) et sur le reste de la ville. C’est vraiment un lieu appréciable, on a beaucoup aimé. Et encore plus grâce à la surprise découverte dans l’enceinte la plus protégée : des grimpeurs. Eh oui, même si les rochers Serbes ne font pas légion, les locaux ont trouvé de quoi s’amuser. Traversées le long des murs (un peu comme au Cinquantenaire de Bruxelles) mais également moulinettes installées depuis les remparts, plutôt sympa comme salle !

Le reste de la ville est assez beau aussi, on retrouve une architecture d’un âge d’or un peu passé, mais avec une richesse plus marquée encore aujourd’hui qu’en Bulgarie. On pressent que notre remontée vers le Nord s’articule autour d’une remontée en prospérité, les prix en témoignent. Quartiers touristiques et ville bondée, c’est joli mais ça reste une grande métropole, pas notre tasse de thé.

La fin de notre périple en Serbie ce sont des parcs nationaux où camping et feux de bois sont bien vus et la ville de Novi Sad. Le nom pourrait faire écho car c’est celle-ci qui a subie les assauts de l’OTAN en 1999. Plusieurs mois de bombardements détruisant les ponts de liaison entre les rives du Danube mais aussi une bonne partie de la ville. Bombardements incessants jusqu’au retraits des troupes Serbes du Kosovo. Un ultimatum peu convivial dont la population se souvient encore. On en a rencontré et l’incompréhension d’un tel acharnement reste bien présent dans les esprits. On visitera notamment une exposition célébrant les 20 ans de cet anniversaire.  

C’est sur cette note d’un souvenir plutôt sombre que nous passerons la frontière vers le pays suivant.

  1. Hongrie

La Hongrie, on la speed, à nouveau on est pressé par cet ultimatum qu’on s’est fixé. Et puis, on se dit que quitte à devoir avancer rapidement, autant le faire vraiment, il faudra revenir pour faire honneur à ces pays qui ont beaucoup à offrir. C’est aussi le cas de la Roumanie qui nous appelle par ses paysages attrayants. Ce sera pour un prochain voyage !

La Hongrie est un pays intéressant d’abord par sa géographie : la plus grande pleine d’Europe. En gros un énorme plateau plat entouré de montagnes qui forment ses frontières. Ensuite par sa langue qui n’a rien à voir avec ses voisines. Les seules racines communes avec le Hongrois ont été dénichées de l’autre côté de l’Astral dans un recoin de la Sibérie. Un peuple fuyant l’hostilité du grand nord il y’a plusieurs centaines d’années et s’établissant dans ces terres fertiles. Géographie encore avec le nombre de sources thermales parsemant le pays, près d’un millier. Une plaine aux souterrains volcaniques ! Et quel plaisir de se baigner dans ces eaux à température plus qu’agréable ! Ce sont d’ailleurs ces eaux thermales qui offrent la première attraction de BudaPest, capitale où l’architecture Austro-Hongroise témoigne d’une histoire prospère et riche. Une ville qui en regroupe deux : Buda et Pest, chacune d’un côté du … Danube ! Ici les prix sont à l’instar de l’Europe, on est clairement dans une ville touristique visitée par des vacanciers de tous horizons. Fini les restos pas chers et les courses à deux sous. Un petit site d’escalade aux alentours de la ville et une baignade dans un bain hypra local et nous revoilà déjà à la frontière suivante.

  1. Slovaquie

Un passage en Slovaquie, ou plutôt une incursion car nous n’avons pas le temps de visiter le pays et ses beautés. Uniquement un détour express d’un côté du Danube à l’autre. Le fait de rester en Union Européenne nous rappelle que la libre circulation est tout de même une belle avancée. Nous irons jusqu’à Bratislava pour y découvrir une toute petite capitale aux airs de ville de province malgré son architecture riche. Elle aussi accolée au Danube et surmontée d’un château, plutôt renaissance ici, et qui offre de belles perspectives sur les environs.

  1. Autriche

Qui dit retour vers son pays signifie pays déjà traversé. En effet retour en Autriche, mais bien loin cette fois-ci du Tyrol et de ses montagnes, nous sommes à l’Est ; plaines et forêts. Notre seule halte sera la capitale de Vienne dont nous avons entendu beaucoup de bien.

Première surprise fort agréable et pratique : un parking trouvé grâce à Park4Night (voir l’article sur nos applis : ICI ). Ce parking est interdit la semaine car utilisé par les « grands de ce monde », ministres et parlementaires, mais lorsqu’ils sont en weekend, il est ouvert au peuple, gratuit et toléré la nuit pour les campers ! Vous ne trouverez pas une chambre meilleure marché et aussi bien placée dans toute la ville, c’est garanti ! Bon le hic reste au niveau toilettes car les hordes de chinois se lèvent tôt et les fêtards citadins se couchent tard. Les lampadaires n’aident pas à l’intimité mais un musée aux abords sauve la partie.

La ville est agréable de nuit comme de jour, nous la visiterons des deux façons. Un centre historique ultra-dense historiquement, parsemé de parcs et de jardins où les habitants viennent pique-niquer. Une ville active le long d’un fleuve que nous commençons à connaitre…. Avec ses berges artistiques, ses rues commerçantes son mélange d’architecture renaissante et contemporaine et ses activités. On tombera sur un festival mettant à l’honneur les deux roues non-motorisés (les vélos quoi) dans toutes leurs formes : BMX, vélo de ville, électrique, sportif et plus impressionnant le vélo freestyle avec deux pistes de sauts. Décors de cathédrale pour des acrobaties aériennes. La quantité de musée est impressionnante et nous recommandons tout particulièrement le musée du Meuble, pas le plus médiatisé mais un des plus riches.

J’aurais presque pu passer le chapitre escalade car le Tyrol est clairement une région plus riche pour notre sport mais Vienne a quand même réussi une belle mise à l’honneur de ses hommes-araignées en transformant une de ces anciennes batteries anti-aérienne ( Flaktürme ) datant de la seconde guerre en mur d’escalade géant. Ces structures hypra-impressionnantes, gratte-ciels de béton aux allures de palmiers appartiennent à un patrimoine à la fois terrifiant et passionnant. L’intérieur de celle-ci a été aménagé en aquarium alors que ses murs extérieurs sont parsemés de prises.

  1. Allemagne

L’Allemagne, on y passe plus car c’est sur la route que par choix, on connait un peu et puis c’est moins exotique. Petites haltes intéressantes cependant, tout d’abord à Nuremberg pour une petite promenade printanière dans cette belle ville à l’architecture authentique.

Aux alentours de la ville, le « Zeppelin », site datant de la deuxième guerre, création du Führer envers sa fierté personnelle témoigne de cette période historique. Le site servait de rassemblement pour les discours d’Hitler et les proportions sont juste hallucinantes. L’ensemble du site n’a pas été terminé mais les traces persistantes permettent de se rendre compte des ambitions titanesques de ce despote. Big up pour le musée qui regorge d’anecdotes historiques.

Nous ferons une dernière escale à Wiesbaden, ville un peu huppée en bordure de Francfort. Nous y serons hébergé par Alberto, un ami avec qui j’ai beaucoup grimpé en Espagne quand je vivais à Madrid. Vraiment chouette de se revoir, de visiter sa petite ville ensemble, et un très bon timing car deux semaines plus tard il déménageait à Lyon ! La prochaine rencontre se fera plus au Sud. Nous avons profité de ses topos pour aller grimper un peu dans le coin, petit secteur à l’allemande, sur un gré assez exigeant mais plutôt sympa !  

  1. Hollande

Bon… la Hollande c’est pour avoir un point 8. car en réalité c’est juste l’autoroute qui passe d’Allemagne en Belgique, on a dû y rester une demi-heure sans même s’arrêter.

  1. Belgique

Retour au bercail, après 9 mois sur les routes d’Europe, un voyage qui s’est enrichi au fur et à mesure, qui était un projet personnel tout d’abord et est devenu une aventure partagée. Un voyage qui nous a permis de découvrir que l’Europe tant géographique que politique regorge de différences et de richesses (matérielles ou humaines). Un voyage plein de rencontres, plein de paysages, plein les yeux en gros.

Un voyage qui nous a donné soif, soif de plus et qui nous a ouvert les yeux sur des possibilités que beaucoup refoulent pour des raisons plutôt futiles en général. Cette soif nous la nourrirons dans les mois qui suivent avec des voyages plus courts chacun de son côté, Athé en Inde et moi en Norvège. Et puis, c’est officiel, nous avons pris nos billets et l’aventure continuera en Septembre direction l’autre bout du monde : l’Australie !

A suivre donc. Ceci n’est pas une fin mais un commencement.

[#15] Retraite en Crête

La Crète, doux nom qui nous plonge instantanément dans la Grèce antique, la culture Minoenne, des paysages étonnants, de l’huile d’Olive et de la cuisine diététique. La plus grande île de Grèce a su totalement nous conquérir !

Après une douce nuit sur le pont de notre « petit » bateau de traversée, pas le droit de dormir dans le camion pour des raisons de sécurité, nous arrivâmes au beau matin en douce Crète. Visite d’Héraklion et départ rapide pour Chania, retrouver nos copains Anaëlle et Rémi, pas vu depuis si longtemps ! Grâce à la fantastique Veronica, couch surfeuse au top, nous découvrons cette charmante ville et les alentours. J’ai particulièrement aimé la balade tout au nord à Moni Katholico, à la recherche de la cache des pirates. On n’a pas trouvé le trésors mais le paysage vaut de l’or !

Déjà 24h sur l’île, il était temps de grimper ! Le site de la grotte de Tersanas près de la magnifique plage de sable blanc de Balos semble tout indiqué. C’est l’une des plus belle plage du monde, la preuve en photo! La contempler se mérite : la route se dégrade d’un coup et devient une piste. Après une 1 heure à se faire secouer dans tous les sens, on se dit que la prochaine fois on prend un véhicule 4×4 ! (à suivre dans nos aventures en Australie !)

Le niveau d’escalade requis dans la grotte est exigent. Le site est grandiose, rien que la marche d’approche en vaut la peine et t’en mieux pour moi. Oli s’amusera bien dans une voie à colo…

Petite aparté, c’est le moment de vous faire une confidence, si vous croyez que je suis partie faire un tour d’Europe de grimpe avec un bon niveau en escalade, et bien vous vous trompez ! Avant le départ je n’avais jamais enchaîné de 6a en salle… mon niveau s’est bien amélioré mais je reste une cramique (=novice) ! Comme quoi pas besoin d’être un cador pour s’amuser avec des jolis cailloux.

De retour au campement nous ferons la connaissance d’une famille hors norme : les MYTAE. 2 parents et leurs 3 enfants en 4×4 qui dorment sur la tente de toit du véhicule. Plusieurs années de voyages, pas de scolarité classique pour les enfants mais une soif de leur transmettre des valeurs profondes sur la vie et la liberté… Une rencontre qui vous ouvre la porte des possibles.

Si vous voulez en savoir plus sur cette famille, ils décrivent leur façon de voir le monde sur la toile, par exemple via instagram :

https://www.instagram.com/mytae_rencontre_le_monde

Le vent froid de la tempête qui fait rage nous a soufflé vers le sud ouest de l’île. C’est partie pour la rando mémorable de Paléochora – Sougia. Ça devait être facile avec 12km le long de la côte montagneuse, enfin ça l’aurait été si notre petite équipe de rigolo’s avait eu envie de faire demi-tour mais que nenni. Faire du stop pour se faire déposer au milieu de nul part et se retrouver à marcher sur l’asphalte est bien plus aventureux. Espérer ardemment qu’une voiture passera et nous aidera à sauver nos chaussures et les membres qui sont dedans. Les 40km qui nous séparent du camion pourraient bien les faire partir en lambeau. La magie de l’aventure sera de passer par un village où les hommes crétois uniquement (ou crétins,j’ai un doute?!) sont occupés pendant leur dimanche à vider les chargeurs de leur pistolet dans une maison, c’est le Texas de la Grèce ! Nous trouverons 2 petites aides motorisées précieuses et rentrons juste à temps pour un apéro au coucher de soleil, mon préféré ! (Le vin était une production artisanale de l’île, une aventure à lui tout seul, étonnant en bouche et efficace pour élever notre niveau de bêtise, un beau cadeau ce pinard^^).

Et se fut le temps de la tempête généralisé et quelle joie de se jeter dedans tous ensemble ! Mais quelle tempête, les Crétois n’en avaient pas vécu des comme ça depuis au moins 50ans. Pour les copains qui dorment en tente ça sentait le chien mouillé, et comme j’avais bien envie de découvrir le Help X (c’est un peu comme le Woofing pour ceux qui connaissent, c’est-à-dire du volontariat contre un hébergement et de la nourriture). Nous nous retrouvons chez un couple d’Anglais dont le mec était plutot bon cuisinier, et comble du luxe notre lit était pourvu d’une couverture chauffante. Après 2 jours à terrasser leur jardin, extraire des souches (enfin une demie), ranger et nettoyer leur cuisine, peindre des panneaux, nous avions bien vite compris que ce ne serait pas l’expérimentation la plus enrichissante mais les pluies diluviennes nous font rester 1 jour de plus. Toutefois ça aura été une expérience et on apprend toujours: la prochaine fois je chercherai des lieux avec un dynamisme plus communautaire, soutenir un projet plus large que d’aider un couple d’alcooliques fainéants !

Cette première tempête aura entraînée avec elle de nombreux arbres, fait déborder le lit des rivières, inonder une partie des villes du nord de l’île et même se faire s’effondrer des ponts… Pendant la tempête, Oli voulait traverser un guet d’où un filet d’eau s’écoule. A force de persuasion et de démonstration de jet de cailloux qui se font entraîner avec la force du courant, nous sommes allés nous abriter derrière un monastère, dans un tout petit recoin bien encastré entre des murs, ainsi protégé du vent qui faisait rage, nos copains dans la chambre d’amis (l’avant du camion!). Et heureusement, le lendemain en repassant devant notre guet le filet d’eau était devenu torrent… C’était incroyable, on aurait été bloqué quelques jours de l’autre coté si on était passé. Il faut faire attention, durant la tempête, 4 jeunes sont décédés, emportés par l’eau lors d’un passage de guet.

Pour se remettre de nos émotions, notre objectif du jour était de trouver une skafian pie, célèbre tarte de Hora Skafion, composée de sucre, de sucre et de sucre ! Que de l’amour pour notre ami Rémi. Hors saison et avec ce temps de chien notre mission s’est soldé par un échec. Pas le temps de se laisser abattre, nous allons voir la belle roche de Plakias en bord de plage, les lignes sont superbes mais aujourd’hui cette dalle ruisselante ressemble plus à une cascade qu’à un mur d’escalade. Nous n’avons qu’une envie : revenir avec le soleil. On se consolera au café, à regarder passer les nuages en mangeant des gros gâteaux crétois…

Nous continuons notre route vers les grottes troglodytes des hippies de Matala. Ce site est situé sur un ancien cimetière romain converti en logement au standing du hippies des années 70. Il faut dire que le lieu à tout pour plaire, une crique à l’eau turquoise protégée par 2 belles falaises percées telles un gruyère. Après 10ans le rêve a pris fin quand la municipalité à compris qu’elle pourrait en faire de l’argent ! Ça faisait longtemps que l’on avait pas vu des cars de chinois…

Pour cette raison et celle de l’arrivée de la police (faut croire qu’on a vraiment pas le droit de sauter les grilles pour rentrer dans le site après la fermeture, ca manque de « hippiness » aujourd’hui cet endroit), nous partons un peu plus au sud en direction des gorges d’Agio Farango, gros spot d’escalade que nous sommes décidés à découvrir après en avoir entendu beaucoup de bien.

Le lieu est particulièrement reculé et avec les intempéries la « route », piste constituée de cailloux plus ou moins gros, était très chaotique jusqu’à devenir infranchissable au niveau d’un guet devenu rivière. Qu’à cela ne tienne, toujours avec les copains, nous allons contourner le problème et aller au village « d’à côté ». Ils nous faudra juste 45min de marche, une belle rando côtière de type montagne tout de même. Au vue de la pluie tombée, nous décidons d’aller inspecter les lieux sans tout le matos. Pour les non grimpeurs je vous fait une petite description de notre équipement à trimballer en falaise équipée. Attention départ : Chaussons, souvent 2 paires (chaussons techniques et pantoufles de grimpe « confortables »), baudrier, descendeur (pour assurer son équipier), un jeu d’une 20aine de dégaines, mousquetons, corde de 80m (= pèse son poids!), sangles, casques, sans oublier l’eau et un peu de miam miam ! Je dirais un peu plus de 10 de kilos à répartir entre nous.

La gorge est profonde, belle et mouillée. On repaire nos secteurs et continuons pour une belle balade de 15km en terrain vallonné. Pour moi qui aime marcher, c’est le paradis ! Vous êtes peut être blasés par nos jolies photos de paysages incroyables, nous pas ! A vivre, c’est une joie. Autant de beauté sauvage au quotidien, ça rend heureux !

Dommage pour nous, nous étions sensé être protégé de la tempête mais elle revint en force. Nous fuyons ! Dans tous les sens, les copains partent vers une ville romaine obscure qui doit avoir un château (grosse passion de Remi) et nous vers d’autres falaises!

En chemin on s’arrêta pour faire une rando à Zaros. Une source naturelle de l’île. Je visiterai l’ancien site Minoen de Phaïstos. Passionnant et incroyable de se rendre compte de l’influence d’un seul homme sur notre perception d’une civilisation qui existait il y a 4000 ans. L’archéologue Arthur John Evans s’est inspiré de recherches scientifiques bien sur mais les a mêlées à ses croyances personnelles pour développer ses théories et son histoire de cette civilisation dont il est par ailleurs l’auteur du nom qu’il leur a attribué selon le mythe du roi Minos… (qui est donc bien un mythe). J’ai préféré le palais de Phaïstos à celui, plus connu, de Knossos près d’Héraklion. Où ce malade d’Evans a décider de bétonner le site historique, de peindre à sa fantaisie les fresques du palais le déformant à tout jamais. Son empreinte sur la civilisation minoenne est énorme et pas très réglementaire…

On ira 2 jours à Kapetaniana. Le site est grand mais pas forcement en bon état. Les points sont usés et n’inspirent que peu la confiance. On fait quelques jolies lignes, les longueurs sont courtes, le cadre agréable, bien que escarpé. Un vrai sentiment de montagne très agréable tout de même.

Et nous repartons vers une autre falaise en bord de mer. Mais la encore, il faudra la mériter. Déjà il faut préciser que nous sommes dans une Crète reculée, loin de l’agitation touristique, et oui ça existe encore, les routes sont mauvaises et les dénivelés sont importants. Pour sûr je me souviendrai longtemps de cette route. Imaginez 1000m de dénivelé à descendre de manière abrupte avec notre petit Pouet Pouet, sur un chemin tantôt un peu asphalté, tantôt bétonné, tantôt gravillonné, tantôt poussiéreux. La descente passe encore petit joueur mais clairement j’ai serré les fesses à la remontée !! Très fière de mon pilote car les virages en aiguille étaient sec, très dérapant avec des inclinations pas faciles pour notre camion (tout le poids est sur l’arrière, alors que c’est les roues avant qui tractent). J’ai cru qu’on allait rester coincés. Malgré le pied au planché, le camion reculait quand même… Super technique de super pilote, redescendre les derniers lacets, et foncer !!! Heureusement qu’il était là (pour lui « ça passe » toujours ^^) c’est pas donné à tout le monde de gérer ce genre situation. Là encore on est repartis avant que la pluie ne vienne et fort heureusement sinon je ne pense pas que l’on aurait pu en sortir ! Mais dommage car nous n’avons pu profiter de ce micro village et ces cailloux que quelques jours durant. Dans ce village de 6 habitants en hiver, nous avons eu le privilège d’en rencontrer un. Avec lui les mots accueil et générosité prennent leur véritable nature. Malgré une barrière de la langue, c’est avec insistance que nous comprenons qu’il nous invite à prendre le café. Ce serait peu intéressant de conter ici tous nos échanges ou leurs tentatives, ou de compter le nombre de victuailles offertes mais cette chaleureuse rencontre restera gravée comme un moment privilégié avec une personne ouverte qui partage du mieux qu’elle peut (et la vérité j’essaierai de faire pareil quand je serai grande : donner sans rien attendre en retour!)

Pour accéder aux falaises une belle balade de 45 min longe la mer. En cadeau une épave cachée dans une crique et une église troglodyte. Le site de grimpe était beau, mais un peu vieux. Ça ne change rien au cailloux, par contre en ce qui concerne les protections c’est une histoire un peu rouillée ! Mais on a quand même profité de ce bel endroit. Je me rappelle une superbe une ligne en 6a. Bien physique mais heureusement c’est Oli qui est parti en tête. On trouve plusieurs longueurs en mutli pitch, nous en tentons une, sans trop savoir ce qui nous attend. Oli part en tête et je l’assure. Lorsque vient mon tour, je découvre des difficultés à monter, mais où sont les prises ? En premier j’accuse la roche de bord de mer, poisseuse, dans laquelle il est difficile de donner sa confiance. Pourtant Oli est en haut, c’est que ça passe. Je me retrouve seule, bloquée. Chaque voie en escalade est une aventure. De celle là je me rappellerai avoir essayé en force, puis d’avoir glissé, de m’être fait un petit bobo et me dire que l’escalade c’est pas pour moi… Mais finalement une fois en haut, j’étais juste tellement heureuse, les sentiments d’accomplissement et de fierté mélangés.
De son côté, Oli était dans son élément avec des lignes un peu physique, extrêmement sculptées mais surtout des voies d’un esthétisme rare ! Du pur bonheur en bord de mer, malgré un peu de poisse dû aux intempéries et à la faible fréquentation du site, les structures rocheuses étaient de beaux montages en trois dimensions.

On a quitté notre trou, pour aller vers l’Est. Hop un petit bisou de départ au copains qui prenaient leur bateau à Sintia. Puis balade entre un Olivier de 3500 ans, l’arbre hein, la plus grande palmeraie d’Europe et les gorges de Zakros la Crête, on se dit que la Crête est un bijou au naturel. Nous passerons 2 jours dans les « gorges de la mort », encore une fois avec la tempête. Elle nous aura amené un penseur Allemand, pas équipé pour survivre sous la pluie et qui trouvera refuge dans pouet pouet ! Dommage pour nous, il y a quelques voies au début des gorges mais leurs pieds sont inondés et la paroi ruisselle. Ça ne nous empêche pas de marcher pendant 2 jours dans ces beaux paysages variés et dynamiques. La remontée de la rivière à chercher les marques sous l’eau restera un très bon souvenir.

On profitera du beau temps qui arrive enfin pour retourner sur Agio Farango et grimper quelques jours là bas. Le site est majeur. On s’est gardé quelques jours de beaux temps avant le retour sur Héraklion. C’est avec une facilité hors norme que l’on a sympathisé avec la communauté de grimpeurs du coin. Quelle plaisir de les avoir rencontrer. Leur « salle locale » est une ancienne grotte dont le plafond c’est effondré et a créer un cirque rocheux entouré de voies grimpables toute l’année : Voulismeno Aloni. Trop cool ! On profitera aussi du beau temps pour se baigner un peu (la 1er fois de notre étape en Crête).

Après 1 mois passé sur l’île, je peux dire que j’aimerais y revenir. Malgré des conditions météo difficiles et surtout très inhabituelles aux dires des autochtones ce lieu est magique et regorge de merveilles dans ses paysages, sa culture, sa gastronomie et ses habitants. Un lieu paradoxale où les touristes de masse ont trouvés leurs plages et leurs resorts, mais il existe encore vraiment une crête sauvage et authentique à découvrir hors des sentiers battus – ou en hiver.

[#14] Le tour du Péloponnèse |2| Le long des doigts, Nauplie et Léonidio

Vous l’aurez compris… écrire des articles le long du voyage n’est pas chose facile. Arriver à garder le rythme est loin d’être aisé et nous nous sommes fait pris au piège. Nous avons donc écrit en décalé pour vous raconter en détail des histoires passées quelques mois auparavant déjà. Nous voulions accorder l’importance que méritent ces instants passés. Mais alors qu’écrire en décalé relève déjà d’un jeu d’esprit, raconter notre voyage aussi profondément en étant rentré relève d’un défi supplémentaire.

A l’heure actuelle, Athé est en Inde a découvrir des beautés pimentées tandis que je suis de retour sous la pluie Belge à préparer mes escapades suivantes en Norvège et dans les Alpes. Les pensées sont au futur et moins au passé.

Mais un tel projet, un tel voyage mérite une fin glorieuse et non pas l’oubli induit par une errance d’écrivain. Nous tacherons donc de mettre un point d’honneur à terminer ces récits avant les aventures qui suivent. Les articles seront donc un peu plus succincts mais d’autant plus intenses !

Je vous ai laissé lors de notre dernier article sur les bords de plage de Kalogria, au Nord-Ouest du Péloponnèse. Ce dernier qui offre un panel de paysages aussi variés qu’un petit pays en soi. L’hiver faisant crise, nous choisissons d’en faire le tour, de parcourir ses doigts et non sa paume hérissée de sommets enneigés. La météo n’a pas été la plus clémente pour ce périple, et c’est peu dire. C’est pourquoi nous passons la plus grande partie de nous journées à arpenter les routes côtières dans une ambiance bien particulière ; entre orage et rayons perçants. Un souvenir qui, bien que peu sportif, nous laissera des images magiques. Un orage au-dessus d’une mer déchainée reste un des plus beaux spectacles que la nature ai à offrir. Terrifiant et fascinant à la fois.

Nous avons traversé Pyrgos d’où, abrité par un ancien pilote de Jet militaire, nous irons visiter les ruines de l’ancienne Olympe (origine des J.O.), avant de nous diriger vers les sites marquants que nous avait indiqué Konstantinos lors de notre visite à Patras. On mettra en exergue la plage de Voidokilia, une des plus belles baies de Grèce, refermée sur elle-même tel un œil de tigre, on dirait un repère de pirate aux allures enchanteresses. Surmontée d’une grotte impressionnante et d’un château en ruine libre d’accès, passez-y si vous êtes dans le coin, le panorama est envoutant !

Après un réveil sous la grèle, nous irons également voir Gerolimenas et son petit village en bord de mer avant de nous diriger vers la pointe la plus au Sud de l’Europe continentale : le phare de Tenaro. Une randonnée relativement courte pour arriver à ce bâtiment qui symbolise beaucoup pour nous. Nous sommes quand même loin de chez nous ! Le retour entre les orages de tout côtés et les éclairs zébrant le ciel a quelque chose d’exceptionnel.. et d’un peu mouillé aussi.

C’est le doigt central qui se termine aussi loin dans la mer, on l’appelle Mani, et c’est celui qui nous a le plus marqué par son architecture caractéristique. Autant d’époque que moderne, les bâtiments perpétuent la tradition. Sorte de mélange entre grosse ferme et château fort avec des tours carrées terminant par un toit plat et quelques créneaux plus esthétiques que nécessaires. Des groupements d’habitations qui s’agrandissent et forment des sortes de villages-habitations où les familles vivent finalement dans une espèce de grand agglomérat de bâtiments où les limites entre les propriétés ne sont pas claires. C’est aussi probablement le plus beau des doigts à randonner mais vous l’aurez compris, dur pour nous d’entreprendre de longues marches entre les gouttes.

En passant par la fameuse épave du « Dimitrios », nous continuerons vers le troisième doigt et le site d’escalade de Zobolo, si les prédictions sont justes, on pourra y grimper !
Et c’est le cas ! Une très belle barre offrant des lignes aux couleurs pastelles, d’autant plus belles lors du coucher de soleil grâce à son orientation Ouest. Le site est spectaculaire et vraiment isolé. On aime. Et la forêt fossilisée en bord de mer reste un mystère qui offre un spectacle mystique. Un peu comme si la forêt qui bordait la mer fut la cible de la déesse Médusa sortie de la mer un jour de colère.

Nous remontrons ensuite vers l’île de Monemvasia, aujourd’hui reliée au continent par un pont elle est connue pour sa cité marchande très prospère à son époque. Après en avoir fait le tour et le sommet, on y rencontrera un autre couple d’auto-stoppeurs français qui sont en contact avec nos copains Anaëlle et Rémy et voudraient les rencontrer. Ça tombe bien on a rendez-vous avez eux deux jours plus tard. Ni une ni deux, les voilà embarqués dans le van jusqu’à Léonidio, en passant par Kyparissi, énorme secteur de grimpe en plein développement mais orienté plein Nord et trempé de toute part lors de notre passage. Un excellent site d’été, à retourner pour y toucher les colos !

Léonidio, c’est une aventure un peu spéciale car on y rejoint donc la petite tribu et nous passerons quatre jours avec tous ces frenchies. Sorte de réunion de voyageurs franco-français, je fais un peu tache mais on apprend à s’adapter en voyageant non ?

Nos premiers jours sur place sont une sorte de repérage avant de revenir ici avec des amis belges qui nous rejoindrons la semaine prochaine pour grimper ensemble. Un repérage qui vaut vraiment le coup car le site est Majeur. Plus de 1000 voies dans pas moins de 35 secteurs. Le nouveau boom de l’escalade grecque. Le village n’en perd cependant pas ses charmes originels et les gens sont chaleureux. La coop, à l’origine du projet, est un groupe de jeunes passionnés internationaux et font du bon boulot dans une ambiance cool et relax. Repère de grimpeurs du monde entier, on rencontre des gens sympas bien sur, et des falaises grandioses. La météo est au top et on en profite pour faire de belles lignes sur ce rocher variant du jaune à l’ocre et de la dalle aux colos magistrales en passant par une belle variété de style.

Je pourrais écrire des centaines de ligne sur ce site marquant mais mon intro me pousse à être succinct.

En route vers Athènes, on passera pas un campement de van français posés au bord de la plage de Nauplie pour l’hiver. Des rencontres encore mais surtout des discussions passionnantes et inspirantes avec ces voyageurs d’un mois, d’un an ou d’une décennie. Les raisons sont variables, les projets aussi. Certains seuls, d’autres en couple ou encore en famille. Les aspirations diverges parfois mais tous (et nous compris) sont réunis par l’amour du voyage et la météo clémente du sud de l’Europe.
Campement un peu surréaliste lors de cette nuit où se côtoient 14 vans/campers/camping-cars et trois tentes : les deux de nos auto-stoppeurs français et celle de nos amies allemande à vélo qui ont fait le crochet pour nous dire farewell car elles s’envolent bientôt pour la Nouvelle-Zélande (avec leurs vélos) pour y continuer leur périple dans l’autre hémisphère.

A Athènes, on ne reste pas longtemps, quelques courses, une visite du Parthénon, on embarque nos passagers et on retourne vers Nauplie d’abord car, en plus des copains en van, on y trouve quelques chouettes falaises, avant de retourner à Léonidio.

Dans le groupe cette semaine, on retrouve des habitués : Annaëlle et Rémy qui on pu louer des chaussons pour grimper avec nous, Céline et Sébastien, qui nous avait déjà rejoint en Croatie et un nouveau : Hugo, mon frangin qui vient s’initier à l’escalade en falaise. On est donc un groupe de 7 aux niveaux variables mais ce qui est bien, c’est qu’il y’en a pour tous par ici. On passera les apéros tellement gros qu’on finira par ne manger que ça un soir, les parties de rigolades et les bons moments passés ensemble pour résumer une superbe semaine avec une météo qui a finement été au rendez-vous et a permis à chacun de se surpasser et de profiter de ce terrain de jeu gigantesque.

Niveau grimpe, deux points forts, pour moi d’abord ces superbes lignes de la partie supérieure de Panagia Cave. Imaginez vous grimper une ligne majeure, sur des colos parfaites suspendues en léger dévers à plus de 40m du sol mais surtout plus de 200m de la mer là-bas au loin. Une grimpe en 3D mais surtout une ambiance DINGUE, une des plus belles voies que j’ai grimpé, une des plus impressionnantes en tout cas avec un gaz comme je l’aime et un panorama parfait. Big Up pour Athé qui a essayé et gouté au vol suspendu. Le deuxième, il est pour tous, c’est notre grande voie de clôture du séjour, une première pour Annaëlle, Rémy et Hugo et une première réussite pour Séb et Céline. Un grand jour ! Chapeau à tous !

Une semaine qui passe encore plus vite que les autres, nous voilà déjà de retour à Athènes, à l’aéroport où nous déposons nos convives et accueillons à son tour ma mère qui vient profiter de notre présence sur place. Avec elle nous visiterons l’Ile d’Evia, ses plages, ses villes, ses maisons de dragons et une de ses plus belles gorges.

Quelques jours plus tard, c’est à son tour de s’en aller en avion, mais à nous également de repartir mais en reprenant un ferry… direction la Crète ! Le billet acheté, on veut le rentabiliser : retour seulement dans un mois !

[#13] Le tour du Péloponnèse |1| Patras et Kalogria

Pour entrer en terre promise, un pont magistral relie Antirio à Patras, 3ème ville du pays et notre prochaine étape. Une fois n’est pas coutume, nous nous arrêterons dans une grosse métropole. Nous y chercherons, en vain, le topo d’escalade de la Grèce (par ailleurs nous remercions fortement la communauté de grimpeur par leur partage suite à cette infructueuse recherche). Info originale : l’immense presqu’île qu’est le Péloponnèse n’est reliée au reste du continent que par une petite bande de terre près de Corinthe, qui est elle même est sectionnée par le fameux canal éponyme. Revenons à notre pont, symbole de Patras, il fait la fierté des locaux, mais coûte cher et beaucoup lui préfère, comme nous, le bac qui relie les 2 villes en moins de 30 min pour 6,50 euros, qu’importe la taille du véhicule.

Nous avons rendez vous avec Konstantinos, encore un fois grâce au site de Couch surfing, qui nous permet de rencontrer les locaux, ce qu’on affectionne particulièrement. C’est que le local il connaît les bonnes adresses, son pays avec son histoire et les beaux coins à visiter, il connaît également la gastronomie incontournable, bref il est la meilleure agence de touriste de l’histoire du tourisme ! Et souvent on se marre bien. Konstantin nous donne rendez vous dans un bar « alternatif » de la ville, il nous avait donné le nom de la serveuse, qui informée nous amènera gracieusement les 1ères bières . On est blotti près du poêle lorsqu’il arrive. Très vite ses amis se joignent à nous. Nous découvrons un alcool typique : le tsipouro, une eau de vie de marc de raisin, ici il est chauffé et servi avec du miel. Ça requinque. Et les discussions vont bon-train.

La ville de Patras offre un choix de café impressionnant. Elle a un centre piétonnier foisonnant et une architecture typique avec ses arches ouvertes. Une visite intéressante à faire est le vignoble de Achia Clauss. Il produise un vin unique en son genre, le mavro dafné, sorte de porto. La propriétaire qui nous a fait visiter la cave est fort sympathique, certains barils datent de plusieurs de siècles, ils sont les plus vieux de Grèce. Nous ferons une dégustation, et prendrons une bouteille, ceci sans se sentir forcé le moins du monde.

Ragaillardis nous nous dirigeons vers Kalogria .

Sus de cette grande ville qu’est Patras, la troisième du pays en démographie mais certainement pas en terme d’intérêt. Nous fonçons cap Ouest, sur une des pointes du Péloponnèse, je nomme Kalogria.

Un endroit particulier qui jouit de son, ou plutôt ses, propres biotopes dû à un micro climat. Un petit paradis en réalité car lorsque tout ailleurs en Grèce, les températures étaient sous le minimum Celsius et la neige tombait à foison (jusqu’à 20cm à Athènes et même sur les falaises de Léonidio) nous pouvions ôter le t-shirt la journée et profiter des rayons d’un soleil frappant tel Federer à Roland Garros.

Kalogria c’est bien sûr des rochers, mais c’est surtout une succession d’environnements naturels riches et protégés. La mer d’abord, la plage ensuite. Et puis des Dunes impressionnantes en mode Zwin qui cèdent la place à une zone marécageuse dont émerge une forêt de pins parasols. Arrivent enfin les rochers et leurs coteaux s’élevant au bord d’un lac d’eau douce offrant refuge aux oiseaux migrateurs tels Flamands roses et bien d’autres espèces.

On se retrouve donc en plein cœur d’une biodiversité richissime avec plus de 150 espèces de volatils, des canards au oiseaux de proies, tout autant de poissons et autres amphibiens et bien entendu des animaux terrestres sauvages et moins comme les vaches qui se prélassent pieds dans l’eau.

Niveau rochers, le site présente une succession de secteurs le long d’une grande barre rocheuse. Des voies pour tous, depuis « l’école » jusqu’aux vrais pros. Le tout plein sud et abrité du vent. Un véritable site d’hiver qui sera vite déserté quand les températures montent. On a déjà eu presque trop chaud certains jours de janvier, c’est dire ! Des grimpeurs isolés en hiver et les touristes de masse en été, c’est un bon partage selon moi. Le rocher est très bon et les voies vraiment intéressantes.

Bon, tout n’est pas rose tout de même car le paradis diurne cède ses droits chaque soir lorsque le Soleil s’en va sous l’horizon, offrant de magnifiques couleurs par ailleurs ! Les nuits sont bien fraîches et on trouvera refuge dans le camion dès la tombée du jour. C’est sans compter les chiens errants qui, même si pas vraiment agressifs, plutôt collants disons, n’inspirent pas une extrême confiance.

On trouvera tout de même refuge dans des espaces un peu plus grands à deux reprises. D’abord dans un petit resto-bar en réalité fermé mais dont les occupants ont allumés un bon feu, pour un peu de chaleur et de bonnes grillades. Ensuite dans le camion de nos nouveaux amis allemands rencontrés sur l’île de Hvar, aperçus même plus tôt à Krk ! On ne les avait que salués à l’époque mais cette fois-ci le contact est poussé plus loin lorsqu’ils nous accueillent à bord de leur chalet roulant.

Une parenthèse sur cette famille hors-normes, inspirante d’ailleurs. Celle-ci se compose d’un couple : Olaf et Dorothea et de leurs deux filles Theresa, 9 ans et Kerstin, 7 (à la louche). Ils voyagent depuis quelques temps au fil de leurs envies. Rentrent parfois en Allemagne pour voir la famille, filent au soleil quand il fait froid, navigue d’un bord à l’autre de l’Europe ou restent sur place en fonction des courants. Education nomade lors de leurs déplacements notamment via des vidéos faites pour. Ils grimpent, voyagent, décident de partir en Crète sur un coup de tête car il y fait meilleur, et on apprendra plus tard en Egypte même quand les tempêtes frappent le Crète. Elle a beaucoup travaillé dans la médecine et mis de côté un petit pécule pour pouvoir se consacrer à sa famille. Lui est forestier, c’est à dire propriétaire d’une forêt et de ses arbres qu’il coupe et vend en fonction du marché ou des besoins. Ils n’ont donc plus besoin de travailler et peuvent se consacrer 100% à leurs voyages et aspirations.

Le plus inspirant cependant est l’aménagement de leur camion. Un veil Iveco complètement réaménagé en chalet super convivial. Lors de notre voyage, on a visité pas mal de vans et de camions aménagés et le leur décroche la palme. Un grand espace intérieur modulable pour y dormir à 4, manger à 6, prendre une douche chaude, regarder un film ou partager un bon moment. La grande spécificité est qu’il est vraiment ouvert et peu laisser place à un grand « vide » qui pourrait faire office de piste de danse. Tout est bardé bois, agréable comme un chalet suisse et le petit fond musical du 5.1 BOSE agrémente l’espace. Le top reste, surtout à cette période, le chauffage à air pulsé qui, sur le premier mode sur 28, nous offre un bon 27° à l’intérieur.

[#12] Introduction à la Grèce : Du Nord-Ouest au Péloponnèse.

C’est sans encombre que nous traversâmes la frontière nous ramenant à L’Union Européen. C’est pourtant des décors très similaires qui nous accueillirent sur les premières centaines de km : des montagnes, la mer, des troupeaux de chèvres et de moutons traversant à l’improviste et ces déchets qui jonchent le bas coté. Petite nouveauté dans le tableau, des châteaux-forts en ruine. Ils sont dans un état de conservation plus ou moins critique ; il faut beaucoup d’imagination pour reconstituer la vie qu’ils ont accueillis. Néanmoins, ils sont en libre accès et donne libre cours à notre fantaisie. Nous nous arrêterons dans un premier château puis à celui de Parga. Nous nous sentons l’âme de conquérants et nous amusons bien !

Nous passerons par « l’espace » d’escalade de Lichnos. Il y subsiste quelques points rouillés, l’oxydation va si vite en bord de mer, et un bon coin pour faire du bloc (dans le jargon cela signifie que tu ne vas pas très haut, généralement tu te protèges avec un « crash-pad », un matelas au sol, que nous n’avons pas emmené). Même si nous n’avons pas grimpé dans cette belle plage, elle nous aura permise de faire la connaissance de Saphia en VanCances (Van-Vacances) avec sa fille.

Et c’est avec joie qu’elle se joindra à nous pour le nouvel an. Au programme, retrouvailles avec les copains de « t’es où loulou », rencontré une première fois en Slovénie, puis en Croatie. Nous passerons la Saint Sylvestre avec d’autres Vanlifers, pour reprendre leur expression bien instagrammé : Ludivine et Sylvain, rencontrés dans les sources de Langarica, près de Permët, en Albanie. L’univers des van-totters d’hiver est bien petit, comme nous avons pu le constater avec plaisir. C’est que la Grèce est une destination prisée, bien au sud mais toujours en Europe.

C’est sur une belle plage que nous nous rejoignons. La fête à failli finir en noyade au vu de la mousson qui nous inondait. Forte heureusement Dionysos était de la partie et a sauvé la fête. Vers 21h, les copains Anaëlle et Rémy (et oui encore eux!) qui tentent de nous rejoindre sont bloqués à 30km de nous, seuls dans un petit village, sans le sou et sans distributeur dans les alentours. Avec notre seule bière au compteur, nous partons les chercher (secourir?). C’est qu’on les aime fort bien tout de même ! En chemin, on prendra en stop 5 kurdes Irakiens, heureux d’être pris en stop pour la première fois (à 5 en même temps, il faut déjà avoir un bon véhicule…). Ils cherchaient à rejoindre l’Allemagne, étonnamment, ils n’avaient aucun bagage, par contre leur téléphone semblaient performants. On ne voyage pas tous pour les mêmes raisons.

La soirée se déroule fort joyeusement, Nous sommes 5 vans, 8 adultes, 2 enfants. Quelle joie de commencer l’année en voyageant, dans un cadre idyllique et entouré de chouettes personnes.

La nouvelle année 2019 commence aussi par de l’escalade. Nous partons le jour même pour Varasova, l’un des stops mythiques de Grèce. Ce fut l’un des premiers à voir le jour, il est maintenant équipé de centaines de voies dont beaucoup en grande voie. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait, nous avons récupéré un vieux topo de 1997, et sommes partis pour une voie en V+. Ça fait du bien de faire de l’escalade plaisir ^^.

Le temps devenant hostile nous ne sommes restés que peu, alors que le lieu invite à séjourner plus longuement. C’est vers Patras et le Péloponnèse que la suite de nos aventures continues.