[#15] Retraite en Crête

La Crète, doux nom qui nous plonge instantanément dans la Grèce antique, la culture Minoenne, des paysages étonnants, de l’huile d’Olive et de la cuisine diététique. La plus grande île de Grèce a su totalement nous conquérir !

Après une douce nuit sur le pont de notre « petit » bateau de traversée, pas le droit de dormir dans le camion pour des raisons de sécurité, nous arrivâmes au beau matin en douce Crète. Visite d’Héraklion et départ rapide pour Chania, retrouver nos copains Anaëlle et Rémi, pas vu depuis si longtemps ! Grâce à la fantastique Veronica, couch surfeuse au top, nous découvrons cette charmante ville et les alentours. J’ai particulièrement aimé la balade tout au nord à Moni Katholico, à la recherche de la cache des pirates. On n’a pas trouvé le trésors mais le paysage vaut de l’or !

Déjà 24h sur l’île, il était temps de grimper ! Le site de la grotte de Tersanas près de la magnifique plage de sable blanc de Balos semble tout indiqué. C’est l’une des plus belle plage du monde, la preuve en photo! La contempler se mérite : la route se dégrade d’un coup et devient une piste. Après une 1 heure à se faire secouer dans tous les sens, on se dit que la prochaine fois on prend un véhicule 4×4 ! (à suivre dans nos aventures en Australie !)

Le niveau d’escalade requis dans la grotte est exigent. Le site est grandiose, rien que la marche d’approche en vaut la peine et t’en mieux pour moi. Oli s’amusera bien dans une voie à colo…

Petite aparté, c’est le moment de vous faire une confidence, si vous croyez que je suis partie faire un tour d’Europe de grimpe avec un bon niveau en escalade, et bien vous vous trompez ! Avant le départ je n’avais jamais enchaîné de 6a en salle… mon niveau s’est bien amélioré mais je reste une cramique (=novice) ! Comme quoi pas besoin d’être un cador pour s’amuser avec des jolis cailloux.

De retour au campement nous ferons la connaissance d’une famille hors norme : les MYTAE. 2 parents et leurs 3 enfants en 4×4 qui dorment sur la tente de toit du véhicule. Plusieurs années de voyages, pas de scolarité classique pour les enfants mais une soif de leur transmettre des valeurs profondes sur la vie et la liberté… Une rencontre qui vous ouvre la porte des possibles.

Si vous voulez en savoir plus sur cette famille, ils décrivent leur façon de voir le monde sur la toile, par exemple via instagram :

https://www.instagram.com/mytae_rencontre_le_monde

Le vent froid de la tempête qui fait rage nous a soufflé vers le sud ouest de l’île. C’est partie pour la rando mémorable de Paléochora – Sougia. Ça devait être facile avec 12km le long de la côte montagneuse, enfin ça l’aurait été si notre petite équipe de rigolo’s avait eu envie de faire demi-tour mais que nenni. Faire du stop pour se faire déposer au milieu de nul part et se retrouver à marcher sur l’asphalte est bien plus aventureux. Espérer ardemment qu’une voiture passera et nous aidera à sauver nos chaussures et les membres qui sont dedans. Les 40km qui nous séparent du camion pourraient bien les faire partir en lambeau. La magie de l’aventure sera de passer par un village où les hommes crétois uniquement (ou crétins,j’ai un doute?!) sont occupés pendant leur dimanche à vider les chargeurs de leur pistolet dans une maison, c’est le Texas de la Grèce ! Nous trouverons 2 petites aides motorisées précieuses et rentrons juste à temps pour un apéro au coucher de soleil, mon préféré ! (Le vin était une production artisanale de l’île, une aventure à lui tout seul, étonnant en bouche et efficace pour élever notre niveau de bêtise, un beau cadeau ce pinard^^).

Et se fut le temps de la tempête généralisé et quelle joie de se jeter dedans tous ensemble ! Mais quelle tempête, les Crétois n’en avaient pas vécu des comme ça depuis au moins 50ans. Pour les copains qui dorment en tente ça sentait le chien mouillé, et comme j’avais bien envie de découvrir le Help X (c’est un peu comme le Woofing pour ceux qui connaissent, c’est-à-dire du volontariat contre un hébergement et de la nourriture). Nous nous retrouvons chez un couple d’Anglais dont le mec était plutot bon cuisinier, et comble du luxe notre lit était pourvu d’une couverture chauffante. Après 2 jours à terrasser leur jardin, extraire des souches (enfin une demie), ranger et nettoyer leur cuisine, peindre des panneaux, nous avions bien vite compris que ce ne serait pas l’expérimentation la plus enrichissante mais les pluies diluviennes nous font rester 1 jour de plus. Toutefois ça aura été une expérience et on apprend toujours: la prochaine fois je chercherai des lieux avec un dynamisme plus communautaire, soutenir un projet plus large que d’aider un couple d’alcooliques fainéants !

Cette première tempête aura entraînée avec elle de nombreux arbres, fait déborder le lit des rivières, inonder une partie des villes du nord de l’île et même se faire s’effondrer des ponts… Pendant la tempête, Oli voulait traverser un guet d’où un filet d’eau s’écoule. A force de persuasion et de démonstration de jet de cailloux qui se font entraîner avec la force du courant, nous sommes allés nous abriter derrière un monastère, dans un tout petit recoin bien encastré entre des murs, ainsi protégé du vent qui faisait rage, nos copains dans la chambre d’amis (l’avant du camion!). Et heureusement, le lendemain en repassant devant notre guet le filet d’eau était devenu torrent… C’était incroyable, on aurait été bloqué quelques jours de l’autre coté si on était passé. Il faut faire attention, durant la tempête, 4 jeunes sont décédés, emportés par l’eau lors d’un passage de guet.

Pour se remettre de nos émotions, notre objectif du jour était de trouver une skafian pie, célèbre tarte de Hora Skafion, composée de sucre, de sucre et de sucre ! Que de l’amour pour notre ami Rémi. Hors saison et avec ce temps de chien notre mission s’est soldé par un échec. Pas le temps de se laisser abattre, nous allons voir la belle roche de Plakias en bord de plage, les lignes sont superbes mais aujourd’hui cette dalle ruisselante ressemble plus à une cascade qu’à un mur d’escalade. Nous n’avons qu’une envie : revenir avec le soleil. On se consolera au café, à regarder passer les nuages en mangeant des gros gâteaux crétois…

Nous continuons notre route vers les grottes troglodytes des hippies de Matala. Ce site est situé sur un ancien cimetière romain converti en logement au standing du hippies des années 70. Il faut dire que le lieu à tout pour plaire, une crique à l’eau turquoise protégée par 2 belles falaises percées telles un gruyère. Après 10ans le rêve a pris fin quand la municipalité à compris qu’elle pourrait en faire de l’argent ! Ça faisait longtemps que l’on avait pas vu des cars de chinois…

Pour cette raison et celle de l’arrivée de la police (faut croire qu’on a vraiment pas le droit de sauter les grilles pour rentrer dans le site après la fermeture, ca manque de « hippiness » aujourd’hui cet endroit), nous partons un peu plus au sud en direction des gorges d’Agio Farango, gros spot d’escalade que nous sommes décidés à découvrir après en avoir entendu beaucoup de bien.

Le lieu est particulièrement reculé et avec les intempéries la « route », piste constituée de cailloux plus ou moins gros, était très chaotique jusqu’à devenir infranchissable au niveau d’un guet devenu rivière. Qu’à cela ne tienne, toujours avec les copains, nous allons contourner le problème et aller au village « d’à côté ». Ils nous faudra juste 45min de marche, une belle rando côtière de type montagne tout de même. Au vue de la pluie tombée, nous décidons d’aller inspecter les lieux sans tout le matos. Pour les non grimpeurs je vous fait une petite description de notre équipement à trimballer en falaise équipée. Attention départ : Chaussons, souvent 2 paires (chaussons techniques et pantoufles de grimpe « confortables »), baudrier, descendeur (pour assurer son équipier), un jeu d’une 20aine de dégaines, mousquetons, corde de 80m (= pèse son poids!), sangles, casques, sans oublier l’eau et un peu de miam miam ! Je dirais un peu plus de 10 de kilos à répartir entre nous.

La gorge est profonde, belle et mouillée. On repaire nos secteurs et continuons pour une belle balade de 15km en terrain vallonné. Pour moi qui aime marcher, c’est le paradis ! Vous êtes peut être blasés par nos jolies photos de paysages incroyables, nous pas ! A vivre, c’est une joie. Autant de beauté sauvage au quotidien, ça rend heureux !

Dommage pour nous, nous étions sensé être protégé de la tempête mais elle revint en force. Nous fuyons ! Dans tous les sens, les copains partent vers une ville romaine obscure qui doit avoir un château (grosse passion de Remi) et nous vers d’autres falaises!

En chemin on s’arrêta pour faire une rando à Zaros. Une source naturelle de l’île. Je visiterai l’ancien site Minoen de Phaïstos. Passionnant et incroyable de se rendre compte de l’influence d’un seul homme sur notre perception d’une civilisation qui existait il y a 4000 ans. L’archéologue Arthur John Evans s’est inspiré de recherches scientifiques bien sur mais les a mêlées à ses croyances personnelles pour développer ses théories et son histoire de cette civilisation dont il est par ailleurs l’auteur du nom qu’il leur a attribué selon le mythe du roi Minos… (qui est donc bien un mythe). J’ai préféré le palais de Phaïstos à celui, plus connu, de Knossos près d’Héraklion. Où ce malade d’Evans a décider de bétonner le site historique, de peindre à sa fantaisie les fresques du palais le déformant à tout jamais. Son empreinte sur la civilisation minoenne est énorme et pas très réglementaire…

On ira 2 jours à Kapetaniana. Le site est grand mais pas forcement en bon état. Les points sont usés et n’inspirent que peu la confiance. On fait quelques jolies lignes, les longueurs sont courtes, le cadre agréable, bien que escarpé. Un vrai sentiment de montagne très agréable tout de même.

Et nous repartons vers une autre falaise en bord de mer. Mais la encore, il faudra la mériter. Déjà il faut préciser que nous sommes dans une Crète reculée, loin de l’agitation touristique, et oui ça existe encore, les routes sont mauvaises et les dénivelés sont importants. Pour sûr je me souviendrai longtemps de cette route. Imaginez 1000m de dénivelé à descendre de manière abrupte avec notre petit Pouet Pouet, sur un chemin tantôt un peu asphalté, tantôt bétonné, tantôt gravillonné, tantôt poussiéreux. La descente passe encore petit joueur mais clairement j’ai serré les fesses à la remontée !! Très fière de mon pilote car les virages en aiguille étaient sec, très dérapant avec des inclinations pas faciles pour notre camion (tout le poids est sur l’arrière, alors que c’est les roues avant qui tractent). J’ai cru qu’on allait rester coincés. Malgré le pied au planché, le camion reculait quand même… Super technique de super pilote, redescendre les derniers lacets, et foncer !!! Heureusement qu’il était là (pour lui « ça passe » toujours ^^) c’est pas donné à tout le monde de gérer ce genre situation. Là encore on est repartis avant que la pluie ne vienne et fort heureusement sinon je ne pense pas que l’on aurait pu en sortir ! Mais dommage car nous n’avons pu profiter de ce micro village et ces cailloux que quelques jours durant. Dans ce village de 6 habitants en hiver, nous avons eu le privilège d’en rencontrer un. Avec lui les mots accueil et générosité prennent leur véritable nature. Malgré une barrière de la langue, c’est avec insistance que nous comprenons qu’il nous invite à prendre le café. Ce serait peu intéressant de conter ici tous nos échanges ou leurs tentatives, ou de compter le nombre de victuailles offertes mais cette chaleureuse rencontre restera gravée comme un moment privilégié avec une personne ouverte qui partage du mieux qu’elle peut (et la vérité j’essaierai de faire pareil quand je serai grande : donner sans rien attendre en retour!)

Pour accéder aux falaises une belle balade de 45 min longe la mer. En cadeau une épave cachée dans une crique et une église troglodyte. Le site de grimpe était beau, mais un peu vieux. Ça ne change rien au cailloux, par contre en ce qui concerne les protections c’est une histoire un peu rouillée ! Mais on a quand même profité de ce bel endroit. Je me rappelle une superbe une ligne en 6a. Bien physique mais heureusement c’est Oli qui est parti en tête. On trouve plusieurs longueurs en mutli pitch, nous en tentons une, sans trop savoir ce qui nous attend. Oli part en tête et je l’assure. Lorsque vient mon tour, je découvre des difficultés à monter, mais où sont les prises ? En premier j’accuse la roche de bord de mer, poisseuse, dans laquelle il est difficile de donner sa confiance. Pourtant Oli est en haut, c’est que ça passe. Je me retrouve seule, bloquée. Chaque voie en escalade est une aventure. De celle là je me rappellerai avoir essayé en force, puis d’avoir glissé, de m’être fait un petit bobo et me dire que l’escalade c’est pas pour moi… Mais finalement une fois en haut, j’étais juste tellement heureuse, les sentiments d’accomplissement et de fierté mélangés.
De son côté, Oli était dans son élément avec des lignes un peu physique, extrêmement sculptées mais surtout des voies d’un esthétisme rare ! Du pur bonheur en bord de mer, malgré un peu de poisse dû aux intempéries et à la faible fréquentation du site, les structures rocheuses étaient de beaux montages en trois dimensions.

On a quitté notre trou, pour aller vers l’Est. Hop un petit bisou de départ au copains qui prenaient leur bateau à Sintia. Puis balade entre un Olivier de 3500 ans, l’arbre hein, la plus grande palmeraie d’Europe et les gorges de Zakros la Crête, on se dit que la Crête est un bijou au naturel. Nous passerons 2 jours dans les « gorges de la mort », encore une fois avec la tempête. Elle nous aura amené un penseur Allemand, pas équipé pour survivre sous la pluie et qui trouvera refuge dans pouet pouet ! Dommage pour nous, il y a quelques voies au début des gorges mais leurs pieds sont inondés et la paroi ruisselle. Ça ne nous empêche pas de marcher pendant 2 jours dans ces beaux paysages variés et dynamiques. La remontée de la rivière à chercher les marques sous l’eau restera un très bon souvenir.

On profitera du beau temps qui arrive enfin pour retourner sur Agio Farango et grimper quelques jours là bas. Le site est majeur. On s’est gardé quelques jours de beaux temps avant le retour sur Héraklion. C’est avec une facilité hors norme que l’on a sympathisé avec la communauté de grimpeurs du coin. Quelle plaisir de les avoir rencontrer. Leur « salle locale » est une ancienne grotte dont le plafond c’est effondré et a créer un cirque rocheux entouré de voies grimpables toute l’année : Voulismeno Aloni. Trop cool ! On profitera aussi du beau temps pour se baigner un peu (la 1er fois de notre étape en Crête).

Après 1 mois passé sur l’île, je peux dire que j’aimerais y revenir. Malgré des conditions météo difficiles et surtout très inhabituelles aux dires des autochtones ce lieu est magique et regorge de merveilles dans ses paysages, sa culture, sa gastronomie et ses habitants. Un lieu paradoxale où les touristes de masse ont trouvés leurs plages et leurs resorts, mais il existe encore vraiment une crête sauvage et authentique à découvrir hors des sentiers battus – ou en hiver.

[#10] Voyage au Monténégro où littéralement le pays de la montagne noire

La route qui mène à Kotor est apparemment sublime, elle longe l’embouchure et au milieu 2 îles, dont l’une abrite un monastère bénédictin, et en arrière plan des montagnes. Dommage pour nous, la pluie tombe drue et l’on ne voit pas à 20 mètres. Chaque nouveau pays amène son lot d’excitation, nous partons à la conquête d’un distributeur de monnaie local. Nous n’avons aucune idée de la devise mais comme le Monténégro ne fait pas partie de l’Union Européenne, on se dit qu’il n’y a aucune chance pour qu’il ait l’euro. Quelle surprise de voir que l’ATM ne propose que ça. Logique imparable, la Croatie qui est membre utilise le Kuna alors que le Monténégro qui est rebuté à chaque fois de l’U.E utilise l’Euro… On avouera que c’est plus facile pour compter. On est content de voir que les prix descendent un peu par rapport à chez nous. A quoi nous servirait cet argent si ce n’est pour manger ? Première découverte culinaire, un burek (sorte de tarte feuilletée) fourré à la patate. Efficace.

Les bouches de Kotor sont très réputées et attirent de nombreux touristes. A raison, une fois le soleil revenu, c’est avec notre Ami Sasa, rencontré grâce à couch surfing, que nous partons à l’assaut de la ville. Les remparts sont immenses et courent le long de la montagne. Plaisir de l’hiver l’entrée est gratuite. Heureusement vu l’entretien du lieu on se demande se qu’ils font avec l’argent. Il ne reste que des grosses ruines, sans panneaux indicatifs, des déchets dans tous les recoins, avec des arbustes plasticus, espèce endémique des Balkans. Néanmoins le lieu est incroyable, il est assez fun de faire la boucle, en passant par la zone de droite qui clairement n’est pas très pratiquée et ressemble à une jungle.

Le site d’escalade de Kotor est un beau site en haut de la ville, dans un cirque avec 3 parties : de la dalle facile, du dévers sur colo et une belle grotte bien cotée. Le chemin d’accès est raide et fait son travail d’échauffement. Dommage c’est qu’une fois en haut, les voies sont à l’ombre et que même le bonnet et les gants ne suffisent pas à contrer ce froid.

Un peu plus haut se trouve le fort abandonné de Corazda. L’endroit est super pour y passer la nuit, la tempête sévit autour de nous. Quelle joie d’être en camion, nous avons une pensée pour les vadrouilleurs en tente qui ne peuvent pas camper dans ces conditions. Au matin, nous devenons des archéologues type Indiana Jones des temps modernes, à fouiller tous les recoins sombres de la forteresse. Ce n’est pas restauré mais au moins c’est gratuit.

La route qui suit est connue pour ses lacets bien parallèles entre eux. J’ai très envie de voir ça et nous prenons la route avant la tombé de la nuit pour aller jusqu’au Mont Lovcen, parc national. Plus l’on monte et moins il y a de degrés. Détail auquel je n’avais pas songé. La route est super, le panorama impressionnant mais les Celsius tombent. La neige fait son apparition, sur les bas coté ça va, mais lorsqu’elle se joint au gel sur la route ce n’est plus là même préhension. La nuit est arrivée et il fait déjà -1°C, la route devient, à ce qu’on nous a dit pourrie, et absolument pas déneigée. Un complexe touristique sorti de nul part nous sauve un peu la mise, il n’est que 17h et l’on n’a pas de chauffage. Ce sera une excellente découverte. On y a mangé comme des rois pour pas grand chose. La polenta Monténégrine avec son fromage frais sera à retenter à la maison. Quand au cordon bleu, une escalope fourrée au fromage typique de là bas, Oli s’en rappellera, c’était un sacré gros morceau !

Nous repartons au matin, l’état de la route est bien meilleur que ce qu’on nous avait annoncé et comme il y a des travaux elle a été dégagée. Mais pas jusqu’en haut du Mont à 1800m, où se dresse le mausolée du roi Njegos, fondateur de la patrie. C’est donc sur une couche de neige que l’on roule, sans avoir la possibilité de faire 1/2 tour. Les gardes sont forts surpris de nous voir et nous informent que le mausolée est fermé au vu des conditions exceptionnelles. Zut. On fera tout de même la balade dans la neige d’une 30aine de min jusqu’au pied de l’entrée. Et quelle vue. Le Lovcen est à la rencontre de 2 mondes, celui de la montagne et celui de la côte. Depuis le sommet, tout le pays est magique.

Nous redescendons et partons un peu plus loin pour se faire une randonnée et profiter de la nature du lieu. Plus de 1500 espèces animales et végétales se côtoient dans le parc. On s’amusera comme des enfants à essayer de deviner à quelles bestioles appartiennent les traces dans la neige.

C’est quand même avec une chaleureuse motivation que nous quittons le Lovcen pour le lac de Skardar. Il fait la frontière avec l’Albanie et nous le retrouverons aussi de l’autre coté. Ce lac marécageux habite une faune et une flore exceptionnelles, offre des paysages somptueux. Durant plusieurs jours nous nous baladerons sur et hors sentiers. C’est impressionnant de voir qu’il y a eu un passé plus glorieux à cet endroit, plusieurs hôtels standing avec vu sur le lac sont dans un état de décrépitude avancé.

Nous partons finalement vers la capitale, Podgorica, hébergé chez Ayet notre couch surfeur, d’origine Kurde Irakien. La route est étonnante, plus on se rapproche de la grosse ville de 150 000 âmes, plus la densification se fait, mais uniquement accolée à la route, derrière, des champs remplis de déchets plastiques plutôt que de cultures. La ville n’est vraiment pas très belle, il n’y a pas de centre historique, pas de trottoirs, les bâtiments se composent principalement de barres d’immeubles en piteuses états, c’est une cohue mal organisée et un peu oppressante. Nous avons du passer par la poste centrale du pays pour envoyer nos offrandes de noël, je ne critiquerai plus l’administration de chez nous. Un bordel sans nom règne dans le bureau, des personnes viennent et déposent des piles de lettre-colis directement sur les comptoirs. Personne ne parle anglais mais nous nous faisons comprendre tant bien que mal. On a senti un gros flegme dans chaque office, même privé, où nous nous rendions. Pour une fois le couch surfing chez Ayet est un peu étrange. Le 1er jour il part travailler et ne rentre que bien plus tard que ce qu’il nous avait dit, et le 2eme jour il est resté toute la soirée dans sa chambre alors que nous lui avions préparé un repas. Il s’est excusé par message de son attitude somme toute étrange. Cela nous aura quand même permis d’avoir un canapé et une douche dans cette ville de fou.

Le nord du pays semble sublime avec ses lacs et ses montagnes, l’on reviendra à une autre saison!Nous préférons partir vers le sud et l’Albanie. En chemin, nous nous arrêtons aux chutes du Niagara Monténégrines. Le lieu pourrait être très beau, mais ces déchets gâtent le paysage et irritent les yeux. De plus la présence des ferrailles qui sortent de la structure bétonnée qui donne sa forme à la cascade rend l’ensemble artificiel.

Nous avons aimé l’originalité et la beauté du Monténégro. Ce pays où 2 alphabets cohabitent : le latin et le cyrillique. Qui est paradoxalement le 1er pays à avoir inscrit la protection de l’environnement dans sa constitution en 1992, il leur reste un peu de boulot !

[#Astuces] Roatrip, vantrip ou voyage en tout genre ; les bonnes appli’s à avoir sur son smartphone !

Dans la rubrique « bons plans », voici mes conseils concernant les applications utiles pour voyager.

Petit encart techno-voyage :
Qu’on puisse vouloir être déconnecté en voyage est une volonté toute honorable mais tout de même, certaines app’s pour nos téléphones hypra intelligents sont un vrai comfort entre nos mains ! La technologie nous apporte bien du comfort, et voici un petit résumé des outils les plus utiles :

– Le GPS bien sûr, tout le monde connait, mais ça reste le must. Google en général, Waze si on veut se rappeler des limites de vitesse et savoir où sont les radars en bord de route.

Park4Night, une app au design sobre mais super utile qui regroupe un paquet d’endroits où poser le van, pour le jour avec différent parkings payants ou non, et pour la nuit avec des parkings aussi, certains campings et puis ce qu’on recherche, des spots natures représentés par un petit sapin sur la carte. On y trouve un point GPS, un petit descriptif et puis bien souvent des photos et commentaires qui permettent de se donner une idée de l’endroit. A l’époque on utilisait la carte, puis les images satellites, mais cette app permet de gagner franchement du temps et on trouve de super endroits, et vu que c’est une app communautaire, on rencontre de temps en temps d’autres voyageurs avec qui prendre l’apéro ou lier d’amitié. Partager des récits de voyage et voir du monde, un bon feu et la nuit s’annonce belle. On nous a parlé de iOverlander aussi, mais c’est beaucoup moins complet.

ClimbingAway est une app qui propose également une carte (on aime ça), qui reprend la plupart des sites d’escalade dans le monde entier. Petite description et liens utiles. C’est pas mal si on planifie ses trajets en fonctions des falaises ! Attention toute fois, les infos sont sommaires et les localisations précises parfois erronées.

What’sApp, bien connue aussi mais permet de communiquer à l’étranger sans soucis. On sait bien que le roaming est fini, donc on peut utiliser internet partout, c’est bien. Mais attention aux locaux qui eux, s’ils sont dans leur pays d’origine paient plein pot et c’est pas sympa !

CouchSurfing. Bien connu des voyageurs depuis des années, c’est un site communautaire qui met relation des locaux qui ouvrent leur porte à des voyageurs, et vice-versa. En gros, peut importe comment tu voyages, l’idée est de rencontrer la culture via des personnes vivant sur place et de partager un moment, une soirée, une nuit (ils t’hébergent, je parle pas de services spéciaux hein) ou plus ensemble. Outil essentiel pour les bag-packeurs en stop, étant autonome avec notre van on en a moins l’usage mais on l’utilisera tout de même pour rencontrer des gens, passer de chouettes moments, prendre des douches chaudes et dormir à l’abri certains jours où la météo fait des caprices.

Blablacar, une app de covoiturage qui marche très bien en Europe de l’Ouest et qui est implantée dans un bon paquet de pays maintenant. Française à l’origine (covoiturage.fr) elle permet de partager les coûts d’un voyage en voiture en prenant des passagers. C’est bon marché pour eux, ça dessert des destinations parfois insolites et permet d’amortir les frais transports ! (qui sont les plus importants du voyage en van). Le seul soucis est qu’il faut planifier un peu à l’avance et proposer des trajets intéressants pour avoir du monde. Quand on fait des sauts de puces et qu’on décide à la dernière minute de notre direction, c’est pas vraiment efficace !

Maps.me, encore une app GPS mais qui permet de télécharger des cartes off-line et montre aussi pas mal de chemins de randos. Essentielle pour des pays comme l’Albanie ou le Monténégro où le roaming est encore bien présent et le méga coute 14€ !

ViewRanger est une app développée par Lafuma et je la trouve super pour planifier ses randos. On y trouve une série de fonds de cartes gratuits qui montrent les courbes de niveaux et les chemins de randos. Elle permet de tracker sa progression pour avoir un compte rendu à la fin mais aussi de « dessiner » son parcours avant de le faire pour connaitre plus précisément le dénivelé positif total ainsi que la distance, ça permet de planifier le timing de la course ou la rando ! Pratique aussi quand on est perdu pour redescendre d’une grande voie par exemple.

GPS Status est un petit outil simple mais complet qui montre une boussole, les coordonnées gps, le nombre de lux, l’altitude et super utile pour nous : un niveau qui nous permet de mettre le van bien à plat pour une bonne nuit de sommeil et une cuisson d’œufs au plat équilibrés dans la poêle.

Wikiloc, un peu trop insistant pour proposer des services prémiums mais permet de trouver des boucles toutes faites de rando ou autre sport assez facilement.

SnapSeed, super outil de retouche photo pour smartphone ! Toute mes photos Insta sont retouchées via cette app ! Intuitif et complet.

FuelGr, pour la Grèce seulement, à voir si des app similaires existent ailleurs, donne le prix de l’essence aux pompes des environs. Pour trouver LE bon plan pour fair le plein.

Vertical-Life permet d’acheter des topos en ligne pour les sites d’escalade, c’est payant donc on l’a pas utilisé mais ça peut dépanner. On préfère se débrouiller avec les grimpeurs présents, la communauté facebook du coin ou encore grimper « à la ligne ».

C2C ou Camp2Camp est une communauté de montagnards/grimpeurs/randonneurs principalement français mais avec des infos à l’étranger aussi. Le site et l’app proposent pas mal d’infos très détaillées sur des courses de montagne, des grandes voies, des randos (à pied, à ski, en trail, …).

Tricount qui permet de prendre note de ses dépenses mais surtout de faire l’équilibre avec un groupe lorsqu’on dépense pour d’autres personnes et qu’il faut remettre le compteur à égalité à la fin sans trop s’embêter.

Yr.no c’est peut-être pas la meilleure mais elle me convient en général, donne les infos météo d’heure en heure et pour les prochains jours. Klara est pas mal aussi avec la même source de donnée mais un design plus complet.

TripAdvisor pour savoir ce qu’il faut voir dans les villes, quand on y passe.

Et voilà, comme quoi, on est quand même plein de ressource grace à la technologie, mais la plupart de ces app’s ne fonctionneraient pas sans une communauté active et généreuse ! Merci à elles !

Toutes ces apps sont gratuites !
Ps : cliquez sur les logos pour télécharger les app’s directement.

Si vous connaissez d’autres bons plans, n’hésitez pas à nous les partager en commentaire ci-dessous 😉

[#7] Le nord de la Croatie : Istria et Krk

Premier poste frontière avec arrêt obligatoire (on est encore dans l’EU mais plus dans l’espace Shengen, ici c’est le Kunas et pas l’Euro), pas de soucis, on montre les documents et on continue vers la Croatie ! Surpris tout de même par les deux contrôles successifs, il faudra s’habituer à d’abord quitter un pays, puis entrer dans le suivant (imaginez-vous une blonde blasée au deuxième guichet, de sa voix grave pas vraiment sensuelle « Slovenia ; Croatia). Va savoir à qui appartient le territoire entre les deux…

Ce pays qui s’étale sur la plus grande partie la côte adriatique a de quoi nous séduire : une côte immense, des îles à perte de vue, des couchers de soleil plus beaux les uns que les autres, le plus gros taux d’ensoleillement de toute l’Europe (argument touristique ou réalité, on est là pour le découvrir) et en plus, c’est un pays qui s’étend de tout son long sur un énorme sol calcaire, de quoi créer des falaises dans tous les coins ! Les Croates l’ont bien compris et ont commencé à ouvrir des voies un peu partout depuis des années – contrairement à leurs voisins. 

Résultat, un énoooorme topo à en faire pâlir la bible par son nombre de pages, par la qualité de ses descriptions (incontestables) et surtout par ses photos en couleur.
Les Croates l’ont bien fait, enfin Boris Cujic en tout cas. Il a dédié sa vie à l’escalade, il a ouvert une chaine de magasins outdoor et arpente les falaises de son pays constamment pour éditer tous les deux ans une nouvelle version de la bible des grimpeurs croates. Quelle bonne idée d’ailleurs de regrouper dans un même ouvrage l’ensemble des secteurs du territoire ; les belges devraient en prendre de la graine je pense ! Seul le site de Paklenica a son propre bouquin, sa grandeur tant en superficie qu’en qualité lui en donne le privilège ; tout comme il méritera son propre article ici.

Bref, nous voilà de l’autre côté de la frontière, direction notre premier site d’escalade : Limski Kanal à proximité de la ville de Rovinj sur la péninsule d’Istria.

Arrivée en mode tempête, on trouve un endroit pour la nuit derrière un van d’allemand. Vous avez déjà eu le mal de mer dans une voiture à l’arrêt ? Non ? Nous non-plus mais c’était pas loin vu la force du vent qui faisait tanguer le van ! Lendemain, soulagé, le vent est tombé et nous voilà à grimper sur un site pas mal fréquenté le long d’un (du ?) Fjord croate. La vue est superbe, le soleil réchauffe et les voies sont belles et longues. On y passera deux jours de superbe escalade pour découvrir les différents secteurs, et ce avec nos nouveaux amis allemands croisés par hasard au début, et par dessein ensuite.

On prend la route vers Rijeka et les sites de grimpe de l’Est de la péninsule. C’est là que nous rejoignent Séb et Céline, des copains de Stone Age (la salle d’escalade où j’avais mes quartiers à Bruxelles) qui voulaient faire un road-trip et en profitent du coup pour venir prendre l’apéro dans le Sud !

Après un bon repas, on les emmène direct en mode bivouac sur le plus haut plateau des environs, il fait un peu frisquet mais la vue est belle ! Eux en mode tente et nous dans le camion comme d’hab. Ce sera notre quotidien pour les quelques jours qui viennent.

Premier site à découvrir ensemble : Vela Draga, c’est majeur et c’est un des premiers sites de Croatie, on est dans un canyon immense qui offre des falaises super raides et impressionnantes au nord (mais mouillées et peu accessibles) et plein de petits secteurs pas mal intéressants au soleil, entre parois raides, arrêtes et tourelles de roc, on a de quoi s’amuser dans des cotations à prendre au sérieux tout de même !

Journée suivante, site suivant, retour vers la mer pour des voies au-dessus des vagues. Le cadre est magique, par contre ici c’est beaucoup plus aventure, tant au niveau de l’approche que des longueurs. Je vous passe l’échec cuisant de la descente à pied avec le bruit des pierres qui se décrochent et finissent leurs courses folles dans la mer après avoir fracassé la forêt pendant 200m, la descente en rappel tout en finesse et en bout de corde, le pied des falaises dans une pente herbacée de 40°, le passage entre les secteurs plein gaz sur cordes fixes un peu usées, le beau plomb que j’ai pris avec une prise qui s’est dérobée et la remontée par ce « sympa 6a bien long » qui s’est révélé être un mix entre Indiana Jones pour la jungle et la Cobra Crack pour les pas… à bah en fait non, je vous ai tout dit !

La météo refroidit et on décide de continuer un peu vers le Sud, direction l’île de Krk, eh oui les voyelles par ici c’est un peu comme le flamand à Bruxelles, on sait que ça existe mais on ne l’utilise pas tellement. Traversée d’un tout grand pont (payant, il faut toujours payer pour arriver sur une île dans ce pays) et puis le long de La grand route de l’île jusqu’au site de Portafortuna. On est au centre de l’ile (dans sa partie nord), à quelques kilomètres de Baska qu’on aperçoit au loin. Pas les pieds dans la mer du coup mais à l’intérieur de cette grande vallée entourées de plateaux arides qui forment la géographie de la plus grande île de Croatie. N’empêche que les voies sont majeures, les premières dalles de chauffe sur un beau rocher gris suivies de plus athlétiques dans de belles formations rocheuses. Le must reste pour moi ce super 6c déversant qui monte en plein milieu d’une face sculptée à souhait, notamment de ces fameux « nid d’abeilles » qui sont splendides à grimper, rappelle le Cap Canaille près de Cassis et offrent de belles préhensions. Ceci-dit, leur petit nom n’était pas ici que descriptif puisque les abeilles volaient bien tout autour de moi pendant l’ascension, mais bien sages, le vrai nid devait être un peu plus loin. Ouf.

Il est déjà temps pour Séb et Céline de reprendre la route vers le Nord, en repassant par Innsbruck, leur coup de cœur du trajet. Je ne serais pas étonné s’ils m’annoncent un jour déménager par-là !

De notre côté, on prend un ou deux jours de repos-rando à se promener sur les bords de l’île, à visiter les quelques patelins et à profiter des paysages, et même à s’oser une baignade dans la Méditerranée en plein mois de Novembre !