[#4] Imst et Innsbruck au cœur du Tyrol autrichien

Bienvenue dans le Tyrol autrichien, notre route nous menant finalement vers l’Est à travers l’Autriche. En cherchant notre chemin, deux villes attirent mon attention sur la carte. Il s’agit d’Imst et d’Innsbruck, toutes deux accueillants une manche de la coupe du monde d’escalade ( IFSC, international federation of sport climbing) tous les deux ans. 

Le renom de ces deux cités nichées entre les hautes montagnes des alpes orientales s’explique dû à leurs impressionnantes structures artificielles offrant de superbes outils pour les compétitions internationales et des photos bluffantes au milieu des montagnes, c’est ça qui m’a fait m’en souvenir. 

Nous voilà donc en route vers Imst, où on ira voir le mur d’escalade extérieur du centre sportif mais ce sont les montagnes environnantes qui nous attireront le plus. Tout d’abord du côté d’Hocht-Imst, petite station de ski peu fréquentée en cette saison mais qui bénéficie, en plus d’un superbe panorama sur la région, d’un grand nombre de falaises. C’est le site de Reithle qui retient notre attention, de beaux petits rochers au milieu d’une forêt verdoyante. On grimpe mi-bloc mi-voie sur divers rock dispersés dans les bois, maximum 8 mètres mais bien costaud dans les niveaux ! Tout est au sud et facilement accessible, parfait pour la saison. Ceci dit en plein été, il y’a bien plus à explorer plus haut !

Petite astuce si vous voulez grimper/randonner/faire des via-ferratas/etc dans le coin, un site et une appli assez bien foutus renseignant tous les itinéraires et topos de la région (site bilingue mais appli uniquement en allemand) : https://www.climbers-paradise.com

Depuis notre site de bivouac, et depuis la route qui nous a mené vers Imst, on ne peut s’empêcher d’admirer une pointe se dessinant dans le ciel en face de nous, ce sommet nous attire et nous appelle. C’est ainsi que le soir même nous décidons de dormir au pied du Tschirgrant et de le gravir dès le lendemain ! 

Un super sommet qui culmine à 2370m d’altitude, qui peut se gravir en effectuant une boucle depuis le refuge Karröster Alm accessible en voiture. C’est un peu moins de 1000 mètres de dénivelés sur des sentiers magnifiques, surtout la fin le long de la crête sommitale. Le sommet n’est en effet pas une véritable pointe mais la fin d’une longue colonne vertébrale s’élevant depuis Motz jusqu’à Imst. Une vue sur toutes les vallées environnantes jusqu’à notre prochaine destination : Innsbruck !

Après ce beau sommet direction la capitale du Tyrol Autrichien : Innsbruck ! Une ville d’une autre ampleur que celle que nous avons quitté et après une route parsemée de petits hameaux et de prés de vaches nous arrivons à cette cité riche en patrimoine datant de l’Empire des Habsbourg. Son symbole est ce petit toit en tuiles de cuivres dorées qui fait la fierté de la ville mais qu’on a pas trouvé plus exceptionnel que les toitures surmontant les colombages des maisons de la Petite France à Strasboug. La ville cependant est sympa et on peut y trouver, parmi d’autres enseignes de tout genre, un magasin Swarovski qui fait le bonheur des touristes chinois et de ses gérants du même coup j’imagine. 

C’est bien beau le centre ville mais le bâtiment le plus exceptionnel à mes yeux réside un peu en périphérie, il s’agit bien sur du « SillSide » ou encore « Kletterzentrum Innsbruck » ; eh oui cette nouvelle « salle » ou plutôt ce nouveau complexe dédié à l’escalade sous toutes ses formes est vraiment impressionnant et inspirant ! Construit en 2016 ou 2017, et donc tout neuf, c’est la plus grande salle d’escalade construite en une fois au monde ! Plus de 5000m² de grimpe, avec 500 voies et 200 blocs ; bref c’est du lourd ! 

Ici on a des voies, du bloc et de la vitesse en intérieur, histoire
de s’abriter les soirs et en hiver, et en extérieur, pour profiter de la météo et de l’environnement montagneux. A l’intérieur on trouve aussi une salle de muscu, une zone enfant et un café avec vue sur les grimpeurs. Un super endroit pour passer une grosse journée d’escalade ! Le ticket est un peu cher (13.5€) mais valable toute la journée, avec sorties possibles du centre. Pourquoi ne pas faire une session le matin et une le soir pour profiter des différents espaces ?
De notre côté on a bien profité du bar et du wifi, puis du mur intérieur pour s’échauffer avant d’aller se dorer au soleil à l’extérieur ! Très bien ouvert avec des voies dans tous les niveaux c’est une salle qui est conçue pour être adaptée à l’aire de l’escalade 2.0. On trouve ici de tout pour les grimpeurs occasionnels jusqu’au pros, et le must, c’est cette esplanade qui offre un espace pour les spectateurs des compets hauts niveau face à un mur vraiment grandiose ! 
Bref, j’ai été conquis, ce qui explique cette entorse qui nous a fait grimper sur de la résine après trois mois de cailloux ! 
Il faut dire aussi que le site le plus proche en vrai rocher est celui de la Martinswand, non pas le Granit de celle des Vosges mais bien cette grande barre de calcaire bien poli face à l’autoroute ; c’est bien rare, mais sincèrement, la salle d’escalade nous a donné plus envie d’enfiler nos chaussons ! Et point positif et déterminant pour nous, celle-ci avait des douches chaudes… 

On a quand même fini notre séjour dans la région en faisant la via ferrata de l’empereur « Kaiser Max Klettersteig », beau panorama mais vraiment vraiment patinée, il faut tirer sur les « cables » qui sont en fait des tiges rigides pour parcourir les dernières sections bien physiques, s’élevant au-dessus de la route avec encore le bruit des camions bien présent. Sympa mais sans plus, d’autant que le retour oblige a marcher sur la route après avoir surplombé une carrière en exploitation. 

En conclusion, un très chouette passage dans une région qui offre au grimpeur et au montagnard de quoi s’amuser, autant en altitude qu’au plancher des vaches grace aux complexes impressionnants que les Autrichiens ont acquis ! Pas étonnant avec des outils pareils qu’on ait retrouvé cette année (2018) deux autrichiens sur les premières places des podiums d’escalade de difficulté des championnats du monde (Jakob Schubert chez les hommes et Jessica Pilz chez les femmes).