L’étape Indienne : Prendre la pose du lotus!

Triund

Depuis longtemps ce pays mystique m’attirait, tellement d’images, de récits de voyages, d’avis bien tranchés :« j’adooooooore l’Inde » mais aussi des « plus jamais! ». L’heure est venue pour moi de faire ce que je souhaite faire, ne plus avoir peur, je suis une grande de 30ans après tout. Et comme le yoga a pris place dans ma vie, ce sera un voyage à thème : découvrir la pratique du Yoga en Inde, pays fondateur de cet enseignement millénaire. Je donne quelques conseils sur les différents endroits où pratiquer le yoga dans le Nord de L’inde (voir ci-dessous).

Bienvenue à New Delhi. Il y a des arrivées dont on se souvient toute sa vie. Le premier avion avait pris du retard dû à la douce météo Bruxelloise, de ce fait j’ai vu le 2ème avion partir sous mes yeux après une course folle dans l’aéroport d’Istanbul, comme dans un film. Après quelques heures de patience, je reprends mon envol. Quelques heures plus tard, j’arrive bien à Delhi … mais pas mon sac ! C’est un bon test pour savoir ce qui est vraiment important ! C’est donc légère que je vis la sortie du métro, la découverte de la « vrai » Inde, bouillante, avec ses odeurs épicées dans l’air mais aussi celles d’égouts, de la foule innombrable, et des klaxons, beaucoup de klaxons…

New Delhi est une ville titanesque avec une vie débordante, très vite étouffante. Dans l’espoir que la compagnie aérienne retrouve mon sac, j’en profite pour visiter, on est début mai 2019 et il fait déjà plus de 40°. Old Delhi avec le Red fort, Chandi Chowk et son marché, le spices market… Qutard Minar : le plus grand minaret au monde et la tombe de l’empereur Humayun : premier grand mausolée de la dynastie Moghol qui a donné naissance à une architecture propre. Bref il y a du beau !

Pour ce voyage, je me suis servie de la plateforme de la bourse au coéquipier du Routard. Mon annonce a su donner envie à Coco de se joindre à moi pour son premier voyage. Ensuite Juliette s’est également jointe à nous. On restera 2 semaines ensemble avant que nos chemins ne se séparent (elles ne faisaient pas de yoga). C’est la liberté de partir avec des gens qu’on ne connait pas ! C’est donc à 3 que nous partons vers Rishikesh, capitale mondiale du yoga.

Rishikesh est un lieu de pèlerinage et de spiritualité pour de nombreux Hindous. Situé au pied du Gange, ce qui apporte un peu de fraîcheur et beaucoup de touristes Indiens et « Westerns » (occidentaux). Énormément de choix en terme de yoga, heureusement ma professeure de yoga à Bruxelles, Anne, une sexagénaire hors du commun, m’avait prodigué quelques conseils. Le plus important était de ne pas faire mon Teaching Training en Inde ! Une formation intensive d’un mois donne le sésame pour devenir professeure de yoga. Les TTC de 200 heures se trouvent partout, variant de 500 à 2000 euros. Peu de chose ne justifient un tel écart de prix et la qualité de l’enseignement est plus ou moins bonne. Je vais attendre d’être en Europe pour faire un enseignement complet d’un an. Néanmoins il y a beaucoup à apprendre du yoga en Inde et faire différentes classes est une bonne technique d’apprentissage.

A Rishikesh, je peux recommander :

  • Usha Devi, à Iyengarygo. Iyengar un peu dure pour les débutants. 500Roupies/ classe
  • Ashish, au green hotel, très bon cours. 200Roupies/classe
  • Surinder Swati
  • Omkarananda
  • et beaucoup d’autres encore… (mais en Mai il faisait déjà très chaud et je ne me suis pas attardée).

Il existe un ashram d’Osho proche de Rishikesh. C’est un endroit intéressant, bien se renseigner sur Osho avant. Tout un personnage à la parole « brillante » qui a su enrôler nombres jeunes à sa cause . Dortoirs sales à 800Roupies la nuit (cher).

Rishikesh est aussi un haut lieu de rafting. Un moment inoubliable que d’être dans le même bateau que des Indiens, autant dire que l’eau n’est pas leur milieu naturel. Nous avons clairement de la chance d’avoir appris à nager.

On continue l’aventure dans la Parvati valley, un ami Indien, Cherry nous a rejoint pour le trek de Kheer Ganga. 12Km, un peu de dénivelé. Je recommande à 10/10. Il se termine par un campement typiquement Indien, c’est dire pleins de tentes en pagaille toutes tenues par différents gérants. En haut : des sources d’eau chaude, bien chaude. Un endroit magique entouré par les montagnes au plus près des étoiles.

Passage par Manali dans l’envie de se rendre à Leh, dans le Ladakh. Malheureusement la route la plus haute du monde est encore sous 6m de neige, les 2jours de traversée avec 5 cols à plus de 5000m seront pour une prochaine fois. Vashisht est un petit village à 4km de là. On y trouve aussi des cours de yoga :

  • Shri Hari Gogashram : Guru très impressionnant. Que des Indiens. Cours très poussé dans une bonne ambiance. 300Roupies/classe
  • Sanyasi Yoga Ashram : beau lieu mais beaucoup de blabla inutile. Fumait pendant qu’il donnait cours. 300Roupies/classe
  • D’autres cours à Manali même mais je ne suis pas restée. J’ai profité des montagnes environnantes pour trekker. Le lac gelé à 4200m restera un moment fort du voyage.

J’attendrais encore un peu pour le Laddakh, dommage mais pas grave. L’Inde du Nord regorge de beaux endroits. Je pars pour Dharamsala. En chemin l’un des plus beaux spots de parapente au monde, ça vaut la peine de s’y jeter !

Dharamasala est la ville, un peu plus haut sur la montagne se trouve McLeod Gang qui est la ville d’accueil du Dalaïlama, que j’aurai la chance de rencontrer, ainsi que d’une forte communauté Tibétaine. On y trouve des Momos (sorte de dumpling) à profusion !!! Et au dessus nous trouvons Dharamkot et Bhagsu deux petits villages de montagnes trop pentues pour les bruyantes voitures Indiennes ! Paradis du Yoga et de la rando.

des momos!

A Dharamkot/ Bhagsu, je peux recommander :

  • Himalaya Iyengar Center avec Sharat Arora. Dispense des cours sur 5jours, 3h30/jours (5500Roupies). Très intéressantes techniques mais aussi très spécifiques. Il faut être prêt à passer 4h concentré sur ses pieds !
  • Mahi à Bhasgu, une valeur sûre. 300Roupies/classe
  • Alpesh, bon Iyengar mais le mec est très business. 300Roupies/classe
  • Shivamanda, avec Satya, cours sur le toit. 200Roupies/classe
  • Lotus Yoga, suit l’enseignement de Shivananda, un peu plus punchy que la classe de Satya. 200Roupies/classe
  • Shiva Center, j’ai essayé le yoga Nidra, intéressant. 300Roupies/classe

A Dharmakot/ Bhasgu, je déconseille :

  • Yoga with Raj, où comment se blesser. 300Roupies/classe
  • Shivam, le plus vieux cours de yoga de Bhagsu mais clairement pas le meilleur. « méditation » + hatha cours : 400Roupies

Pour la rando, il y a le Triund trek. Très beau et pas très dur. Et toute la région se marche avec joie. Les petits villages alentours valent le détour pour leur authenticité et leur artisanat abordable.

J’ai énormément aimé mon voyage en Inde, il m’aura changée en profondeur, tant suite au yoga qu’au rencontres (je n’ai pas parlé des copains mais quelle joie que leurs routes aient croisées la mienne!), des nouvelles expériences ou encore la découverte de la médecine Ayurvédique. Et encore je n’ai pas parlé de la nourriture! J’ai appris à méditer seule et a être un peu plus autonome dans ma pratique yogique. J’ai dépassé ma peur d’un voyage seule en Inde sans aucun encombre (ça se voit vite quand ils ont l’œil lubrique, il faut juste partir immédiatement). Ça m’a ouvert sur un nouveau monde possible, celui où je suis actrice de ma vie et suis pleinement consciente de mes choix. Je peux décider de ma vie et ce n’est pas le cas de bon nombre de personnes.

Incredible India !

[#15] Retraite en Crête

La Crète, doux nom qui nous plonge instantanément dans la Grèce antique, la culture Minoenne, des paysages étonnants, de l’huile d’Olive et de la cuisine diététique. La plus grande île de Grèce a su totalement nous conquérir !

Après une douce nuit sur le pont de notre « petit » bateau de traversée, pas le droit de dormir dans le camion pour des raisons de sécurité, nous arrivâmes au beau matin en douce Crète. Visite d’Héraklion et départ rapide pour Chania, retrouver nos copains Anaëlle et Rémi, pas vu depuis si longtemps ! Grâce à la fantastique Veronica, couch surfeuse au top, nous découvrons cette charmante ville et les alentours. J’ai particulièrement aimé la balade tout au nord à Moni Katholico, à la recherche de la cache des pirates. On n’a pas trouvé le trésors mais le paysage vaut de l’or !

Déjà 24h sur l’île, il était temps de grimper ! Le site de la grotte de Tersanas près de la magnifique plage de sable blanc de Balos semble tout indiqué. C’est l’une des plus belle plage du monde, la preuve en photo! La contempler se mérite : la route se dégrade d’un coup et devient une piste. Après une 1 heure à se faire secouer dans tous les sens, on se dit que la prochaine fois on prend un véhicule 4×4 ! (à suivre dans nos aventures en Australie !)

Le niveau d’escalade requis dans la grotte est exigent. Le site est grandiose, rien que la marche d’approche en vaut la peine et t’en mieux pour moi. Oli s’amusera bien dans une voie à colo…

Petite aparté, c’est le moment de vous faire une confidence, si vous croyez que je suis partie faire un tour d’Europe de grimpe avec un bon niveau en escalade, et bien vous vous trompez ! Avant le départ je n’avais jamais enchaîné de 6a en salle… mon niveau s’est bien amélioré mais je reste une cramique (=novice) ! Comme quoi pas besoin d’être un cador pour s’amuser avec des jolis cailloux.

De retour au campement nous ferons la connaissance d’une famille hors norme : les MYTAE. 2 parents et leurs 3 enfants en 4×4 qui dorment sur la tente de toit du véhicule. Plusieurs années de voyages, pas de scolarité classique pour les enfants mais une soif de leur transmettre des valeurs profondes sur la vie et la liberté… Une rencontre qui vous ouvre la porte des possibles.

Si vous voulez en savoir plus sur cette famille, ils décrivent leur façon de voir le monde sur la toile, par exemple via instagram :

https://www.instagram.com/mytae_rencontre_le_monde

Le vent froid de la tempête qui fait rage nous a soufflé vers le sud ouest de l’île. C’est partie pour la rando mémorable de Paléochora – Sougia. Ça devait être facile avec 12km le long de la côte montagneuse, enfin ça l’aurait été si notre petite équipe de rigolo’s avait eu envie de faire demi-tour mais que nenni. Faire du stop pour se faire déposer au milieu de nul part et se retrouver à marcher sur l’asphalte est bien plus aventureux. Espérer ardemment qu’une voiture passera et nous aidera à sauver nos chaussures et les membres qui sont dedans. Les 40km qui nous séparent du camion pourraient bien les faire partir en lambeau. La magie de l’aventure sera de passer par un village où les hommes crétois uniquement (ou crétins,j’ai un doute?!) sont occupés pendant leur dimanche à vider les chargeurs de leur pistolet dans une maison, c’est le Texas de la Grèce ! Nous trouverons 2 petites aides motorisées précieuses et rentrons juste à temps pour un apéro au coucher de soleil, mon préféré ! (Le vin était une production artisanale de l’île, une aventure à lui tout seul, étonnant en bouche et efficace pour élever notre niveau de bêtise, un beau cadeau ce pinard^^).

Et se fut le temps de la tempête généralisé et quelle joie de se jeter dedans tous ensemble ! Mais quelle tempête, les Crétois n’en avaient pas vécu des comme ça depuis au moins 50ans. Pour les copains qui dorment en tente ça sentait le chien mouillé, et comme j’avais bien envie de découvrir le Help X (c’est un peu comme le Woofing pour ceux qui connaissent, c’est-à-dire du volontariat contre un hébergement et de la nourriture). Nous nous retrouvons chez un couple d’Anglais dont le mec était plutot bon cuisinier, et comble du luxe notre lit était pourvu d’une couverture chauffante. Après 2 jours à terrasser leur jardin, extraire des souches (enfin une demie), ranger et nettoyer leur cuisine, peindre des panneaux, nous avions bien vite compris que ce ne serait pas l’expérimentation la plus enrichissante mais les pluies diluviennes nous font rester 1 jour de plus. Toutefois ça aura été une expérience et on apprend toujours: la prochaine fois je chercherai des lieux avec un dynamisme plus communautaire, soutenir un projet plus large que d’aider un couple d’alcooliques fainéants !

Cette première tempête aura entraînée avec elle de nombreux arbres, fait déborder le lit des rivières, inonder une partie des villes du nord de l’île et même se faire s’effondrer des ponts… Pendant la tempête, Oli voulait traverser un guet d’où un filet d’eau s’écoule. A force de persuasion et de démonstration de jet de cailloux qui se font entraîner avec la force du courant, nous sommes allés nous abriter derrière un monastère, dans un tout petit recoin bien encastré entre des murs, ainsi protégé du vent qui faisait rage, nos copains dans la chambre d’amis (l’avant du camion!). Et heureusement, le lendemain en repassant devant notre guet le filet d’eau était devenu torrent… C’était incroyable, on aurait été bloqué quelques jours de l’autre coté si on était passé. Il faut faire attention, durant la tempête, 4 jeunes sont décédés, emportés par l’eau lors d’un passage de guet.

Pour se remettre de nos émotions, notre objectif du jour était de trouver une skafian pie, célèbre tarte de Hora Skafion, composée de sucre, de sucre et de sucre ! Que de l’amour pour notre ami Rémi. Hors saison et avec ce temps de chien notre mission s’est soldé par un échec. Pas le temps de se laisser abattre, nous allons voir la belle roche de Plakias en bord de plage, les lignes sont superbes mais aujourd’hui cette dalle ruisselante ressemble plus à une cascade qu’à un mur d’escalade. Nous n’avons qu’une envie : revenir avec le soleil. On se consolera au café, à regarder passer les nuages en mangeant des gros gâteaux crétois…

Nous continuons notre route vers les grottes troglodytes des hippies de Matala. Ce site est situé sur un ancien cimetière romain converti en logement au standing du hippies des années 70. Il faut dire que le lieu à tout pour plaire, une crique à l’eau turquoise protégée par 2 belles falaises percées telles un gruyère. Après 10ans le rêve a pris fin quand la municipalité à compris qu’elle pourrait en faire de l’argent ! Ça faisait longtemps que l’on avait pas vu des cars de chinois…

Pour cette raison et celle de l’arrivée de la police (faut croire qu’on a vraiment pas le droit de sauter les grilles pour rentrer dans le site après la fermeture, ca manque de « hippiness » aujourd’hui cet endroit), nous partons un peu plus au sud en direction des gorges d’Agio Farango, gros spot d’escalade que nous sommes décidés à découvrir après en avoir entendu beaucoup de bien.

Le lieu est particulièrement reculé et avec les intempéries la « route », piste constituée de cailloux plus ou moins gros, était très chaotique jusqu’à devenir infranchissable au niveau d’un guet devenu rivière. Qu’à cela ne tienne, toujours avec les copains, nous allons contourner le problème et aller au village « d’à côté ». Ils nous faudra juste 45min de marche, une belle rando côtière de type montagne tout de même. Au vue de la pluie tombée, nous décidons d’aller inspecter les lieux sans tout le matos. Pour les non grimpeurs je vous fait une petite description de notre équipement à trimballer en falaise équipée. Attention départ : Chaussons, souvent 2 paires (chaussons techniques et pantoufles de grimpe « confortables »), baudrier, descendeur (pour assurer son équipier), un jeu d’une 20aine de dégaines, mousquetons, corde de 80m (= pèse son poids!), sangles, casques, sans oublier l’eau et un peu de miam miam ! Je dirais un peu plus de 10 de kilos à répartir entre nous.

La gorge est profonde, belle et mouillée. On repaire nos secteurs et continuons pour une belle balade de 15km en terrain vallonné. Pour moi qui aime marcher, c’est le paradis ! Vous êtes peut être blasés par nos jolies photos de paysages incroyables, nous pas ! A vivre, c’est une joie. Autant de beauté sauvage au quotidien, ça rend heureux !

Dommage pour nous, nous étions sensé être protégé de la tempête mais elle revint en force. Nous fuyons ! Dans tous les sens, les copains partent vers une ville romaine obscure qui doit avoir un château (grosse passion de Remi) et nous vers d’autres falaises!

En chemin on s’arrêta pour faire une rando à Zaros. Une source naturelle de l’île. Je visiterai l’ancien site Minoen de Phaïstos. Passionnant et incroyable de se rendre compte de l’influence d’un seul homme sur notre perception d’une civilisation qui existait il y a 4000 ans. L’archéologue Arthur John Evans s’est inspiré de recherches scientifiques bien sur mais les a mêlées à ses croyances personnelles pour développer ses théories et son histoire de cette civilisation dont il est par ailleurs l’auteur du nom qu’il leur a attribué selon le mythe du roi Minos… (qui est donc bien un mythe). J’ai préféré le palais de Phaïstos à celui, plus connu, de Knossos près d’Héraklion. Où ce malade d’Evans a décider de bétonner le site historique, de peindre à sa fantaisie les fresques du palais le déformant à tout jamais. Son empreinte sur la civilisation minoenne est énorme et pas très réglementaire…

On ira 2 jours à Kapetaniana. Le site est grand mais pas forcement en bon état. Les points sont usés et n’inspirent que peu la confiance. On fait quelques jolies lignes, les longueurs sont courtes, le cadre agréable, bien que escarpé. Un vrai sentiment de montagne très agréable tout de même.

Et nous repartons vers une autre falaise en bord de mer. Mais la encore, il faudra la mériter. Déjà il faut préciser que nous sommes dans une Crète reculée, loin de l’agitation touristique, et oui ça existe encore, les routes sont mauvaises et les dénivelés sont importants. Pour sûr je me souviendrai longtemps de cette route. Imaginez 1000m de dénivelé à descendre de manière abrupte avec notre petit Pouet Pouet, sur un chemin tantôt un peu asphalté, tantôt bétonné, tantôt gravillonné, tantôt poussiéreux. La descente passe encore petit joueur mais clairement j’ai serré les fesses à la remontée !! Très fière de mon pilote car les virages en aiguille étaient sec, très dérapant avec des inclinations pas faciles pour notre camion (tout le poids est sur l’arrière, alors que c’est les roues avant qui tractent). J’ai cru qu’on allait rester coincés. Malgré le pied au planché, le camion reculait quand même… Super technique de super pilote, redescendre les derniers lacets, et foncer !!! Heureusement qu’il était là (pour lui « ça passe » toujours ^^) c’est pas donné à tout le monde de gérer ce genre situation. Là encore on est repartis avant que la pluie ne vienne et fort heureusement sinon je ne pense pas que l’on aurait pu en sortir ! Mais dommage car nous n’avons pu profiter de ce micro village et ces cailloux que quelques jours durant. Dans ce village de 6 habitants en hiver, nous avons eu le privilège d’en rencontrer un. Avec lui les mots accueil et générosité prennent leur véritable nature. Malgré une barrière de la langue, c’est avec insistance que nous comprenons qu’il nous invite à prendre le café. Ce serait peu intéressant de conter ici tous nos échanges ou leurs tentatives, ou de compter le nombre de victuailles offertes mais cette chaleureuse rencontre restera gravée comme un moment privilégié avec une personne ouverte qui partage du mieux qu’elle peut (et la vérité j’essaierai de faire pareil quand je serai grande : donner sans rien attendre en retour!)

Pour accéder aux falaises une belle balade de 45 min longe la mer. En cadeau une épave cachée dans une crique et une église troglodyte. Le site de grimpe était beau, mais un peu vieux. Ça ne change rien au cailloux, par contre en ce qui concerne les protections c’est une histoire un peu rouillée ! Mais on a quand même profité de ce bel endroit. Je me rappelle une superbe une ligne en 6a. Bien physique mais heureusement c’est Oli qui est parti en tête. On trouve plusieurs longueurs en mutli pitch, nous en tentons une, sans trop savoir ce qui nous attend. Oli part en tête et je l’assure. Lorsque vient mon tour, je découvre des difficultés à monter, mais où sont les prises ? En premier j’accuse la roche de bord de mer, poisseuse, dans laquelle il est difficile de donner sa confiance. Pourtant Oli est en haut, c’est que ça passe. Je me retrouve seule, bloquée. Chaque voie en escalade est une aventure. De celle là je me rappellerai avoir essayé en force, puis d’avoir glissé, de m’être fait un petit bobo et me dire que l’escalade c’est pas pour moi… Mais finalement une fois en haut, j’étais juste tellement heureuse, les sentiments d’accomplissement et de fierté mélangés.
De son côté, Oli était dans son élément avec des lignes un peu physique, extrêmement sculptées mais surtout des voies d’un esthétisme rare ! Du pur bonheur en bord de mer, malgré un peu de poisse dû aux intempéries et à la faible fréquentation du site, les structures rocheuses étaient de beaux montages en trois dimensions.

On a quitté notre trou, pour aller vers l’Est. Hop un petit bisou de départ au copains qui prenaient leur bateau à Sintia. Puis balade entre un Olivier de 3500 ans, l’arbre hein, la plus grande palmeraie d’Europe et les gorges de Zakros la Crête, on se dit que la Crête est un bijou au naturel. Nous passerons 2 jours dans les « gorges de la mort », encore une fois avec la tempête. Elle nous aura amené un penseur Allemand, pas équipé pour survivre sous la pluie et qui trouvera refuge dans pouet pouet ! Dommage pour nous, il y a quelques voies au début des gorges mais leurs pieds sont inondés et la paroi ruisselle. Ça ne nous empêche pas de marcher pendant 2 jours dans ces beaux paysages variés et dynamiques. La remontée de la rivière à chercher les marques sous l’eau restera un très bon souvenir.

On profitera du beau temps qui arrive enfin pour retourner sur Agio Farango et grimper quelques jours là bas. Le site est majeur. On s’est gardé quelques jours de beaux temps avant le retour sur Héraklion. C’est avec une facilité hors norme que l’on a sympathisé avec la communauté de grimpeurs du coin. Quelle plaisir de les avoir rencontrer. Leur « salle locale » est une ancienne grotte dont le plafond c’est effondré et a créer un cirque rocheux entouré de voies grimpables toute l’année : Voulismeno Aloni. Trop cool ! On profitera aussi du beau temps pour se baigner un peu (la 1er fois de notre étape en Crête).

Après 1 mois passé sur l’île, je peux dire que j’aimerais y revenir. Malgré des conditions météo difficiles et surtout très inhabituelles aux dires des autochtones ce lieu est magique et regorge de merveilles dans ses paysages, sa culture, sa gastronomie et ses habitants. Un lieu paradoxale où les touristes de masse ont trouvés leurs plages et leurs resorts, mais il existe encore vraiment une crête sauvage et authentique à découvrir hors des sentiers battus – ou en hiver.

[#11] L’Albanie, pays de mafioso’s aux milles cadeaux.

Nous voici en Albanie. Choc culturel, ou chocs tout court car les trous dans la route (qui rappelle la Belgique… en pire tout de même) font la part belle aux amortisseurs.

Première image, premier contraste, on arrive à Shkoder, de l’autre côté du lac de Skadar, limitrophe avec le Montenégro. La ville est tout à l’opposé de la capitale de ce dernier (Podgorica). Ici les supra-centre-commerciaux sont remplacés par des petites échoppes aux dix produits disposés sur le trottoir ; les voitures garées n’importe où donnent le change aux vielles Mercedes aux 500.000 bornes et les charrettes tirées par des chevaux maigrelets offrent un spectacle d’avant-guerre.

L’Albanie, c’est un pays qui nous intriguait, sa réputation est plutôt bipolaire. Il y’a deux clans en réalité, ceux qui n’y ont jamais été et ceux que les voyages ont fait traverser ce pays aux rumeurs peu fameuses. Les premiers nous mettrons tous en garde : attention, le pays est malfamé, c’est une contrée de mafioso, de vols de voitures, de brutes sanguinaires et j’en passe. Les seconds quant à eux nous encouragent les yeux fermés à aller découvrir ce pays d’un autre temps, dont la beauté est pristine car encore peu explorée et la générosité sans égale.

Qui croire ? à qui donner raison ? on le découvrira bien assez tôt par nous-même. Et par assez tôt, je dois dire que notre premier arrêt sera à l’image de notre voyage par là-bas. Nous nous arrêtons à Shkodër donc, le regard plutôt affûté et aux aguets, ayant des doutes. Trouver une place pour le camion n’est pas toujours aisé (quoique en réalité ça ne pose pas souvent problème) mais le laisser tout seul dans une ville apparemment très pauvre et dans un pays dont la réputation n’est pas élogieuse est toujours un peu particulier.

Nous trouverons une rue plutôt calme et une place en face d’un café, c’est un peu loin du centre, mais l’agitation de celui-ci ne convenait pas à un créneau genre zig-zag rapide. Le café, c’est top, il nous permettra de choper du wifi et de regarder sur le net ce qu’on doit voir dans cette ville. On y rentre, commande tant bien que mal à la barman, qui nous apporte nos cafés et nous inculques nos premiers mots d’albanais. On y dit par exemple « falemenderit » (phonétiquement) pour dire merci … et oui au début ça surprend mais on s’y fait.
La surprise se fait lorsqu’on va prendre le large et demande l’addition… En effet, pas d’addition, la tenancière nous offre le café ! C’est bien la première fois qu’on va dans un commerce pour y acheter quelque chose et que celui-ci nous offre son gagne-pain !

Ceci-dit, la ville n’a pas grand chose à offrir d’attrayant, on visitera tout de même le musée de la photographie et les rues du centre avant de se diriger vers la capitale : Tirana ! ♪ Welcome to Tirana, tequila, sexo y marijuana

La route se fait de nuit, quelques appels de phares, on règle le notre et ça va mieux. Concernant la façon de conduire là-bas, je ne vais pas m’étendre de long et large et simplement reprendre une citation d’un autre blog de voyageurs qui a bien raisonnée dans nos oreilles à chaque trajets : « Conduire en Albanie, c’est comme jouer au poker et faire tapis à chaque virage« …

Anecdote sympa, ici le mot « voiture » à longtemps été remplacé par « Mercedes », en effet toutes ces vielles allemandes remplissent les rues du pays. C’était à l’époque les seules réputées assez solides pour résister à la rudesse des routes albanaises. Il faut dire que le service des voiries n’est pas des plus actif dans la contrée. Le réseau routier n’étant d’ailleurs qu’à moitié asphalté. Question piège : une route asphaltée pleine de trous est-elle meilleure qu’une piste peu entretenue ? On a bien une idée mais on vous laisse y répondre.

Tirana est tout le contraire de Shkoder, en tout cas l’ultra-centre car la banlieue est à l’image du reste du pays : pauvre et désordonnée. Le centre-ville de la capitale par contre, c’est le spot des expats, des quelques touristes et de ceux qui ont réussis (on sait pas trop comment). Des bars dans tous les sens, plutôt dans le genre strass et paillettes avec le prix qui va avec (ça reste bien moins cher que chez nous mais par rapport au reste du pays, ça dénote). On y rencontrera Elion, LE type qui sait de quoi il parle en terme d’escalade dans le pays vu qu’il a équipé une bonne partie des voies et ouvert la seule salle de bloc des 28 000 km² de l’Albanie. Bon ça reste pas des masses mais la volonté est là, les moyens moins car les points coûtent chers et les finances ne suivent pas. Mais la communauté s’agrandit, l’international s’intéresse aux belles parois et certains sites se développent. On visitera deux d’entre-eux, tout d’abord Bovilla, aux portes de la capitale. Bon, en km c’est pas loin, mais vu la piste, il faut tout de même une bonne heure et demie à slalomer entre flaques et bosses. Bovilla, c’est avant tout le réservoir d’eau qui alimente toute la ville. Un grand barrage qui crée donc un lac artificiel et une rivière qui s’en échappe en aval, parsemée de cuvettes qui offrent de superbes piscines en été. La saison ne s’y prête pas mais le décors est tout de même splendide, la vue sur les montagnes enneigées au loin et le miroir d’eau valent le coup rien qu’à eux-mêmes. Niveau grimpe, deux secteurs, l’un côté lac, orienté nord, plutôt facile (jusqu’à 6b). Superbe vue mais un peu froid en plein décembre. L’autre, juste de l’autre côté de l’arrête offre de superbes colos face sud vers le canyon et la rivière. Les difficultés passent un niveau et on trouve des voies dures et très esthétiques. Malheureusement, les colos n’aiment pas la pluie et les résurgences ne nous permettent pas d’y grimper non plus… il faudra revenir ! On fait tout de même une belle randonnée le long du lac, le potentiel d’escalade est énorme, et les endroits de bivouacs regorgent. Tous les foyers de feux de camp témoignent d’une activité bien différente et bien festive lors des beaux jours. En redescendant, on croisera quelques couples ou groupes d’amis style bobo, talons et bottes de cuir venus affronter la piste avec leur Merco ou leur 4×4 pour l’un ou l’autre selfie au bord du lac. Ca contraste avec l’esprit du lieu mais ça agrémente les réflexions au niveau folklo.

Le deuxième site, on en parle plus loin, car avant d’y aller, on a rejoint nos copains auto-stoppeurs rencontrés à Hvar en Croatie (ici). Ils sont à Elbasan, ville un peu plus au Sud-Est chez un hôte couchsurfeur « super sympa et qui nous propose un super plan dans une maison de village dans les montagnes« . Nous qui pensions tout d’abord tracer le pays en trois jours, commençons à penser y rester un peu plus longtemps. Nous arrivons à Elbasan et rencontrons Edoart, un albanais qui gère une petite auberge/dortoir/camping en été, et offre les lits en couchsurfing toute l’année ; plutôt sympa ! On passera un bon moment avec lui, sa copine italienne, Anaëlle et Rémy. Fun fact, Edoart, albanais, et sa copine, italienne, parlent en français ensemble (nous aussi du coup). Tout ça nous permettra d’apprendre plus sur la culture albanaise, notamment le fait que les seuls mafieux qui sont encore là sont les mauvais et le gouvernement en qui personne n’a réellement confiance ; les bons sont partis à l’étranger, là où il y a de l’argent. On apprend aussi que pour les albanais, le fait de venir dans leur pays est le plus grand des honneurs, ils « vénèrent » en quelque sorte les touristes, qui sont encore peu à passer la frontière récemment ouverte après des années d’autarcie. Un pays qui s’ouvre peu à peu, qui apprend à vivre dans la mondialisation et s’est vu catapulté dans un système capitaliste avant d’avoir pu comprendre tous les rouages du socialisme… de quoi trainer quelques fardeaux politico-organisationnels. On en profite également pour goûter certains mets locaux tel la Bugatsa, un pain beurré, cuit au beurre et au beurre. Plein de calories pour quelques leks.

Edoart possède une maison de famille, ou plutot un chalet haut perché dans les montagnes, pas loin d’un village isolé. Brochure à l’appui, il nous raconte que des français y ont séjourné un an, tombés amoureux du lieu, et qu’avant, il servait même de site de villégiature : cabanes, restaurant, jeux extérieurs etc. Tenu par un autre français et baptisé « La Vie Nomade » pendant 7 ans. Il cherche un repreneur – gratuitement – c’est sûr et même si on ne se sent pas l’âme casanière on se laisse tenter par l’expérience « into the wild » pour quelques jours. Après une longue piste en première, on arrive au lieu dit. Petit coup de nettoyage et allumage du feu de bois. Dehors, l’eau est gelée et la température bien en-dessous de zéro. S’en suit une discussion passionnée plus que passionnante concernant la condition de la femme et le role de la famille dans nos sociétés sur ces points fort différentes. Edoart nous quitte au petit matin et on découvre les environs lors d’une bonne rando. Il m’a demandé de regarder si certains rochers des environs seraient exploitables pour l’escalade, malheureusement, ça vaut vraiment pas le coup !

Générosité albanaise, on traverse le petit village, ou en tout cas un petit regroupement de maisons lorsqu’une vielle dame nous interpelle, on ne comprend pas grand chose mais elle nous offre moulte Kaki’s, ces fruits qui part chez nous se font rares et sont ici comme le blé dans les champs. On ne sait plus où en mettre, nos poches débordent ; « falemenderit« .

L’expérience nous laissera un superbe souvenir mais le voyage nous appelle. Si jamais vous cherchez un projet et un endroit loin de tout , avis aux amateurs, vous êtes les bienvenus !

Après ces quelques jours en montagne, on pensait revenir vers le chaud… mais c’était avant qu’Anaëlle et Rémy nous partagent leurs plans d’aller voir le lac Ohrid, en passant la frontière Macédonienne. On est pas si loin et ça a l’air sympa, on se laisse donc emporter. Enfin on les emporte plutot avec nous. Les nuits froides les pousserons même à utiliser notre chambre d’amis – l’avant du camion – pendant plusieurs nuits. Notre cher van fait donc couchage pour 4 !

Fun fact, en allant vers le lac Ohrid, lac de montagne, toute la route ascendante du côté Albanais est remplie de laveurs de voiture ; inside-out pour 1€50 ! Ils s’affichent clairement en pointant leur tuyau vers le ciel. L’eau vient droit du lac et est donc gratuite, ce qui permet ces jeux de fontaines offerts au voyageur – un petit Versailles couleur locale. Il faut dire que lorsque les albanais sont sortis du communisme, les trois commerces qui se sont lancés à grande échelle étaient : caféiste, pompiste ou gérant de car-wash ; faut que ça brille une Merco !

Mal nous à prit, même si le camion était bien sale, nous voulions profiter de la fin de journée pour aller voir le lac de jour. Pas de nettoyage pour nous cette fois-ci. Choix finalement regretté car le passage frontière nous a pompé tout le temps solaire restant… un vrai addict de la fouille, le mec a tout fait : caméra-cable, chien renifleur, tournevis, camion monté sur pont levant pour vérifier ses dessous,… pff le plus pénible qu’on ai eu du voyage !

Côté Macédoine, on a visité la ville d’Ohrid, parcouru le flanc Est du lac et on a même tenté l’expérience d’une rando glaciaire hivernale en mode white-out pour le sommet. En gros, on marche vers un sommet sans le voir, on pense y être, on check le gps, c’est pas là. On y arrive finalement, on fait rapidos une photo sommitale où on voit rien autour, on prend la boussole et on trace tout azimut pour redescendre sous les nuages avant de finir en glaçon. Amusant avec de la neige jusqu’aux hanches parfois, un peu mouillé mais au moins on a vécu une belle aventure !

Retour vers le plancher des vaches. On repasse déjà la frontière vers l’Albanie après un bon plein à 0.90€ le litre, il est pas si mal ce pays ! [en Albanie, bien qu’ils soient producteurs de pétrole, le prix est le plus haut des Balkans, autant vous dire qu’on y pas fait une station]. Le reste de la Macédoine se doit d’être magnifique, mais pays montagneux, il faudra également revenir dans des temps plus cléments.

On arrive sous le lac, côté albanais donc à la ville de Pogradec. Ici, fête du vin, on se fait offrir une brochette et un verre, on profite avec plaisir de la chaleur des grands brasiers allumés pour l’occasion avant de continuer notre route, c’est bientôt Noël et on a rendez-vous à Girokaster pour l’occasion.

En chemin, après quelques heures de routes bien cabossées, on s’arrête au milieu d’un champ pour la nuit. Réveil aux petites heures pour préparer de super pains-perdus quand une petite vielle vient vider sa bassine d’ordure dans la rivière ; classique par ici. Elle repart, et revient chargée de pommes et de noix en nous invitant chez elle. Je laisse à votre imaginaire le dialogue de sourds, gestes et carnets de dessin à l’appui pour comprendre tout ça. On est au centre même de la culture locale, on ne peut pas refuser. On termine tout de même notre petit déjeuné avant de se diriger dans son foyer. Sobrement aménagé, son mari et elle utilisent en hiver cette petite-pièce adjacente au garage car elle dispose du gros poêle de fonte qui offre une chaleur inespérée. Mais il ne sont pas peu fiers pour autant de nous montrer leur réelle maison, juste en face, crépis violet récent, maison 4 façades, on se croirait presque en Alsace.

L’accueil et la générosité albanaise est ici à son paroxysme, car entre albums de photos de leurs enfants dont ils ont l’air bien fiers également, surtout leur fille mariée à un italien. Ils nous offrent tout bonnement : du Limoncello (il est 10h du matin), des biscuits et friandises, des noix et noisettes, des coings, des pommes de fertilité pour les filles et une tournée de raki car j’ai le malheur de me moucher (il est toujours 10h du matin..). Toutes ces denrées matérielles pour des gens qui ne semblent avoir que peu, mais surtout une gentillesse exceptionnelle.

On prend finalement congé car il nous reste quelques heures de route, après avoir tout de même été voir le gros camion et la jeep du Monsieur qui les garde bien dans son garage (dont certaines poutres ont été entaillées pour que le camion y rentre..).

Quelques kilomètres avant Girokaster, on s’arrête tout près de la petite de ville de Permet, connue pour son gros caillou en son centre, son vieux pont mais surtout ses eaux thermales. A dix minutes de là : Lengarica, un superbe canyon aux parois raides qui s’étend sur plusieurs kilomètres. Le paradis des touristes d’été qui le parcours pieds dans l’eau pour y découvrir sa beauté avant de revenir plonger entièrement dans le bassin d’eau sulfurée à 40° aménagé près de l’entrée. On choisira cependant l’option visite panoramique en faisant une randonnée qui longe tout le canyon d’un côté puis de l’autre, mais d’en haut seulement ; l’ombre et l’eau du fond des gorges inspirent peu en décembre. Cependant, le bain de souffre lui, on n’y manquera pas histoire de relâcher nos muscles endoloris après ces longues heures d’effort et apprécier le coucher de soleil sur les montagnes enneigées.

Noël donc. On le passe à Girokaster, perdue dans les montagnes également, cette ville d’assez grande importance est le fief de la province et est surmontée d’une grande forteresse qui a vu toutes les époques se succéder. On y retrouve des vestiges du Moyen-Age, des canons de la première, des chars de la deuxième et des avions de la guerre froide. L’entrée gratuite pour Noël nous a tous fait sourire.

Le réveillon quant-à-lui fut bien festif comme il se doit. Nous étions huit personnes, 4 couples d’horizon divers à partager un repas copieux. Nous avons en effet rejoint l’appartement d’un Néo-Zélandais : Jade qui est venu s’établir là-bas pour être au côté de sa fiancée elle-même albanaise et rencontrée on-line. Se sont jointes à nous Moni et Stefi, deux allemandes qui parcourent la côte adriatique depuis l’Allemagne à vélo ! On se paire et on prépare entrée, plat végé, plat viandard et dessert pour tous avant de dévorer tout ça et de finir la soirée à jouer au Wanted.

La digestion effectuée, nous repartons vers la côte, où nous attend le soleil et des cailloux – en manque de grimpe peut-être… En chemin on s’arrête à « l’œil bleu », un phénomène naturel de rivière souterraine qui ressort en créant un tunnel de plus de 50 mètres de profondeur et qui ressemble étrangement à une pupille… selon les panneaux du moins. Le plus étrange est l’état du site qui, sur des photos antérieures retrouvées sur internet paraissait complètement aménagé, avec petites terrasses sur l’eau et tavernes pour touriste. De tout cela il reste des ruines, des débris et des morceaux de faïences. Un cahot peu compréhensible.

La dernière destination de notre périple albanais se nomme Gjipe et ce sera notre coup de cœur du pays. En effet, c’est une plage de sable fin, orientée vers l’Adriatique et située à la fin d’un canyon de roche rouge-ocre qui offre des voies d’escalade variées, longues et spectaculaires. Le cadre est magique, c’est pourquoi un petit camping de hippies s’y est installé. Peu de monde en cette saison mais le soleil est au rendez-vous, le t-shirt peut même tomber pour grimper. On accède à la plage via un sentier qui offre une vue sur toute la côte sud, la piste étant trop mauvaise pour le camion. Mais ce panorama et le bivouac super juste au-dessus valent bien la marche. On s’y sépare de nos copains qui repartent en stop pour d’autres aventures pendant qu’on profite de cette escalade entre plage et rocher.

C’est sur cette note de soleil couchant, perdus dans un monde merveilleux, l’esprit plein de la générosité et de l’accueil des albanais, qu’on quittera ce pays où 3 jours se sont transformés en 3 semaines pour se diriger vers la Grèce et y vivre le début d’une nouvelle année.

[#8] Strogir et Paklenica, de la grande voie en veux-tu en voilà !

Alors que Céline et Séb remontent vers le Nord et que nous avons rechargé nos batteries dans les criques de Krk (vive la rime, si vous arrivez à prononcer mon deuxième), nous continuons notre route vers le Sud. Direction le souvent nommé meilleur, plus beau et plus grand site d’escalade du pays : Paklenica.

En chemin, nous nous arrêtons pour profiter des couchers de soleil et faisons halte à Strogir. Eh oui, même si Paklenica est renommé pour son calcaire, ce n’est pas le seul monolith rocheux de la côte offrant des grandes voies farcies aux cannelures et autres prises crochettantes. Sur la route, il y’a pas mal de sites un peu moins connus, avec des marches d’approche plus au moins longues. Nous ne prendrons pas le temps de faire plusieurs arrêts mais dirigeons nos chaussons vers le « Strogir ». En effet, ce rocher est vraisemblablement emblématique dans la région. Érigé comme une grande dent surmontant les montagnes côtières, il a une certaine prestance dans le monde des grimpeurs locaux. L’approche est de 45 minutes de montée, ça permet d’allier rando et escalade ; on aime ça. Et en plus ça fait guise d’échauffement.

On y fera une chouette « petite grande voie » de 120m de haut pour jouir d’une vue exceptionnelle. Encore sur notre fin après cette ascension bien rapide, nous enchaînons par une grande longueur de 75m sur un calcaire tout joli, juste en dessous du Strogir, à l’assaut de sa petite dent jumelle. C’est fait pour le duo du jour, redescente au van en repassant par la fameuse porte des Turcs avant de reprendre la route vers Paklenica où nous arrivons après un énième couché de soleil aux couleurs enchantresses.

Encore une fois, lors de ces moments de route, nous somme content d’être là en basse saison, car même si la côte est un peu morne, que tous les bars, cafés et restaurants affichent portes closes, nous imaginons mal faire la même route en été. Nous ne croisons que très peu de voitures sur cette route qui est la seule parcourant toute la côte, et c’est très agréable. Ici en été, c’est la cohue, les touristes, les camping-cars, les autobus et tout le reste lié à l’activité estivale. Les touristes qui profitent de la Croatie et les croates qui profitent des touristes en gros.

On arrive de nuit à Paklenica, grâce à notre super app Park4Night (quoi on en a pas encore parlé ?! allé j’ai fais un petit article bon plans app : ici) on trouve un super spot au bord de l’eau. Ici on est tellement enfoncé dans un bras de mer protégé par deux rangs successifs d’îles que la surface est aussi calme que celle d’un lac, voir plus. L’eau est limpide et les vagues quasi inexistantes. C’est grandiose la journée mais la magie opère surtout le soir lorsque les « pécheurs aux lumières » viennent faire des aller-retours le long des plages, aussi silencieux que la branche qui se laisse emporter par la rivière, leurs bateaux, tels de grosses pirogues sont armés d’un gros spot à l’avant. Celui-ci permettrait d’attirer les poissons en recherche de lumière… divine ou mortelle. Les pécheurs reviennent tous les soirs et nous jouirons du spectacle au coin d’un feu, avec de nouveaux amis italiens rencontrés par hasard sur le spot, et de leur chien qui nous a fait une peur bleue notre premier soir mais s’est avéré être un beau Border Collie bien sympa, joueur et très utile pour nous apporter du bois pour le feu. Eh oui, son jouet préféré devait être le plus gros possible, bien plus que sa tête en tout cas.
Je m’égare un peu mais pour clore la parenthèse, ces fameux italiens du nord, viennent d’un petit patelin perdu à la limite des Dolomites, qui s’appelle Longomoso, et qui jouit d’une certaine réputation grace à ces pyramides de terre surmontées de gros rochers… ça vous rappelle quelque chose ?! eh oui, c’est bien là qu’on a bivouaqué par le plus grand des hasards en se dirigeant vers les Dolomites, ou ce qu’on pensait être celles-ci en tout cas. Que le monde est petit me direz-vous ! (on en parlait ici).

Paklenica donc. On y a passé quatre jours. A savoir : l’entrée est payante dans le canyon principal. Principal car il y’en a deux : Vala Paklenica et Mala Paklenica. Vive la basse saison encore car l’entrée est moins chère (beaucoup) dans le premier et gratuite dans le deuxième à cette période. Dans tous les cas, des pass pour 3 et 5 jours existent pour faire une bonne affaire. Nous avons donc pris le pack de 3, et profité du 4ème jour pour aller visiter le Mala en rando pure.

Premier jour, première grande voie, on attaque plus au moins soft, enfin c’est ce qu’on pensait. Liliv, un des beauf’s d’Athé nous envoie une sélection de voies, on choisit « Slovenski », 200m 6a+ max. Bonne orientation et petite marche d’approche pour une première dans le canyon, c’est un des contrefort en rive droite qui s’appelle Debeli Kuk. Bon l’échauffement souhaité c’était sans compter les cotations un peu « old school » de l’endroit. Il faut ajouter un bon niveau à chaque cotation des gorges, on l’apprendra à nos dépend et la réputation fera écho dans nos oreilles plusieurs fois par la suite. Dès la deuxième longueur dans un dièdre ultra technique aux positionnements douteux et au prises cachées le ton est donné. On enchaînera tout de même toutes ces belles longueurs pour un sommet plus que mérité, surtout pour Athé qui y aura tenu un combat plus que coriace. Une chose est sûre, la prochaine fois, elle me laissera porter ma bouteille d’eau et prendra des barres céréales à la place d’une salade composée et de son pot de vinaigrette en verre… Note que le festin fut à la hauteur de la voie et un vrai délice en son sommet.

Pour se remettre de nos émotions et se donner une meilleure idée des cotations assez spécifiques au lieu, le lendemain on grimpera des couennes avec nos amis italiens, leur chien et des allemands qui nous prêteront le topo pour qu’on puisse planifier la suite. Le choix n’est pas simple et il nous faudra bien éplucher le roman pour trouver quoi gravir pour notre dernier jour. Athé préfère garder de la marge et j’aimerais finir en apothéose tout de même pour quitter ce lieu sur une note magistrale !

Mais avant ça, pour se reposer les bras et reconstituer un peu de peau avant la grande ascension, on prend notre jour de repos pour aller randonner dans le Mala Paklenica. Ce deuxième canyon est aussi majestueux que le premier et, point positif selon moi, il est beaucoup plus sauvage ! On planifie une boucle qui nous prendra la journée (les jours sont de plus en plus courts…). La gorge commence par un sentier assez bien marqué, au milieu de falaises vertigineuses envahies de végétation, on comprend pourquoi l’escalade est ici moins présente mais également que celle-ci est interdite. Les autorités ont probablement voulu conserver une de ces deux failles terrestres pour y laisser jouir en paix oiseaux, animaux et végétaux. Et c’est plutôt bien comme ça ! Le canyon est magnifique, ses parois s’élèvent de chaque côté remplies de couleurs du gris à l’orange et de toutes les nuances de verts. Après quelques centaines de mètres, le sentier se fait moins évident et il devient plus raide. On découvre une grotte avec des bouteilles qui récoltent le goutte-à-goutte de l’eau filtrée par des milliers de mètres cube de roche. Ensuite, il faut cheminer dans le lit de la rivière, au milieu de gros blocs de roche, suivant le marquage on escalade et saute de l’un à l’autre, toujours en bonne ascension. A la sortie du Canyon, le lit de la rivière (asséchée) nous conduit pendant plusieurs km sur un terrain plus au moins plat avant de remonter par les collines et de descendre via le maquis Croate face à un couché de soleil à nouveau grandiose. Arrivés à la tombée de la nuit, on a failli sortir les frontales mais notre van était encore visible dans la pénombre… peut-être aurait-on du les sortir pour vérifier les piles ce jour-là, à quelques mètres du camion ? …

Dernier jour dans le parc, apothéose ou ecchymose, on jette notre dévolu sur un combiné à l’assaut de l’Anica Kuk, le sommet emblématique du lieu ! Départ via Karabore pour une longueur de chauffe, suite via Svicarski pour une transition vers Domzalski pour rejoindre le sommet du « stup » (aiguille qui sert de contrefort à l’Anica Kuk). On se perd un peu, on double une ou deux longueurs mais on arrive sans peine sur cette arrête qu’on suit sur une soixantaine de mètres jusqu’à une plateforme où deux options s’offrent à nous, la première est Razza Romantike : un 6c « Paklenica » qui nous refroidit tous les deux, Athé de suite à cause du niveau, et moi à la vue des pitons bien rouillés qui l’équipe. La deuxième est d’enchaîner avec Brid za veliki cekic jusqu’au sommet. On choisit donc cette dernière en partant tout d’abord dans une série de traversées en crochet dans des cotations faciles mais avec un super gaz en-dessous de nous ! Pour les néophytes, du « gaz » c’est quand l’impression de vide est franchement forte. On continue ensuite sans trop de peine dans une série de longueurs jusqu’à à arriver sur un plat qui devrait, selon notre topo, être la fin de la voie. On est content, il fait encore bien beau et on se met en quête du chemin de descente. A droite, du vide, à gauche pareil, devant, un rocher raide… on tourne un peu en rond, je m’embarque presque à l’aveugle dans une autre voie avec mes grosses aux pieds mais finalement on reprend le topo pour y voir plus clair et là… sur une autre page, dans un petit encart, on découvre qu’il nous reste trois longueurs avant le haut de la voie… ça explique des choses mais ça flingue un peu le moral aussi avec les doigts de pieds qui crient au martyr et le soleil qui entame sa course vers les profondeurs de la mer adriatique.

On se dépêche un peu et on trace les trois dernières longueurs en passant un peu n’importe où. Enfin en haut ! Petit moment de célébration, mais Athé qui n’a pas l’habitude des retours nocturnes est un peu en pagaye, c’est que le sommet n’est que la moitié de la course y parait. J’arrive tout de même à prendre quelques photos de ce super couché de soleil (encore). Aujourd’hui on est au meilleur endroit pour le voir, vu qu’on est au plus haut.

Le chemin de descente se fait à pied mais pour se faire, il faut crapahuter sur des rochers assez acérés pour d’abord atteindre le véritable sommet de la montagne, avant de redescendre par le versant nord et rejoindre le pied de la voie, puis le bas du canyon est notre maison roulante 600m en contrebas. La nuit tombe et il est temps cette-fois ci de sortir les frontales pour poser les pieds correctement sur ces couteaux de roche. Petite émotion de détresse lorsque celle d’Athé ne s’allume pas.. eh oui on aurait dû les tester ces piles ! Mais pas de soucis, je lui file la mienne et utiliserais la lumière de mon téléphone pour éclairer mes pas. Je suis plus à l’aise sur ce type de terrain et avoir une seule main libre est moins gênant pour moi. La nuit tombe, les étoiles pointent le bout de leur nez, la vue est grandiose et la sérénité revient. On s’arrêtera pour manger un bout, on a pas pris le temps dans la voie. Noir ou noir, c’est pareil de toute manière. Un peu de réconfort lorsqu’on rattrape ensuite une autre cordée d’anglais dans la descente. Ne pas être seul dans la montagne, parfois ça irrite mais souvent ça rassure tout de même. On arrive sans encombre par le sentier qui se fait bien meilleur lorsque le calcaire laisse la place à la terre et aux gravillons.

Retour au camp pour allumer un feu – de joie – et célébrer cette belle journée au sommet de Paklenica, on est monté par la grande scène et redescendu par la sortie des artistes, chapeau bas ! A bientôt pour un rappel sur les planches !

[#5] La magie des Dolomites

Nom connu de tout grimpeur même si tu ne sais pas vraiment où c’est, ni même ce que c’est exactement.

C’est pourtant notre direction. Quand Oli me demande de rentrer la ville des dolomites dans notre carte, indicateur facile de route moderne, j’ai nommé Google Map, je me retrouve coi. Je vais donc sur notre moteur de recherche moderne, j’ai nommé Google. (Et on remercie au passage ce géant de l’informatique de collecter toutes nos données 😉 . Il me dirige vers notre encyclopédie collective, merveille du 21ème siècle, autrement nommée Wikipédia qui me donne le chef lieu des Dolomites. Nous voici en route pour Bolzano en Italie bien sur ! Les kilomètres défilent, on est bien, la route est superbe …

On s’arrête un peu avant Bolzano, car on a trouvé un endroit pour se parquer tranquillement. Longomoso, ville choisie totalement aléatoirement. (On verra incessamment sous peu comme quoi le hasard fait drôlement bien les choses 🙂

Très rapidement Oli est perplexe sur notre ville de destination « Bolzano, Bolzano » mais ce n’est pas ça qu’il voulait voir !! Mais bien les Tre Cime…C’est 3 rochers qui sortent comme des dents. Oups… Mais que sont donc ces fameuses Dolomites à la fin !

Wikipédia: Les Dolomites (en italien :Dolomiti)sont un massif des Préalpes orientales méridionales. Elles s’élèvent en Italie (Trentin-Haut-Adige et Vénétie). Depuis le 26juin 2009, les Dolomites sont inscrites au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Au sens large, elles sont également un ensemble des Alpes composé des Alpes de Fiemme et des Préalpes vicentines.
Avant de prendre le nom de « Dolomites »,  elles étaient couramment appelées les « montagnes pâles ».
Avec ses 3 343 mètres d’altitude, la Marmolada est le point culminant du massif.

On apprend de ses erreurs, nous sommes juste à plus de 3h de notre destination souhaitée !Mais quitte à être là autant en profiter. La région est magnifique et on aimerait bien randonner. Après un tour chez Mme La Doctoresse Italienne pour une poussière bien tenace et douloureuse dans l’œil (gauche) d’Oli, nous partons faire un (petit du coup)tour. Il s’avère que la zone est connue pour ces cheminées de Fée.Un fait géologique des plus mignons !

Parenthèse Anachronique d’une coïncidence remarquable : quelques semaines plus tard, à Paklenica en Croatie, nous allons fort bien sympathiser avec des « Italiens » du Nord, avec qui nous allons rester plusieurs jours, et qui viennent de ce hameaux!Nous sommes même passer devant leur maison durant notre balade !

Nous décidons de ne pas traîner, les températures nocturnes dans la zone sont plutôt fraîches, et allons à Passo Gardena en vue de faire le lendemain une grande voie de 400m, 6a+ max, tout en trad (Les points de protections se font sur des friends et coinceurs, des bouts de métaux plus ou moins sophistiqués à glisser dans les fissures de la roche). On calcule bien notre coup et on gare le cul de Pouet Pouet (dit Camion) vers l’est pour se faire réchauffer au matin. Réveil programmé tôt mais pas trop car il annonce 0° dans la nuit, il faut donc attendre un peu que le doux soleil ne réchauffe notre cailloux, ainsi que notre enveloppe corporelle. A 7h30, la température n’a pas atteint les 7°, je commence à émettre quelques réserves quand à la réalisation de cette aventure. « On peut toujours faire la marche d’approche et voir si la pierre est trop froide pour escalader… ». A 8h notre camion passe à l’ombre et sonne le glas de notre projet, un vent glacial nous pétrifie instantanément. Même une rando semble délirante sous ce climat alors une telle grimpette en automne avec des journées raccourcis, quel délire ! On se sauve dans une auberge-refuge! Parfais pour un dimanche matin, on commande une pâtisserie local, un strudel aux pommes, avec un café! Un peu de douceur c’est pas mal aussi.

On se fait quand même une chouette balade dans le coin et on part essayer notre chance pour grimper un peu plus loin.

 Ce lieu sera Tofana Di Rozes, très beau site de grimpe. Au passage, on remercie chaleureusement Pascal, un ami d’Oli pour ces conseils et informations sur les Dolomites ! Malheureusement, nous sommes un peu tard sur le site, et préférons faire une belle Via Ferrata d’1h30 (plutôt qu’une longue voie!)

Notre maison mobile se stoppe à Lago Antorno, d’où on admire un couché de soleil d’une incroyable beauté sur les Tre Cime. Une fois le soleil couché, nous partons trouver asile dans le camion car il n’est peut être que 17 heures mais le froid est déjà mordant. On attend -4° pour la nuit. Pouet Pouet est certes isolé, mais le chauffage n’est pas encore installé (mais on y pense fort, très fort !)

A cause de ces températures, je crains de faire les longues voies de ces majestueux cailloux. Erreur de débutante dont je me rendrais compte au fur et à mesure de notre voyage. Si la paroi est exposée au soleil et sans vent, c’est chaleur assuré ! Une belle rando de 12km fait le tour des monolithes. C’est chouette aussi.

Au début de la route d’accès, 6km avant le refuge au pied du site, une barrière, avec un Monsieur dans sa cabane, nous demande de l’agent pour monter. 30 euros pour une voiture et 45euros pour un camping car ! ToO !! C’est que nous, on n’aime pas payer les voleurs ! On décide donc de se garer devant le péage ,et de passer la barrière à pied (gratuitement donc), puis de faire du stop ! On se fait prendre par la première voiture, conduite par un couple Allemand avec un autre auto-stopper à l’arrière !On passera le reste de la journée avec Juan, un jeune Argentin, qui voyage en vendant ses photos dans les bars .

Ces rocks légendaires sont impressionnant par leur forte stature qui s’élèvent au milieu d’une zone plus aérée . La couleur de la pierre qui varie selon la lumière donne vraiment envie de monter dessus. On comprend pourquoi le lieu est si touristique, il est d’une telle beauté !

Question pour un champion, connaissez vous Claude Barbier ??

Ce célèbre grimpeur Belge d’origine, s’est fait renommer avec des consommes Italienne : Il Divino Claudio ! Connu pour ses prouesses dans les Dolomites notamment en escaladant en solitaire et en une journée (le 24/08/1961) les 5 voies mythiques des Tre Cime .

Voici la fin de notre passage express dans les dolomites, avec une promesse en poche, celle de revenir durant une saison plus clémente pour profiter à fond de ce lieu magique (et comme ça on pourra utiliser tes infos Pascal) !!

[#4] Imst et Innsbruck au cœur du Tyrol autrichien

Bienvenue dans le Tyrol autrichien, notre route nous menant finalement vers l’Est à travers l’Autriche. En cherchant notre chemin, deux villes attirent mon attention sur la carte. Il s’agit d’Imst et d’Innsbruck, toutes deux accueillants une manche de la coupe du monde d’escalade ( IFSC, international federation of sport climbing) tous les deux ans. 

Le renom de ces deux cités nichées entre les hautes montagnes des alpes orientales s’explique dû à leurs impressionnantes structures artificielles offrant de superbes outils pour les compétitions internationales et des photos bluffantes au milieu des montagnes, c’est ça qui m’a fait m’en souvenir. 

Nous voilà donc en route vers Imst, où on ira voir le mur d’escalade extérieur du centre sportif mais ce sont les montagnes environnantes qui nous attireront le plus. Tout d’abord du côté d’Hocht-Imst, petite station de ski peu fréquentée en cette saison mais qui bénéficie, en plus d’un superbe panorama sur la région, d’un grand nombre de falaises. C’est le site de Reithle qui retient notre attention, de beaux petits rochers au milieu d’une forêt verdoyante. On grimpe mi-bloc mi-voie sur divers rock dispersés dans les bois, maximum 8 mètres mais bien costaud dans les niveaux ! Tout est au sud et facilement accessible, parfait pour la saison. Ceci dit en plein été, il y’a bien plus à explorer plus haut !

Petite astuce si vous voulez grimper/randonner/faire des via-ferratas/etc dans le coin, un site et une appli assez bien foutus renseignant tous les itinéraires et topos de la région (site bilingue mais appli uniquement en allemand) : https://www.climbers-paradise.com

Depuis notre site de bivouac, et depuis la route qui nous a mené vers Imst, on ne peut s’empêcher d’admirer une pointe se dessinant dans le ciel en face de nous, ce sommet nous attire et nous appelle. C’est ainsi que le soir même nous décidons de dormir au pied du Tschirgrant et de le gravir dès le lendemain ! 

Un super sommet qui culmine à 2370m d’altitude, qui peut se gravir en effectuant une boucle depuis le refuge Karröster Alm accessible en voiture. C’est un peu moins de 1000 mètres de dénivelés sur des sentiers magnifiques, surtout la fin le long de la crête sommitale. Le sommet n’est en effet pas une véritable pointe mais la fin d’une longue colonne vertébrale s’élevant depuis Motz jusqu’à Imst. Une vue sur toutes les vallées environnantes jusqu’à notre prochaine destination : Innsbruck !

Après ce beau sommet direction la capitale du Tyrol Autrichien : Innsbruck ! Une ville d’une autre ampleur que celle que nous avons quitté et après une route parsemée de petits hameaux et de prés de vaches nous arrivons à cette cité riche en patrimoine datant de l’Empire des Habsbourg. Son symbole est ce petit toit en tuiles de cuivres dorées qui fait la fierté de la ville mais qu’on a pas trouvé plus exceptionnel que les toitures surmontant les colombages des maisons de la Petite France à Strasboug. La ville cependant est sympa et on peut y trouver, parmi d’autres enseignes de tout genre, un magasin Swarovski qui fait le bonheur des touristes chinois et de ses gérants du même coup j’imagine. 

C’est bien beau le centre ville mais le bâtiment le plus exceptionnel à mes yeux réside un peu en périphérie, il s’agit bien sur du « SillSide » ou encore « Kletterzentrum Innsbruck » ; eh oui cette nouvelle « salle » ou plutôt ce nouveau complexe dédié à l’escalade sous toutes ses formes est vraiment impressionnant et inspirant ! Construit en 2016 ou 2017, et donc tout neuf, c’est la plus grande salle d’escalade construite en une fois au monde ! Plus de 5000m² de grimpe, avec 500 voies et 200 blocs ; bref c’est du lourd ! 

Ici on a des voies, du bloc et de la vitesse en intérieur, histoire
de s’abriter les soirs et en hiver, et en extérieur, pour profiter de la météo et de l’environnement montagneux. A l’intérieur on trouve aussi une salle de muscu, une zone enfant et un café avec vue sur les grimpeurs. Un super endroit pour passer une grosse journée d’escalade ! Le ticket est un peu cher (13.5€) mais valable toute la journée, avec sorties possibles du centre. Pourquoi ne pas faire une session le matin et une le soir pour profiter des différents espaces ?
De notre côté on a bien profité du bar et du wifi, puis du mur intérieur pour s’échauffer avant d’aller se dorer au soleil à l’extérieur ! Très bien ouvert avec des voies dans tous les niveaux c’est une salle qui est conçue pour être adaptée à l’aire de l’escalade 2.0. On trouve ici de tout pour les grimpeurs occasionnels jusqu’au pros, et le must, c’est cette esplanade qui offre un espace pour les spectateurs des compets hauts niveau face à un mur vraiment grandiose ! 
Bref, j’ai été conquis, ce qui explique cette entorse qui nous a fait grimper sur de la résine après trois mois de cailloux ! 
Il faut dire aussi que le site le plus proche en vrai rocher est celui de la Martinswand, non pas le Granit de celle des Vosges mais bien cette grande barre de calcaire bien poli face à l’autoroute ; c’est bien rare, mais sincèrement, la salle d’escalade nous a donné plus envie d’enfiler nos chaussons ! Et point positif et déterminant pour nous, celle-ci avait des douches chaudes… 

On a quand même fini notre séjour dans la région en faisant la via ferrata de l’empereur « Kaiser Max Klettersteig », beau panorama mais vraiment vraiment patinée, il faut tirer sur les « cables » qui sont en fait des tiges rigides pour parcourir les dernières sections bien physiques, s’élevant au-dessus de la route avec encore le bruit des camions bien présent. Sympa mais sans plus, d’autant que le retour oblige a marcher sur la route après avoir surplombé une carrière en exploitation. 

En conclusion, un très chouette passage dans une région qui offre au grimpeur et au montagnard de quoi s’amuser, autant en altitude qu’au plancher des vaches grace aux complexes impressionnants que les Autrichiens ont acquis ! Pas étonnant avec des outils pareils qu’on ait retrouvé cette année (2018) deux autrichiens sur les premières places des podiums d’escalade de difficulté des championnats du monde (Jakob Schubert chez les hommes et Jessica Pilz chez les femmes).